Critique : Las Vegas 21

Par Jean-Noël Nicolau
3 juin 2008
MAJ : 21 mai 2024
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Un groupe d’étudiants un peu geeks se fait gentiment manipuler par cette vieille fripouille de Kevin Spacey, l’acteur qui adore s’écouter jouer. Heureusement, cette vieille canaille de Laurence Fishburne surveille tranquillement la mascarade du haut de ses écrans de contrôle. Sûr que les mômes en seront pour une bonne leçon de vie. Mais avant cela, il faudra s’enfiler les deux très longues heures de Las Vegas 21, faux polar, vrai pudding pour pré-pubères.

Le héros (Jim Sturgess, idéalement fade) est un bon petit fils à sa maman, bien pensant, qui va hésiter pas moins d’une heure (de métrage) avant de plonger dans les plaisirs de Vegas. Ce qui consiste en gros à se coucher tard et à faire des bisous à Kate Bosworth. Mais que font ces jeunes gens de si terrible ? Ils comptent les cartes. Constatant que c’est une activité guère passionnante, le réalisateur Robert Luketic filme les parties comme un Michael Bay sous amphétamines. Au dixième retournement de carte en très gros plan, ponctué par des effets sonores grotesques, le spectateur commence à craquer.

Mais il n’est pas au bout de ses peines, loin de là. Sur une BO criarde, qui compile tous les pires travers du rock pour boutonneux, nos pieds nickelés papotent, se disputent, se font balader et un peu remonter les bretelles. L’ennui plante ses griffes au plus profond de notre esprit. Même pas une touche d’humour pour sauver ces rebelles premiers en maths, non, même pas un minimum de second degré dans cette histoire pétrie de niaiserie. Le comique est avant tout involontaire, porté par des comparses inénarrables et par une poursuite finale où la Bosworth, perchée sur des talons hauts, court plus vite que les vigiles du casino. Un petit sourire offert in fine par un film quasi insupportable.

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