Braquage à l'anglaise : critique old cool

Patrick Antona | 15 juin 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Patrick Antona | 15 juin 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Après Le Transporteur et Braquage à l'italienne, mais avant Expendables, Fast & Furious et compagnie, Jason Statham était dans le petit film de braquage cool et old school Braquage à l'anglaise, en 2008. Moins de baston et plus de style, avec une histoire vraie comme moteur de l'action, et l'excellente Saffron Burrows en renfort.

BRAQUAGE A L'ANCIENNE

Derrière Braquage à l'anglaise, il y a le réalisateur Roger Donaldson, un nom peu connu qui se cache pourtant derrière un paquet de films connus, voire cultes : Le Bounty avec Mel Gibson en 1984, Cocktail avec Tom Cruise en 1989, Cadillac Man avec Robin Williams en 1990, Guet-apens avec Alec Baldwin et Kim Basinger en 1994, La Mutante en 1995, Le Pic de Dante en 1997, ou encore La Recrue avec Colin Farrell et Al Pacino en 2003. Autant dire que le cinéaste sait y faire, et a un indéniable savoir-faire, très utile pour mettre en scène cette incroyable histoire de braquage de banquee, inspirée par un vol réel qui a eu lieu sur Baker Street dans les années 70.

Située en 1971, l'action du plus grand hold-up jamais réalisé en Angleterre, dont le prétexte initial résidait dans la récupération de photos compromettantes pour la Couronne Royale, permet de brosser le destin croisé de personnages évoluant aux marges voir en dehors de la loi, qu'ils soient petits truands, pseudo-révolutionnaires, flics corrompus, ex-cover girl et hauts fonctionnaires experts en coups bas. Si chacun de ces groupes « sociaux » dispose d'une motivation particulière pour mettre la main sur différents éléments dérobés, Roger Donaldson réussit à développer chaque sous-intrigue avec assez de clarté pour que Braquage à l'anglaise déroule son imparable mécanique sans accroc.

 

photo, Jason StathamTiens, un bon scénario qui arrive à ma porte

 

BRAQUAGE EN DUO

Si la première partie du film (la préparation du casse puis son exécution) est prestement développée avec un minimum de tension et demeure classique au niveau mise en scène, les scénaristes ont préféré axer la majeure partie de l'action sur le remue-ménage et la traque qui s'en suivront. Tout cela en faisant preuve d'une ironie mordante voire cruelle, pour décrire un monde de corruption qui va se révéler sous nos yeux.

Seul à éviter ce jeu de massacre, Jason Statham fait preuve ici d'une sobriété exemplaire, usant toujours de son charme viril typiquement issu des pubs londoniens (on dit « lad » pour être à la page) pour mener avec efficacité sa bande de braqueurs quasi-amateurs, offrant une composition jouant plus sur le sentimental qu'à l'accoutumée, quand il s'agit de décrire sa relation avec Saffron Burrows. Vue dans Peur bleue, Timecode ou encore Fay Grim, l'actrice joue pour beaucoup dans le charme du film. Dans le rôle d'égérie de la bande et rouage essentiel permettant de relier certains éléments du puzzle, elle forme avec Statham un excellent duo, qui débouche sur un triangle amoureux au destin contrarié.

Mais que les fans du Bruce Willis anglais se rassurent : après avoir joué la bête traquée préférant la négociation à l'action, Statham saura faire preuve de toute son énergie pour abandonner la dialectique à point nommé et balancer quelques bourre-piffs comme il se doit.

 

photo, Saffron BurrowsPourquoi tu tournes pas plus, Saffron ?

 

Avec son style et ses thèmes fleurant bon les années 70 (rappelant quelque peu Le Gang Anderson de Sidney Lumet sur un mode plus léger), et malgré une part de violence qui peut sembler congrue au regard des « canons » habituels (le sexe est lui bien présent), Braquage à l'anglaise est une plongée rafraîchissante et salutaire dans une forme de thriller qui joue habilement à la fois sur le mode policier et sur le mode politique, ne négligeant aucun de ces aspects.

 

Affiche us

Résumé

Un film de braquage à l'ancienne, rondement mené, et porté par des personnages plus charmants et intéressants que la moyenne. Avec un Jason Statham qui a des émotions avant de taper, et une Saffron Burrows qui rappelle qu'elle est honteusement sous-exploitée au cinéma.

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commentaires
Tom’s
15/06/2020 à 22:18

Ah oui il aura su mener sa barque depuis 3décennies, il y’a du faiblard (cocktail), après l’incroyable Sens unique et son super cast, La mutante d’avoir caster Natasha Henstridge ect un solide réalisateur compétant qui se fond dans les sujets, hyper éclectique ces films .

Geoffrey Crété - Rédaction
15/06/2020 à 20:34

@alulu

"le réalisateur Roger Donaldson, un nom peu connu" : on dit plutôt que son nom n'est pas si connu, c'est-à-dire régulièrement cité, mis sur la table. Après, on détaille sa filmo, preuve qu'il a un paquet de succès à son actif. On pense au contraire que sa filmo est connue (Cocktail, Le Pic de Dante...), et plus en mémoire, que son nom, ou son style.

alulu
15/06/2020 à 20:27

Roger Donaldson, peu connu ? J'ai tout de même un doute. Sinon Braquage à l'anglaise plaisant à mater sur le coup mais vite oublié. C'est ça, c'est sa filmo que l''on oublie, un peu moins le réal.

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