Critique : Cellular

Vincent Julé | 7 octobre 2004
Vincent Julé | 7 octobre 2004

Ce vieux briscard de Larry Cohen est un petit malin. Avec presque la même idée – un mec reçoit un coup de fil –, il livre coup sur coup Phone game en 2002 et Cellular aujourd'hui. Joel Schumacher évita (volontairement ?) le défi cinématographique qu'impliquait un Colin Farrell enfermé dans une cabine téléphonique, et préféra s'attarder sur une pseudo psychologie de comptoir. À la fois complémentaire et antagoniste, Cellular exploite mieux le potentiel du concept original. Il est certes plus « facile » de faire un thriller d'action en mouvement qu'immobile, mais force est de constater que, à l'inverse de Phone game, une vraie tension s'installe tout au long du film. Enfin, du moins pendant les deux premiers actes. La différence se situe peut-être tout simplement dans la prétention des deux films. Ancré dans la plus pure tradition du cinéma d'action, avec ses touches d'humour qui sont autant de respirations, Cellular privilégie le rythme (et ses ruptures) à la psychologie, mais non aux personnages.

Il suffit de jeter un œil au casting trois étoiles pour prendre conscience de la sincérité et de la modestie de l'entreprise : Kim Basinger, William H. Macy, Jason Statham (Le Transporteur). En effet, chacun tient son rôle à la perfection, et surtout ne tire pas la couverture à soi. Souvent têtes d'affiche, ils servent ici de caution au jeune Chris Evans (un des futurs 4 Fantastiques) et à sa course contre la montre. Entre les mains de David R. Ellis, celle-ci se révèle tour à tour palpitante et frustrante. Réalisateur de Destination finale 2, qui se résume à son hallucinante scène de carambolage, et de la seconde équipe des deux derniers Matrix, ce petit nouveau (52 ans !) possède une indéniable puissance visuelle qui n'est pas sans rappeler celle d'un Jonathan Mostow (U-571, Terminator 3). Les poursuites en voitures allient ainsi désordre et fluidité, entrecoupées de scènes hargneuses avec Kim Basinger, ou bien doucement folles avec Chris Evans. Malheureusement, quand il ne joue pas à mimer David Fincher (Oh, je passe par le judas pour traverser une porte !), le metteur en scène tend parfois à s'oublier. Comme dans la dernière confrontation, qu'il filme platement à coup de champs/contrechamps, et qui renvoie aux pires clichés du genre : pourquoi, mais pourquoi le bad guy met-il toujours trois plombes avant de tirer ? Pourtant, au détour d'une scène au tempo plus lent, voire lounge, David R. Ellis surprend, séduit. Ce sont juste quelques secondes, mais déjà le mal est fait. On voudrait plus qu'un simple film formaté, bien qu'efficace. Ce sera pour la prochaine fois.

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