Critique : Le Dernier gang

Vanessa Aubert | 31 octobre 2007
Vanessa Aubert | 31 octobre 2007

Peu marquantes sont les réalisations d'Ariel Zeitoun, de XXL à Bimboland. C'est donc sans doute ses trente ans de production qui ont enrichi son œil et qui, lui ayant permis de produire Gangsters d'Olivier Marchal, l'ont conduits à adapter l'affaire du Gang des postiches.

En défrayant la chronique dans les années 80, le fait divers avait de quoi attirer l'attention. En sortant ingénieusement le livre de ses mémoires en même temps que le film, André Bellaïche, le supposé chef du gang fait un gros plan supplémentaire sur le film de sa vie. Choisi pour le rôle, Vincent Elbaz prouve que son talent mûrit et que son jeu s'affine. Cerveau de l'affaire, Elbaz interprète un personnage à la Scorsese crédibilisé par son milieu social.

Les acteurs qui gravitent autour de lui de Sami Bouajila à Pascal Elbé ont chacun une part importante à jouer dans l'intrigue, faisant du film celui d'un groupe. Parfait à la place du chasseur, Gilles Lellouche forme, avec Elbaz, un duo flic-voyou très convaincant, aux lointaines effluves du Heat de Michael Mann. Zeitoun réussit à créer la tension et quelques minutes plus tard à susciter l'émotion dans une scène de restaurant maîtrisée entre Bouajila-Gabriella Wright.

Pour eux comme pour le couple Elbaz-Clémence Poésy, les histoires sentimentales s'éloignent des habituels moments de roucoulade pour servir le récit en renforçant son côté « vrai ». L'ancrage de l'affaire dans l'histoire de la France l'appuie également.

Zeitoun joue avec l'image en la rendant seventies, avec les couleurs pour les années 80 et réalise un vrai travail d'auteur en apposant une patte sur ce qui n'aurait pu qu'être une adaptation commerciale.

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