Critique : De l'autre côté

Sandy Gillet | 15 mai 2007
Sandy Gillet | 15 mai 2007

Fatih Akin. Ce nom ne vous dit peut-être rien. Encore que, Head-on, le film qu'il réalisa en 2004 rencontra un joli succès mondial tout à fait mérité. Après un détour par le documentaire et son musicalement très riche Crossing the bridge, le cinéaste allemand d'origine turc nous revient avec De l'autre côté, un très beau film marqué du sceau de l'art d'aimer et emprunt d'une humanité lumineuse.

Le film peut se résumer à une sorte de chassé croisé à six personnages entre l'Allemagne et la Turquie. Certains vont se rencontrer sans le chercher et d'autres ne vont jamais se (re)trouver. C'est aussi une ode à la filiation avec en récurrence la figure centrale du père ou de la mère véritable point d'ancrage du film et départ de toutes les histoires. Le scénario justement, magnifique d'inventivité et d'intelligence (certains diront trop peut-être) permet à la caméra de Fatih Akin d'explorer une nouvelle fois sa double culture et les rapports humains qui en découlent. Avec un tel contexte il pourrait filmer la haine et la violence, au lieu de cela il choisit plutôt de montrer comment il est difficile et exigeant d'aimer avec cette idée qu'une fois y être arrivé (à la manière d'un coureur du 100 mètres réalisant une distance plus longue) on passe forcément de l'autre côté... Où il y est question de plénitude et de respect des autres.

De l'autre côté parle de la mort aussi et à ce titre est un conte moderne doublé d'une fable humaniste. Si certains personnages de son film meurent, c'est en effet pour mieux renaître dans le cœur et le corps de ceux qui en conservent le souvenir brûlant. Une forme de rédemption en rien salvatrice mais qui permet à chacun de prolonger le fil de la vie à sa manière mais dans le seul but que jamais celui-ci ne se perde. Quitte à faire un saut épisodique de l'autre côté histoire de se persuader que tout cela n'est finalement pas une fin en soi.

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