Critique : 24 mesures

Sandy Gillet | 4 décembre 2007
Sandy Gillet | 4 décembre 2007

Que faut-il penser et espérer du premier long de l'acteur Jalil Lespert ? Si l'on tient compte des choix plutôt respectables qui jalonnent déjà sa filmo, il était évident que le bonhomme n'allait pas en rester là et qu'il avait certainement autre chose à dire, plus direct, plus personnel... De surcroît, Jalil fait partie de cette génération pour qui passer derrière la caméra n'est plus un tabou ou une gageure (en tête de gondole il y a bien entendu Guillaume Canet), aidé certainement en cela par un Xavier Beauvois que l'on retrouve associé à bon nombre de ses films soit en tant que réalisateur (le dernier en date avec Le petit lieutenant), soit en tant qu'acteur comme c'est le cas donc ici avec 24 Mesures.

 

Pour autant cette première incursion dans la réalisation n'est pas une franche réussite ni une franche rigolade d'ailleurs. De toute évidence, l'acteur a voulu bien faire et respecte à la lettre le dogme du cinéma d'auteur à la française tendance lourde : caméra à l'épaule, mise en scène nombriliste (on y revient toujours), photo poisseuse par manque de moyens ou d'imagination, personnages secondaires à peine ébauchés, histoire peu crédible et inintéressante où il est question d'errance, de noirceur d'âme, de filiation contrariée le tout agencé en un « marabout / bout de ficelle style » assez indigeste.

 

Reste tout de même une certaine fulgurance dans la démonstration qui vient d'une écriture réalisée apparemment dans l'urgence comme si l'acteur avait peur des lendemains qui déchantent. De cela 24 Mesures en tire une fragilité qui le rend non pas attachant mais à tout le moins prégnant et avec une vraie personnalité. Une identité en 24 images / mesures par seconde qui font que l'on attend tout de même la seconde réalisation de l'acteur pour avoir un avis moins tranché.

Résumé

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