Tout Simplement Noir : critique de babtou islamo-gauchiste

Simon Riaux | 7 juillet 2020
Simon Riaux | 7 juillet 2020

Tout Simplement Noir, faux reportage et véritable comédie consacrée à la tentative d’un comédien raté d’organiser une grande marche des hommes noirs de France, arrive sur les écrans après plusieurs semaines d’un débat national à couteaux tirés. Alors qu’éditorialistes, politiciens et citoyens s’écharpent sur la question de l’identité et la mémoire de la population française, un film traitant aussi frontalement de la question du communautarisme est forcément reçu avec un mélange de curiosité et d’appréhension.

DÉBOULONNER LA COMÉDIE FRANÇAISE ?

Dès sa première séquence, le film de John Wax et Jean-Pascal Zadi établit clairement la ligne que le duo parviendra à tenir jusqu’à sa conclusion. Auteur de happening consacré à la question de l’esclavage au buzz retentissant, Jean-Pascal est suivi par une équipe de documentaristes, auxquels il dévoile son grand projet de marche politique, réservée aux hommes noirs. Savant mélange de sincère ahuri, de François Pignon et de léger opportuniste, il déroule son argumentaire.... jusqu’à ce que sa compagne envahisse le plan et l’amène à se tourner en ridicule. Comique de situation, mise en abîme de questionnements politique, délire méta et comique de situation, soit une mixture aussi instable que potentiellement hilarante.

Plutôt que de se dérouler comme un tract, le métrage fait toujours le choix du pas de côté, et dévoile lors de chaque séquence, le pendant absurde, non sensique des raisonnements de ses personnages. Le film y parvient grâce à un discours particulièrement précis et nuancé. Plutôt qu’une critique (ou un panégyrique) du communautarisme, le scénario s’interroge avec acidité sur la nécessité même de ce dernier, et la possibilité de son avènement dans un univers aussi fractionné que la France de 2020. Comment, pourquoi et avec qui fabriquer du commun ?

 

photoL'activisme de la lose

 

Hommes, Femmes, artistes, fonctionnaires, associatifs, indifférents, calculateurs ou sauveurs auto-proclamés, tous les protagonistes du film, qui jouent leur propre rôle, proposent, généralement le temps d’une saynète vouée à un spectaculaire partage en sucette, l’exploration d’un petit ratage social, d’une incompréhension, d’une impasse humaine.

Chacun s’amusant à tordre assez violemment son image, Tout Simplement Noir parvient à s’imposer comme une matière à réflexion ludique, qui se plaît à penser contre elle-même, tout en proposant un arrêt sur image passionnant des débats et tensions français. 

 

photoUne famille formidable

 

TOUT SIMPLEMENT DRÔLE

Capturer avec intelligence une situation problématique, désamorcer les clichés et les raccourcis intellectuels, voilà qui est bien beau, mais n’a jamais garanti au spectateur de rire. Et pour y parvenir, le duo de réalisateurs organise une intense leçon de chaos. Plutôt que de récuser l’usage des stéréotypes, ils démontrent avec une efficacité ravageuse que, quand ils sont employés pour servir les personnages et non les écraser, ils deviennent un ressort comique à peu près invincible. 

Cette position les autorise à pousser leurs personnages dans des retranchements parfois proches du cartoon, quand Lucien Jean-Baptiste implose au cours d’un débat intense avec Fabrice Éboué ou que Mathieu Kassovitz se découvre une fibre racialiste d’une singulière intensité, le duo de cinéaste amène toujours ses concepts dans les derniers retranchements de la folie.

 

photoLe grand pétage de plombs de 2020

 

Aussi à l’aise avec l’outrance que les bons mots, ils réussissent à jongler avec des dialogues souvent piégeux, cartographiant les petites veuleries quotidiennes de tous ceux que croisent Jean-Pascal (et les siennes), avec un art de la cruauté consommé.

Assister à ses innombrables naufrages humains ou intellectuels a quelque chose de fascinant, alors que la moindre ligne de dialogue capture les paradoxes d'un anti-héros toujours à côté de la plaque, intimement touché par la cause qu'il défend, mais le plus souvent incapable de la servir. Ces passages où la gène se déploie, construisant un humour à combustion lente redoutable, occasionnent leur lot de fous-rires, jamais amoindris par le discours très articulé sur la vie de la cité qui constitue le coeur du projet.

 

photoFary, faisant une proposition indécente

 

Seul regret, la forme du documenteur, si elle sert parfaitement les moments de malaise, engendre une certaine répétition et écrase parfois un peu l’émotion. Comme lors de la seconde arrestation montrée dans le film, qui entend créer un écho à la fois grave et amer à une précédente séquence policière, sans que cette bonne idée en puisse vraiment être traduite par la caméra ou le montage.

Enfin, pour brillantes que soit l’immense majorité des scènes, le rendu du simili-reportage souligne ici et là que cet assemblage de sketchs drôles et politiques manque un poil de dramaturgie, comme lors de sa conclusion, où le dispositif ne permet pas de capter la manière dont le scénario marie les tonalités pathétiques et comiques.

 

Affiche officielle

Résumé

Politique, fin, énervé, remuant et incroyablement marrant, Tout Simplement Noir transcende sa nature de film à sketches pour proposer un portrait passionnant d'une France en pleine introspection identitaire.

Lecteurs

(1.7)

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commentaires

Rouge carré
15/07/2020 à 15:36

Vu il y a deux jours et malheureusement tout est dns la bande-annonce.
Enchaînement de petits caméos tous trop courts et quasi anecdotiques.
Par ailleurs je ne comprends pas la hype autour de Fary, pour ce qui est de ses sketchs c’est peut-être mes goûts, mais il est très mauvais ici.

Bob 57
13/07/2020 à 09:46

Bon, et ben vu hier et tout à fait d'accord avec la critique ! Et je comprends pas bcp de commentaires en dessous.. Franchement c'est vraiment très bien, et oui, la fin aurait pu se détacher du documenteur pour gagner en émotion, c'est le seul regret. Mais ça renforce aussi le côté pathétique du personnage et de la situation. Ce qu'il perd en drama, il le gagne en personnage. Et qu'est ce qu'il dit comme connerie en interview JP Zadi ? En tt cas à voir pour moi.

Cinefifi
12/07/2020 à 14:45

Ça donne pas franchement envie ????

Flo
11/07/2020 à 15:21

Enfin un film français qui donne envie d'être vu, enfin un film avec des acteurs gosbo et pas des vieilles chouettes.

Lascar
10/07/2020 à 15:09

@cervo

Lol

Cervo
10/07/2020 à 15:03

@Lascar

Tu es conscient que tenter de valider tes propos avec un article de Voici ça en dit plus long sur toi que sur le sujet dont tu prouve une nouvelle fois que tu ne le maîtrise pas ?

Lascar
10/07/2020 à 14:54

@cervo
https://www.voici.fr/news-people/actu-people/jean-pascal-zadi-pourquoi-il-a-eu-envie-de-mourir-a-cause-du-prenom-de-son-fils-684029

Cervo
10/07/2020 à 14:29

@Lascar

Alors tu as l'air pas trop aidé par la nature.

Notice explicative donc.
Tu confonds le personnage de Zady... et Zady lui-même.
Tu prends une réplique stupide, d'un personnage présenté comme stupide, pour invalider l'auteur derrière. Et ça fait de toi quelqu'un de... de... (un indice chez vous : "stupide")

Ah et sinon, dans un film sur les dinosaures, comme Jurassic Park, ça ne te choque pas qu'il y ait des humains ?

Lascar
10/07/2020 à 14:03

Dire que Jean-Pascal Zadi est un gros débile c'est être raciste? Ne pas comprendre la présence de Juifs (Blancs) dans un film sur les Noirs c'est être antisémite? Bravo @riaux change rien, t'es un gagnant!

Simon Riaux - Rédaction
10/07/2020 à 12:09

@lascar

Et maquiller racisme et antisémitisme derrière un commentaire anonyme, traitant d'un film qu'on n'a pas vu et dont on ignore manifestement le contenu, c'est grave comment ?

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