Police Fédérale, Los Angeles : Critique

Laurent Pécha | 18 juillet 2005
Laurent Pécha | 18 juillet 2005

Après avoir signé avec French connection LE polar des années 70, William Friedkin récidive la décennie suivante avec To live and die in L.A. (difficile de citer l'horrible titre français dont on cherche encore le sens : où est cette fameuse police fédérale dans l'histoire ?) qui peut être considéré à plus d'un titre comme une suite-variation du film qui imposa le cinéaste aux yeux du monde et de la profession (5 Oscars).

On retrouve en effet dans To live and die in L.A. cette même volonté d'être le plus réaliste possible à l'image de cette extraordinaire séquence montrant la confection minutieuse des faux billets. Ou encore ce même désir de mettre en scène des personnages névrosés et obsessionnels qui multiplient les mauvais choix (le flic interprété par Petersen). Une fois encore, Friedkin montre sa capacitié hallucinante à tirer le meilleur de ses comédiens : William Petersen, Willem Dafoe, John Pankow ou encore John Turturro alors presque tous débutants sont stupéfiants d'intensité et de véracité.

 


Et puis à l'instar de la fameuse poursuite en voitures sous le métro new-yorkais, scène phare de French connection, Friedkin n'a pas son pareil pour signer des moments d'anthologie mettant aux prises des véhicules. À ce titre, revoir ou mieux découvrir la faramineuse et dantesque poursuite qui se clôt à contre sens sur une autoroute bondée, permet de se rendre compte (si besoin) à quel point l'usage de l'informatique et toutes ses trouvailles visuelles ne pourront jamais dépassés en efficacité et en plaisir brut le savoir-faire d'un génie. Ou plus simplement : avec presque vingt ans d'avance, Friedkin explose tous les Matrix Reloaded du monde !

 


Mais là où le cinéaste surpasse son modèle de référence, c'est lorsqu'il (attention gros spoiler) nous balance en pleine face, avec une brutalité et soudaineté inouïes l'inconcevable : la mort du « héros » une dizaine de minutes avant la fin du film. Un choc visuel nucléaire dont on ne s'est jamais vraiment remis et qui continue à nous scotcher même 17 ans après. Une mort finalement logique si on se réfère au titre du film et au comportement nihiliste et suicidaire de Chance mais qui constitue l'une des surprises au sens premier du mot les plus incroyables de l'histoire du cinéma.

 

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