Link : critique

Par Eric Dumas
31 août 2004
MAJ : 11 octobre 2021
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Prix Spécial du Jury au festival d’Avoriaz en 1986, Link ,de Richard Franklin (réalisateur de Psychose II), s’est octroyé en ce mois d’août 2004 une petite sortie DVD discrète dans la collection « Midnight Movie » de Studio Canal.

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Une maison isolée (avec d’un côté, une campagne brumeuse à perte de vue, de l’autre, une falaise au gouffre vertigineux) est occupée par des personnages (dont la toute jeune Elisabeth Shue) aux prises avec des animaux qu’ils ne contrôlent plus ; voilà la base scénaristique d’une histoire qui semblait pouvoir offrir quelques séquences intéressantes. Si le film n’est pas à la hauteur de nos espérances, nous pouvons cependant apprécier le fantastique travail de dressage des singes. Les actions effectuées par les animaux sont très convaincantes. L’intégration de leurs mouvements ainsi que leurs interactions avec les véritables acteurs est étonnante. En ajoutant à cela une force émotionnelle indéniable, à la fois attendrissante et inquiétante, dans le regard de Link, le réalisateur parvient à donner au personnage éponyme de son oeuvre toute l’ambivalence nécessaire à l’histoire.

Malheureusement, la mise en scène ne suit pas. Le film souffre d’un problème de rythme évident. Si la présentation des protagonistes et des lieux est intéressante, elle se mêle à une histoire qui s’étire et s’enlise dans une sorte de lourdeur et de mauvais suspense qui ne fonctionne pas. De plus, le scénario n’offre pas suffisamment d’éléments novateurs pour susciter le moindre intérêt. Seule la dernière demi-heure propose un rythme (lié à un montage dynamique réussi) et une mise en scène un peu plus attrayante dans un ensemble quelconque et peu maîtrisé. Si le réalisateur tente, au moyen de vues subjectives et d’effets visuels stroboscopiques simulant une vision animale, de rendre compte d’une quelconque mise en danger, le résultat n’est pas convaincant et ne suscite pas l’effet escompté. Au final, cette relecture de King Kong aurait pu s’avérer plus intéressante si elle avait été un peu approfondie et avait trouvé un metteur en scène susceptible de créer, dès le départ, une ambiance qui n’apparaît ici que dans les dernières minutes, grâce à des cadres, des mouvements de caméra et des choix photographiques utilisés à bon escient.

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