La Vengeance dans la peau : critique

Sandy Gillet | 10 août 2007 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Sandy Gillet | 10 août 2007 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Attendu un peu comme le messie par une horde de spectateurs fortement indisposés par une saison estivale des plus pénibles où ont, par exemple, défilé le consternant Transformers (n'en déplaise à Jean-Noël Nicoleau et sa déclaration amoureuse à l'attention d'Optimus Prime), le tout juste regardable Die hard 4, l'inutile 4 Fantastiques et le Surfer d'argent ou encore l'indigeste Shrek le troisième, La Vengeance dans la peau devrait contenter son monde à défaut de le rassurer quant au futur et la place du blockbuster au sein de la culture pop de ce début de siècle (sujet passionnant s'il en est pour de futures thésards).

Certains diront en effet que l'on se contente de peu avec de surcroît des exigences revues à la baisse année après année. Et c'est sans doute vrai mais il faut tout de même reconnaître que ce troisième opus des aventures trépidantes de l'agent amnésique Jason Bourne est racé et a de l'allure. Le mérite en revient en tout premier lieu à la réalisation nerveuse et vivante de Paul Greengrass qui reprend là les ingrédients qui ont fait la réussite du second volet. La caméra souvent à l'épaule virevolte, les zooms sauvages sont légion, les grands angles aussi permettant ce paradoxe d'une immersion totale dans l'action... Et même s'il n'y a rien de transcendant ici (tout a été dit en cette occurrence depuis la série étalon NYPD Blue), tout est pensé au service de l'histoire et de ses personnages afin que chacun puisse s'épanouir sans restriction.

 

photo, Matt Damon

 

Ce qui nous vaut deux séquences d'anthologie en filiation directe avec ce qui nous avait été montré dans La Mort dans la peau à savoir LA scène de baston version « close-combat » et LA course poursuite en bagnoles dans les rues de New York (on cherche encore les SFX en CGI et c'est tant mieux) qui valent à elles seules leur pesant de cacahuètes et l'achat du billet. Sèches, dures, au montage haletant mais jamais épileptique, elles sont le point d'orgue d'un cheminement psychologique où le personnage joué par Matt Damon (égal à lui-même) y puise toute sa légitimité et sa crédibilité au sein d'un métrage et d'une série définitivement organique.

 

photo, Matt Damon

 

On regrettera du coup fortement les 10 dernières minutes en forme de révélation un peu alambiquée et de « prise de conscience », en totale opposition avec la caractérisation même de la trilogie. On se surprend même à se demander si le jeu en valait la chandelle. Mais c'est aussi le propre du genre. Il faut voir comment XIII, issue de la BD au titre éponyme, n'en finit pas de prolonger l'aventure, comme si son auteur Jean Van Hamme et son cultissime personnage n'avaient au final cure d'une vérité obligatoirement décevante (ou est-ce peut-être l'appât du gain ?). Malgré tout, on ne voit pas comment les choses pourraient s'arrêter là. Il reste de surcroît un livre à adapter, La Peur dans la peau. Même si Robert Ludlum n'en n'est plus complètement l'auteur (il est mort avant de pouvoir l'achever), gageons que les studios sauront bien motiver une nouvelle fois tout ce beau monde (chiffres du box-office à l'appui) pour que notre agent pétri de remords reprenne du service.

 

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