PARIS FILMEE
Synthétique et percutant, le titre en dit long sur la structure du film. Cédric Klapisch filme donc la capitale en long, en large mais à travers l’œil d’un condamné à mort. Romain Duris regarde de haut la vie des autres en bon messager de la pensée de Klapisch. Une fois encore, le cinéaste touche juste en mettant dans la bouche de ses personnages des mots que l’on pourrait nous même dire… ou entendre. C’est le cas de Karin Viard en boulangère pas raciste sur les bords mais au milieu franchement, de François Cluzet en homme normal qui ne veut pas l’être ou de Juliette Binoche en touchante célibataire qui prend sa quarantaine pour de la vieillesse.
PARIS SUBLIMEE
On attend au tournant l’apparition de Fabrice Luchini et sa scène d’exaltation habituelle quand Klapisch le canalise pour utiliser son énergie à bon escient. Il gère le reste du casting tout aussi intelligemment, la superficialité d’Audrey Marnay servant ainsi une réflexion sur un Paris de carte postale.
Paris mode, Paris bobo, Paris d’antan, la ville sert plus de prétexte tant les personnages restent le centre d’attention de Klapisch. Il pose sa patte sans tomber dans le travers de films à personnages multiples souvent aseptisés : chez lui Cluzet devient virtuel et Duris est maquillé pour danser au music-hall. Klapisch accorde son histoire à son héros filmant Paris comme une danse avec pour force majeure la richesse de ses personnages. Défi réussi.