Critique : Hard

Par Jean-Noël Nicolau
3 mai 2007
MAJ : 16 octobre 2018
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Thématiquement et visuellement, le Hard de John Huckert fait immédiatement penser au Manhunter de Michael Mann. Si Huckert pousse plus loin la symbiose entre le serial-killer et le flic, il garde les grandes lignes du film de Mann, notamment en accordant presque autant de place au tueur qu’à son poursuivant. En ce sens, on est surpris de découvrir que Hard a été tourné en 1998 tant son 16mm craspec, sa musique synthétique et ses acteurs amateurs lui donnent une patine fortement années 80. Et sans atteindre le malaise de Henry : Portrait of a serial killer, on reconnaîtra aussi des similitudes évidentes.

Même s’il n’est pas exempt de maladresses et de baisses de rythme, le film est une version encore plus ambiguë et fétichiste du Cruising de Friedkin (qui aime d’ailleurs beaucoup l’œuvre de Huckert). Sadomasochisme, domination, humiliation, les fantasmes gay les plus extrêmes sont ainsi illustrés, parfois de manière franchement explicite. Mais l’auteur s’attarde essentiellement sur son policier homosexuel, en butte à l’intolérance de ses collègues. Le propos est classique, mais sans fard et même souvent cruel. Des psychologies plus complexes que l’on ne pourrait le croire de prime abord sont peu à peu dessinées et malgré le manque évident de moyens, le réalisateur crée une ambiance hautement malsaine que les amateurs de polars déviants devraient adorer.

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