Critique : L’Homme qui voulait savoir

Par Nicolas Thys
29 septembre 2008
MAJ : 25 février 2020
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Malgré une quinzaine de réalisations à son actif, George Sluizer, cinéaste néerlandais, est essentiellement connu des fans de River Phoenix pour avoir été le metteur en scène du film maudit Dark Blood, l'un des derniers de l'acteur qu'il n'a jamais pu finir. Quelques années auparavant, en 1988, Sluizer réalisait L'Homme qui voulait savoir et offrait à Bernard-Pierre Donnadieu son rôle le plus marquant et le plus dérangeant.

 

Déconcertant ce film l'est à plusieurs niveaux. D'une part par un scénario sans concession, lugubre et noir à souhait mais réussit en ne tombant jamais dans la facilité. D'autre part par une mise en scène froide et rigide, sans un seul plan de trop, mécanique imperturbable qui annonce finalement d'emblée l'inéluctable dénouement et lui confère un côté pesant et effrayant tout en parvenant à ne jamais être grotesque,

 

Ce film confronte finalement deux types de folie : celle d'un homme amoureux prêt à tout pour aller au bout de sa quête et retrouver celle qu'il aime sans penser aux risques encourus, une folie brouillonne, chaude et impulsive à celle minutieuse et diabolique, précise comme un mécanisme d'horlogerie, d'un sociopathe impassible comme on en a rarement vu au cinéma.

 

Toujours prêt à faire le mal, à aller plus loin dans la souffrance qu'il inflige à un être innocent, choisi au hasard, Donnadieu est pourtant impressionnant dans sa retenue et sa « normalité », son horrible barbe lui servant en quelque sorte de masque régulant une instabilité intérieure sans pareille.

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