Critique : Espion(s)

Sandy Gillet | 27 janvier 2009
Sandy Gillet | 27 janvier 2009

Espion(s) c'est un peu tout ce que n'est pas Secret défense et autant dire qu'il s'agit là d'une véritable bénédiction. Point en effet ici de partis pris nauséeux sur la qualité des services de renseignement à la française ayant déjoué on ne sait combien d'attentats depuis le 11 septembre sur le sol national, point d'archétypes du « bad guy » forcément basané avec de gros sourcils qui se rejoignent, bref point de conceptions à l'emporte pièce sur une situation internationale et interne qui demande plus que jamais de la subtilité dans le discours et du doigté dans la démonstration.

De cela Espion(s) n'en manque pas et fait même penser par moment à La sentinelle de Desplechin en plus « lisible » et linéaire toutefois quand ce n'est pas aux Patriotes, le meilleur film français du genre signé Eric Rochant. Des références cinématographiques on pourrait ainsi en citer à la pelle au détour ici d'une réplique ou là d'une séquence forcément un peu appuyée, preuve s'il en est des origines érudites d'un dorénavant cinéaste qui n'hésite pas à puiser avec complaisance dans un passé/présent de journaliste vraiment au-dessus du lot. C'est bien là toute les limites de ce qui ressemble fort au final à un exercice pratique (et non de style ce qui serait par trop réducteur) grandeur nature, certes maîtrisé mais forcément emprisonné dans un carcan de conventions et de théories dont Nicolas Saada a dû mal à s'affranchir.

 Espion(s) est un film de genre qui raconte comment un être lambda se retrouve confronté à des événements et des problématiques qui finissent par le dépasser, « bigger than life » comme dirait Truffaut à Hitchcok, soit le credo minimaliste de tout bon scénario qui se respecte. Saada applique cela à la lettre et réalise un film élégant et autant le dire conventionnel respectant comme il se doit les passages obligés du genre tout en le faisant avec tact et une once de respect somme toute bienfaitrice. D'autres avant lui ont commencé ainsi et non des moindres. À Saada de se détacher de ses muses pour trouver comme eux sa propre voie.

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