Critique : L’Homme de la sierra

Par Nicolas Thys
10 juillet 2007
MAJ : 25 février 2020
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Réalisé en 1966 par un cinéaste anglais pas toujours très délicat, Sidney J. Furie, L'Homme de la Sierra est l'un de ces films américains qui lorgne vers l'Europe. Il se situe clairement entre le style Aldrich qui annonce les derniers moments du western classique et le style Leone qui préfigure le nouveau genre mais sans jamais parvenir à choisir entre l'un et l'autre.

Sans être particulièrement réussi, il vaut malgré tout pour le travail de Russel Metty, le meilleur chef opérateur hollywoodien qui accompagna notamment Sirk dans ses mélos des années 50 ou Hawks dans L'Impossible M. Bébé et qui réalise ici une composition de premier choix notamment lors des scènes nocturnes ou d'intérieur.

Reprenant certaines figures classiques comme le cow-boy solitaire en la personne de Brando, par ailleurs assez mauvais et en décalage constant avec le jeu des autres comédiens, ou le thème familier de la vengeance, le cinéaste va imposer un style assez inhabituel pour un western américain et accorder de l'importance à un nouveau type de personnage jusque là relégué au second plan : le mexicain qui, faible ou cruel, n'endossera jamais le meilleur rôle et reprendra la place jusque là réservé aux indiens.

Formellement le film est imprégné de quelques tics un peu trop clinquants. On assiste à un déferlement de très gros plans inattendus sur des parties du corps, des vues subjectives déstabilisantes, des amorces de plans sur des sujets secondaires. Enfin le réalisateur jongle entre les ellipses et certaines séquences spectaculaires qui s'étendent plus que la normale ; l'arrivée de Brando chez les Medina et la scène du bras de fer aux scorpions en sont un bel exemple.

Au final, une œuvre mineure qui risque fort de ne pas forcément plaire aux aficionados du western américain.

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