Critique : Mon beau-père, mes parents et moi

Laurent Pécha | 11 février 2005
Laurent Pécha | 11 février 2005

Presque acquises par le succès planétaire du premier film, les nouvelles mésaventures existentielles de Greg Focker devaient par la loi des séries être encore plus compliquées que les précédentes. Alors si dans Mon beau-père et moi, Ben Stiller affrontait sa belle famille et principalement son « délicieux » beau père, Jack (De Niro dans l'un de ses rares bons rôles en 10 ans), les choses se corsent nettement plus dans cette séquelle puisque non content de continuer à amadouer les parents de sa dulcinée, Stiller va devoir leur présenter ses propres parents. Tout le ressort comique de Mon beau-père, mes parents et moi repose ainsi sur cette alliance contre nature entre des personnes d'un univers totalement opposé censées non seulement cohabiter le temps d'un week-end mais aussi tout simplement s'apprécier pour le plus grand « bonheur » de leurs enfants.

Si le film est encore plus réussi que son prédécesseur, c'est justement que cette séduction, ce rapprochement affectif sont encore plus difficiles à mettre en place que ceux auxquels était confrontés Ben Stiller dans le premier opus. Pourquoi ? Tout simplement parce que les Focker père et mère joués avec une délectation et une bonne humeur communicative par Dustin Hoffman et Barbra Streisand, possèdent un comportement trivial et des mœoeurs libérées (baignées dans l'esprit contestataire des sixties) qui gênent tout autant le conservatisme des Byrnes (enfin surtout Jack) que leur propre fils tentant désespérément de garder bonne figure vis-à-vis de son futur beau-père. Toutes les situations amusantes, du moins les seules qui fonctionnent vraiment à plein régime, procèdent donc de cette opposition de « style ». Si le réalisateur, Jay Roach, ne fait pas vraiment preuve d'un grand sens de la mise en scène comique pour en magnifier l'efficacité, les acteurs sont heureusement là pour lui venir en aide.

Mon beau-père, mes parents et moi est ainsi l'occasion d'admirer les talents comiques trop peu exploités par le passé de Barbra Streisand (une combinaison exubérante et enthousiasmante de mère poule, femme passionnée et sexologue impliquée), Dustin Hoffman (génial en baba cool quelque peu périmé) sans oublier De Niro qui reprend à la mimique près sa composition savoureusement coincée de conformiste vieux jeu et maniaque de la confiance. Les affrontements entre les deux acteurs donnant lieu aux séquences les plus réjouissantes du film à l'image d'une partie de football américain où tous se prennent au jeu pour le meilleur et...le pire. Entre ces monstres sacrés, Ben Stiller, contrairement au reste du casting plus en retrait, s'en sort plus que bien même si le comédien était plus drôle dans le premier film ou dans ses dernières apparitions à l'écran (Dodgeball en tête).

Même s'il traîne un peu la patte au niveau du rythme (presque deux heures, c'est un tantinet trop gourmand lorsqu'on n'a pas un scénario plus fourni en ressort comique), Mon beau-père, mes parents et moi atteint largement son but de divertissement sans grande prétention à tel point qu'on a déjà le sourire aux lèvres en imaginant le déroulement des futurs repas et fêtes de famille lorsque tout ce petit monde sera réuni autour d'une table. La réponse dans Mon beau-père, mes parents, mes enfants et moi ?

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