Critique : Les Femmes de ses rêves

Jean-Noël Nicolau | 7 septembre 2007
Jean-Noël Nicolau | 7 septembre 2007

Avec les Femmes de ses rêves, les frères Farrelly retrouvent la verve d’un Mary à tout prix pour venir donner une leçon de comédie romantique trash à la nouvelle génération. Porté par l’énergie délirante de Ben Stiller (dans un numéro parfois étrangement proche du De Funès des grands jours), le film brille par son rythme et sa radicalité. Affreux, sale et très méchant, The Heartbreak kid caviarde même les scènes les plus guimauves de gags immondes et hilarants (la scène de l’âne fera date dans l’inconscient cinéphilique déviant). Il ne s’agit pas d’une révolution, mais plutôt de l’exécution virtuose d’une partition sans cesse améliorée depuis Dumb & dumber. Les Farrelly travaillent entre potes, et entraînent le spectateur dans leur équipe avec un naturel qui fait immédiatement nous sentir chez nous.

 
La première partie du film est la meilleure, révélant une actrice comique géniale en la personne de Malin Akerman, la seule à même de voler le show des Stiller (père et fils). Les gags fusent, tirant sur tout ce qui bouge, et l’on comprend que les frangins ont depuis longtemps abattus les dernières frontières entre bon et mauvais goût. Rire des clandestins mexicains est pour eux aussi facile que les bases du slapstick (impossible de tenir un décompte exact des chutes et des coups).

 
Alors peu importe que tout ne fasse pas mouche, peu importe la forme anodine de la mise en scène, la générosité est leur moteur, l’abondance leur credo. Dans ses meilleurs moments, les Femmes de ses rêves transforme le glauque en or et rend touchants les sujets les plus sordides. Sans atteindre la tendresse de leurs sommets (Kingpin et Deux en un), The Heartbreak kid rappelle à quel point les Farrelly sont un genre à eux seuls, déclinables à l’infini mais jamais égalables.

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