Critique : Nos amis les terriens

Lucile Bellan | 10 avril 2007
Lucile Bellan | 10 avril 2007

Perplexe. Le premier sentiment qui ressort du visionnage du premier film de Bernard Werber, c'est bien la perplexité. Un peu de colère aussi, et beaucoup de consternation. Car si certains s'échauffaient déjà par avance pour tailler un costard en règle à l'écrivain préféré des ménagères et à son association avec Claude Lelouch (sic), c'est en totale bonne foi et avec la plus grande candeur du monde que d'autres, enfin au moins une se rendit à la projection de Nos amis les Terriens.

Et le résultat dépasse largement les espérances des plus fervents détracteurs du scientifique vulgarisateur : un ramassis de clichés, mal mis en scène et mal interprétés, ainsi que la preuve formelle du culte de la personnalité monstrueux de son géniteur... en bref tout sauf un film. Sans rentrer dans le détail, des contresens et omissions diverses et variées  (les humains seraient tous... parisiens ? Syndicaliste, c'est un travail ?) il y aurait presque de quoi ricaner pendant 1h25 et en tirer une quelconque satisfaction. Mais la chose est tellement premier degré que tout plaisir est gâché et que l'une après l'autre, ces perles, grossièretés ou n'importe quoi (oui, il y a aussi et beaucoup de n'importe quoi) assomment le spectateur qui ressort de la salle avec des lueurs de meurtre dans les yeux dans 99% des cas.

Car oui, il y en aura toujours un pour trouver ça bien. Même deux parmi les gens à la base du projet, et ils comptent bien (se) faire de l'argent avec. En effet, entre le petit guide de découverte du film en librairie un mois avant la sortie en salles et la participation d'amis « prestigieux » au projet (Pierre Arditi, Boris Cyrulnik), la théorie de la blague monumentale ne fait pas long feu face au sérieux de l'entreprise, et même à son caractère scientifique - allons-y, pourquoi pas ?! Finalement, l'enfant gâté Bernard Werber donne toutes les raisons à son bon ami Claude Lelouch pour qu'il puisse crier au scandale et ainsi « se retrouver seul face à l'originalité », dixit lui-même.

 

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