Critique : Love sick

Par Lucile Bellan
22 juillet 2007
MAJ : 20 octobre 2018
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Le roumain et lesbien Love Sick touche le spectateur là où son pendant mexicain et masculin El Cielo Dividido n'était qu'une succession de belles images. Et pourtant les deux films accusent des ressemblances frappantes : une histoire de couple presque en huit clos, une sensualité à fleur de peau et un élément perturbateur qui fait voler en éclat la relation initiale. Ici le problème est un frère incestueux, profiteur et pervers, une image stéréotypée de l'homme vulgaire, alcoolique et sexuel au dernier degré.

Alors qu'on pouvait s'attendre à une vision salie par l'imagerie clichée et glauque des pays de l'Est (merci Hostel !) et donc peu propice aux joies de l'amour saphique, ici, point de chasse aux sorcières. Si bien que ni à la campagne ou en ville, ni en famille ou seules, l'homosexualité n'est l'enjeu. Au fur et à mesure que les filles se découvrent, ce qui pourrait être choquant pour certains est effacé par pire : l'inceste. Un amour passionné et destructeur, dangereux et sale, antithèse du couple formé par Alex et Kiki. La dualité de cette dernière est d'ailleurs cause de frustration. On voudrait en savoir plus sur un personnage dont on n'approche la psychologie que par à-coups.

Le film ressemble finalement à une bulle. Un microclimat parfois étouffant ou frais, dont l'on ressort sans savoir s'il s'est passé quelque chose ou pas. Le drame est anti-spectaculaire et même les (rares) scènes de violence ne le sont que parce que on le sait et non pas par l'image. A ce titre, la fin est prévisible mais la seule qui vaille. Une fin autour de laquelle le film est construit. Comme si l'aventure de ces deux jeunes femmes, aussi positive soit-elle, avait des airs d'éphémère bien avant que l'histoire ne s'écrive.

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