Critique : Dialogue avec mon jardinier

Sandy Gillet | 2 juin 2007
Sandy Gillet | 2 juin 2007

Difficile de ne pas aimer le dernier film de Jean Becker sans passer aux yeux du plus grand nombre pour un pisse-froid ou un aigri. Et pourtant Dialogue avec mon jardinier n'est rien d'autre qu'un énième téléfilm estampillé « campagne française que tu es belle » doublé d'« un ami d'enfance, ça ne s'oublie jamais » (cela ne s'invente pas puisque c'est écrit sur l'affiche) formaté tout de go pour passer en prime time sur TF1 voire en apéro au journal de 13h de Pernaut. Bref, le film idéal à l'exportation pour aguicher le touriste asiatique de préférence (moins regardant à la dépense que le ricain).

 

En héritier fidèle d'une certaine « qualité à la française », Jean Becker ne s'embarrasse donc pas avec sa mise en scène (deux caméras et alternance de gros plans, plans moyens et plans larges) et mise tout sur une histoire qui vu d'ici sent pourtant un peu le rance et la France de Pompidou. Certains diront que le réalisateur a voulu s'effacer devant son sujet laissant un peu de côté son style pompier et académique hérité de ce cinéma français des années 50. Mais la vérité est plutôt à chercher ailleurs. Becker avait en effet d'abord écrit le rôle du jardinier pour Villeret, son compagnon de route depuis plusieurs films. Le choix un peu par défaut de Darroussin est devenu de facto la seule bonne idée du film tant justement il a obligé le réalisateur à s'adapter tout en bousculant ses habitudes. On connaît en effet le talent immense de l'acteur et ici il porte à lui tout seul le film bouffant littéralement Daniel Auteuil en artiste peintre tendance bobo parisien venu se ressourcer dans cette bonne vieille campagne française.

 

On sent que Becker n'a plus tout à fait la main sur son film quand Darroussin apparaît à l'écran et heureusement il y est souvent (les séquences parisiennes sont en effet d'une platitude et d'un cliché déconcertants). Le film aurait pu emporter le morceau rien qu'avec lui et on ne pourra que regretter ce plan final où Auteuil de retour à Paris expose son inspiration retrouvée tendant à prouver que son épisode bucolique n'aura servit qu'à cela. Belle morale !

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