Bloody Milkshake : critique sang pour sang fun

Geoffrey Crété | 21 juillet 2021 - MAJ : 21/07/2021 11:37
Geoffrey Crété | 21 juillet 2021 - MAJ : 21/07/2021 11:37

Inoubliable Amy Pond de Doctor WhoKaren Gillan a tracé sa route depuis, notamment dans JumanjiLes Gardiens de la Galaxie et Avengers. La voilà en mission (presque) solo dans Bloody Milkshake, film d'action survitaminé et sur-décalé où elle partage l'affiche avec Lena HeadeyMichelle YeohAngela Bassett et Carla Gugino. Et prière de ne pas résumer le film réalisé par Navot Papushado (Big Bad Wolves) à un John Wick au féminin.

same player plays again

Le refrain est bien connu. Il est question d'une tueuse à gages impitoyable formée depuis sa plus tendre pour être une machine de guerre, d'une société secrète de criminels qui agit dans l'ombre, et d'une petite fille à protéger au milieu du chaos. Il y aura une histoire de rédemption, de famille de sang légèrement compliquée avec une maman elle aussi tueuse à gages, et de famille d'armes légèrement siphonnée avec trois bonnes marraines spécialistes en armes en tous genres.

Bloody Milkshake ne réinvente pas la poudre, mais sait y mettre le feu, parce que sa simple ambition est là, à la croisée des chemins entre John Wick et Kingsman, devenus des modèles économiques (et artistiques, si vous insistez) ayant rouvert la voie à la série B d'action pure et dure et fun. Parti de la simple idée de mélanger une histoire de kidnapping et d'assassins, le réalisateur et co-scénariste Navot Papushado a finalement résumé son film : que se passerait-il si Akira Kurosawa, Alfred Hitchcock et Sergio Leone étaient dans une pièce, regardaient les Looney Tunes après avoir picolé ? "C'est ça, Bloody Milkshake".

 

photo, Karen GillanFINISH HIM

 

BEAT THEM ALL

Bloody Milkshake carbure donc au plaisir bête et méchant de l'action, et le film n'est jamais meilleur que dans ces moments de violence généreux. Et il y a de quoi combler tout le monde ou presque dans cet univers qui s'ouvre comme un pastiche des films noirs, glisse vers l'action pure et dure, s'offre une parenthèse de comédie tendance slapstick, avant de foncer dans le tas dans une dernière ligne droite de violence.

Le monde de Bloody Milkshake n'est là que pour servir cette odyssée de cadavres et os brisés, et le réalisateur Navot Papushado transforme tout pour le simple plaisir - un bowling, un centre commercial, une rue, une bibliothèque, un diner américain. Cet appétit passe avant tout le reste, notamment l'intrigue qui n'est qu'un prétexte pour aligner les bastons, piéger les héroïnes et les amener dans des décors toujours plus improbables.

 

photo, Karen GillanStrike a pose

 

Difficile de ne pas s'attarder sur quelques morceaux précis, à commencer par ce bowling transformé en ring grâce à une valise et quelques accès de violence bien sentis et captés par la caméra, à la lumière de néons devenus incontournables dans la panoplie du genre. Idem pour la bibliothèque, qui devient un champ de bataille avec un irrésistible jeu où chaque bouquin renferme une arme surprise, à la manière d'un loot de jeu vidéo qui force le joueur à adapter sa stratégie.

Mais le grand moment de Bloody Milkshake a lieu dans un simple couloir, avec la fantastique idée d'un combat entre éclopés et estropiés. Là encore, l'inspiration jeu vidéo est claire, déplaçant les compétences de l'héroïne, transformée en grand morceau de guimauve tueur dans un réjouissant numéro de chaos à peine contrôlé.

 

photo, David Burnell IV, Ivan KayeDumb, Dumber et Dumberer

 

GIRLS POWDER

Bloody Milkshake a un autre argument nommé Karen Gillan. Révélée par Doctor Who, vue depuis du côté de Marvel et Jumanji, l'actrice écossaise avait eu maintes occasions de prouver ses talents dans la comédie comme dans l'action. Mais toujours derrière un ou plusieurs hommes, en éternelle sidekick. Ce temps est révolu, puisqu'elle mène ici la danse, en prenant de toute évidence son pied dans la baston comme dans la blague.

Autour de Karen Gillan, c'est la même énergie. Lena Headey avait déjà montré ses talents dans l'action, notamment dans la série mésestimée Terminator : Les chroniques de Sarah Connor, mais trouve un beau souffle avec l'humour de ce Milkshake. Et le trio formé par Angela Bassett, Carla Gugino et Michelle Yeoh sera forcément un plaisir pour les cinéphiles, qui verront là différents cinémas se rencontrer pour former une sororité détonante. Ces trois bonnes marraines sont trop peu exploitées pour être entièrement convaincantes, et rendre justice à leur destin, mais leur présence dynamite l'équation.

 

photo, Karen Gillan, Lena HeadeyMa mère, cette héroïne

 

Dès que Bloody Milkshake va dans les émotions, avec quelques scènes trop attendues, il perd un peu de son charme. C'est sûrement pour ça que le film ne s'y attarde jamais, et désamorce rapidement tout premier degré par une baston, ou quelques répliques pleines d'esprit, comme cet échange sur le statut de tueuse en série de l'héroïne, ou le discours pseudo-féministe du bad guy qui justifie ce chaos.

Personne n'a menti sur la marchandise. Ce milkshake est bien là pour offrir un petit shoot de plaisir simple et efficace, dans une joyeuse humeur communicative. C'est modeste, mais tellement réjouissant, assumé et mené avec entrain que ce serait bien triste de bouder un tel dessert estival.

 

Affiche française

Résumé

Vous aimez les jeux vidéo de baston ? La violence fun d'un John Wick ? Les actrices qui s'amusent à distribuer de baffes et péter des tibias ? Bloody Milkshake est pour vous. C'est le petit plaisir de l'été, mené par une Karen Gillan irrésistible.

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.

Lecteurs

(2.7)

Votre note ?

commentaires
Steevo Steen
29/07/2021 à 14:46

J'ai pris plus de plaisir coupable sur Jolt que sur Bloody Milkshake

Planettonio
29/07/2021 à 00:16

J'aime bien le casting, pourtant, mais le film est long, ennuyeux, trop sérieux, pas bien joué, même pas drôle. On s'attend à quelque chose de flashy et de déjanté, et on a un sous-John Wick 3 où les chorégraphies sont faiblardes, où la mise en scène est un empilement de mauvaise idées, et où on ne s'attache jamais aux héroïnes. Ce film est un rendez-vous manqué. Dommage.

Micju
21/07/2021 à 22:25

La grosse différence avec Wick et ce film c’est que les acteurs sont bons et au moins ça ne se prend pas au sérieux. Et non si le casting est féminin ça veut pas dire que ça a un quelconque rapport avec metoo. Pauvre petit fragile.

Metuxla
21/07/2021 à 13:13

Assez déçu, ok le visuel est sympa pour qui aime le néon mais les chorégraphies de combat sont quand même pas ouf, ok il y a le combat des estropiés qui est sympa mais au global c'est pas du Gareth Evans. Et après j ai trouve ça long la première baston est au bout de 30 minutes,c'est certainement moins mais en tout cas c'est long. Après le scénario pas original mais osef

De petites trouvailles ...
21/07/2021 à 12:59

franchement intéressantes ;
les scènes d'action sont bien foutues, certaines totalement inédites ... à en perdre la tête ...

Effectivement, les passages ''sentimentaux'' sont un peu trop caricaturaux et mal placés,
mais le reste n'est que du bonheur.

Vivement la suite

Jojo
21/07/2021 à 11:59

J'aime les jeux vidéo de baston et la violence fun d'un John Wick mais je n'ai pas trouvé le film intéressant sauf visuellement.
C'est quand même dur de passer après John Wick, Kingsman ou encore Birds of Prey.

votre commentaire