Critique : La Vie moderne

Par Vincent Julé
21 décembre 2008
MAJ : 25 février 2020
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Avec La vie moderne, le cinéaste Raymond Depardon clôt sa trilogie paysanne déjà composée de Profils paysans, chapitre 1 : l'approche en 2001 et Profils paysans, chapitre 2 : le quotidien en 2005. Si le film reste dans le cadre du même exercice de panorama d'un monde en voie de disparition, il est aussi le premier pensé et tourné pour le cinéma. Raymond Depardon et sa collaboratrice Claudine Nougaret ne le voient d'ailleurs pas autrement que comme un film à part entière, le film qu'ils rêvaient de faire. Et alors qu'en vue subjective, on emprunte les routes vides et tortueuses qui mènent aux fermes, le spectateur est saisi d'une étrange sensation. Une mélancolie qui n'a plus rien à voir avec les précédents volets, ni avec le cinéma, mais avec son propre rapport à ces paysages, à ce monde devenu rare, précieux, presque secret.

 

Rien d'original, d'étonnant, de nouveau dans ces extérieurs silencieux, dans ces cuisines rustiques, sur ces gueules marquées ou dans les propos tenus, pour ne pas dire ténus. Le dispositif cinématographique paraît simple aussi, avec une caméra posée, une voix off… et pourtant, de ces longs plans-séquences naît une vérité sur cette vie bien moderne mais déjà disparue. Il a fallu 10 ans pour que la caméra se fasse adoptée et par là même disparaisse, et que la parole se fasse d'or, même si l'on est en droit de préférer les silences. Car l'essentiel se passe entre les plans, dans un montage passionnant où s'expriment la sincérité, la bienveillance et finalement la raison d'être du cinéma de Raymond Depardon.

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