Critique : Petits arrangements avec les morts

Erwan Desbois | 25 avril 2007
Erwan Desbois | 25 avril 2007

En 1994, Pascale Ferran faisait une entrée remarquée dans le septième art en remportant la Caméra d'Or du Festival de Cannes (qui récompense le meilleur premier film, toutes sélections confondues) avec Petits arrangements avec les morts. Ce titre peu attractif, qui annonce un sujet qui l'est encore moins, est sans doute pour quelque chose dans le peu de répercussion qu'a eu le film - poussant sa réalisatrice à attendre douze ans avant de signer son deuxième long-métrage, une certaine Lady Chatterley. Car en lui-même, Petits arrangements... est l'expression d'un réel talent pour parler de manière enthousiasmante de choses délicates, appuyé par l'envie de faire de chaque plan un aboutissement en soi.

Le récit imaginé par la cinéaste repose sur des éléments très complexes - en particulier sa construction en triptyque, dont chaque partie mêle sans limite souvenirs d'un passé lointain, évènements d'un passé proche et questionnements du présent pour définir des personnages qui doivent apprendre à vivre avec le décès imprévu et dévastateur d'un proche. Mais Ferran ne cherche pas à se complaire dans le drame, elle s'amuse au contraire à en prendre le contre-pied constant en remplissant de vie ses images et ses voix.

Dialogues vifs, mise en scène ludique, montage enlevé et jouant volontiers sur le suspense (le déroulement exact de chaque drame est raconté comme un puzzle dont la dernière pièce n'arrive qu'à la dernière scène du sketch correspondant) sont autant d'éléments réjouissants et parfaitement maîtrisés, qui participent à la réussite d'un long-métrage ambitieux et pourtant accessible.

 

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