Critique : Les Chevaliers du ciel

Laurent Pécha | 8 novembre 2005
Laurent Pécha | 8 novembre 2005

Attention messieurs les yankees et votre cinéma de divertissement de masse, vous avez désormais un sacré concurrent en la personne des Chevaliers du ciel. Et bien oui en France, c'est désormais une certitude, on sait faire du cinéma populaire de qualité. En France, on aime le cinéma vérité et on sait se passer des effets spéciaux. Bref, si les ricains avaient leur Top gun boursouflé rempli d'images truquées et ultra stylisées, nous, les frenchies, on a du 100% vrai approuvé par notre armée, de l'adrénaline pure composée d'images époustouflantes, du jamais vu sur un écran…

Gérard Pirès, l'homme qui nous a offert Double zéro et Riders, soit deux immondices absolus, prend ainsi le pari d'exploser Tony Scott et consorts avec pour l'aider dans sa tâche une distribution de tout premier ordre. Résultat de l'opération « je suis le meilleur », une passe de trois impressionnante pour le réalisateur de Taxi. Ses Chevaliers du ciel, très, très lointains cousins de nos chers Tanguy et Laverdure (ils sont potes et pilotes de chasse, pour le reste...) constitue un plantage ahurissant qui a pour effet de rehausser instantanément notre perception des aventures de Maverick et ses dents ultra bright. Car, mine de rien dans Top gun, il y avait une histoire qui tenait la route, un pseudo suspense, des comédiens ayant un minimum à défendre, un concept de mise en scène aussi clinquant qu'il soit, un style quoi ! Dans Les chevaliers du ciel, il n'y a rien de tout ça ! C'est même pire ! Passé les quelques premières minutes qui nous permettent de découvrir qu'effectivement, des plans aériens réalisés sans trucage, c'est beau, que reste t-il pour passer à la vitesse supérieure ? Ben rien !

Racoleur comme il le faut (une scène de strip-tease absolument pathétique et dont on se demande encore la justification sinon pour l'actrice de montrer son cul), joué comme ils le peuvent (mal sauf pour Cornillac toujours capable d'imposer sa folie d'électron libre) par des comédiens qui avaient signé sans lire le scénario (si,si, ils l'avouent presque dans le dossier de presse) avec à leur tête une Géraldine Pailhas absolument pas crédible une seconde en femme forte de la République (« j'appelle Matignon » : on en rit encore !), imposant une intrigue ridicule (la séquence « prise d'otages » dans le désert africain et son mémorable « shut the fuck up » en anglais dans le texte), oubliant totalement d'impliquer le spectateur lors des rares scènes d'action (le climax final qui se fait exploser en efficacité par n'importe quel épisode de Supercopter), Les chevaliers du ciel en impose dans ses grandes largeurs. Il démontre avec « brio » à quel point dans l'art du divertissement, le fossé qui nous sépare d'Hollywood n'a jamais paru aussi gigantesque.

Taux de bouzité : 99%

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