The Last Days of American Crime : critique qui ramasse ses dents

Simon Riaux | 6 juin 2020 - MAJ : 07/06/2020 12:41
Simon Riaux | 6 juin 2020 - MAJ : 07/06/2020 12:41

Olivier Megaton, le réalisateur de Taken 2, Taken 3 ou encore Colombiana, court toujours et nous propose un casse fumant, dont la première victime sera le spectateur, qui risque fort de se faire dérober son cerveau pour le voir remplacé par un petit tas de cendres fumantes. Attention les yeux, va y avoir des copeaux, sur Netflix, avec The Last Days of American Crime, mené par Édgar Ramírez, Anna Brewster et Michael Pitt.

RAGING NUL

Il faut précisément 22 minutes et 28 secondes à Olivier Megaton pour faire perdre tout espoir à son spectateur. Ce dernier, s’il connaît un peu son sujet, aura pourtant placé des espoirs mesurés dans The Last Days of American Crime, adaptation d’une bande-dessinée méga-bourrine (de Rick Remender et Greg Tocchini), par un réalisateur dont l’oeuvre est un vibrant hommage à la recette du pâté de couenne. 

Le film prend moins d’une demi-heure pour nous assommer avec une grosse rasade de torture, des explosions génériques, une voix-off qui vous fera regretter la musique d’ascenseur, des dialogues navrants de bêtise, un personnage féminin caractérisé à la manière d’une piñata sexuelle pour adultes cocaïnés, et un petit coït option toilettes de bar. Autant de clichés pas particulièrement sympathiques, qui souffrent d’un premier degré contrit, mais surtout d’une mise en scène complètement atone, jamais inspirée

 

photo, Édgar Ramírez, Anna BrewsterQuand le coiffeur s'énerve

 

Car The Last Days of American Crime n’est pas seulement bête, il est également laid. Baigné dans une photo impersonnelle, l’ensemble n’a jamais l’occasion d’être spectaculaire, la faute à un montage qui ne sait comment dynamiser un récit d’une terrible platitude. Mais qui dit platitude ne dit pas forcément lisibilité. Ainsi, si vous n’avez pas sous la main des quantités industrielles d'anxiolytiques, vous vous risquez à visionner cette agression patentée aux règles élémentaires de la mise en espace, qui pourrait bien vous laisser de sérieuses séquelles. 

 

photoA côté, le dernier Besson, c'est du Bergman

 

BRAVE PITT

Devant la catastrophe qui s’annonce, on se prie à espérer un furoncle à la hauteur de Taken 3, nanar de légende, projeté à intervalles réguliers dans le milieu interlope des monteurs masochistes. Malheureusement, après 240 "Fuck", une demi-douzaine de blagues et rebondissements à base de viol, et trois fusillades faméliques, il faut se rendre à l’évidence : le film a choisi l’autoroute du navet plutôt que la fulgurance nanarde. La faute à un esprit de sérieux mêlé à une forme de paresse, qui envahissent chaque strate du film, jusqu’au casse finale, d’une simplicité, d’une bêtise et d’une mollesse navrante.  

 

photo, Michael PittAprès Last Days : Last Days of American Crime

 

Seule oasis de plaisir dans cette rectorragie de près de 2H30 : la performance hallucinée de Michael Pitt, qui traite sa carrière avec l’égard dont fit preuve Xavier Dupont de Ligonnès pour l’art de la terrasserie. De son phrasé en passant par sa coiffure, ou même sa garde-robe, l'entreprise de sabotage à laquelle il se livre ici est par endroit hypnothique. En surjeu perpétuel, incapable d’enchaîner plus de deux phrases justes, il approche ici le niveau (réputé inégalable) d’un Johnny Depp en fusion. Il est bien la seule raison de s’imposer The Last Days of American Crime.  

 

Affiche officielle

Résumé

La vie du cinéphile est semée d'embûches, d'épreuves, de douleur parfois. Mais le plus souvent, elle est lardée de mauvais films. Et si vous êtes arrivé jusque sur cette page, dites-vous que c'est un de ces jours.

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commentaires

Lioncourt
09/06/2020 à 13:34

Les scènes de fusillade en voiture... Pas d'impacts de balles, plusieurs chargeurs, zéro dégât, pire que les films des années 80...
Petites idée originale sur un hypothétique état policier (Chine /notation des habitants / contrôle des citoyens / richesse pouvoirs) ; le soucis, tout y est bancal.

patman
09/06/2020 à 11:21

"la performance hallucinée de Michael Pitt, qui traite sa carrière avec l’égard dont fit preuve Xavier Dupont de Ligonnès pour l’art de la terrasserie."

Vous devriez faire un article best of avec vos meilleures vannes, celle-là je la mets dans le top 3 ^^

Simon Riaux - Rédaction
08/06/2020 à 17:45

@JL

Totalement générique, presque toujours terne. Ultra attendue dans ses compositions. Et là on parle des meilleurs moments.

JL
08/06/2020 à 17:39

La photo est incroyable. C'est l'un des plus beaux film sur netflix. En dolbyvision c'est juste incroyable. j'aimerais bien comprendre votre point de vu sur la photo ?

@bich32
08/06/2020 à 04:07

L'acteur est battue a mort et il est dans le feu mais le feu ne la pas touché, il rattrape les bandits mais en plein forme et j'ai aussi remarqué que avec son Ak il n'a pas besoin de charger on dirait c'est intégré avec un baril de munition

pepito
07/06/2020 à 21:15

@girlpool : juste une précision : ça s'appelle l'Etat de New York, contenant la ville du même nom mais pas que, et c'est effectivement limitrophe du Canada...

Girlpool
07/06/2020 à 20:52

Le gars qui a fait le film ne doit pas connaitre les states ,car planter un panneau a New-York avec dessus Canandian Frontier a 1,6Miles ,m'a bien fait rire .... jetez un oeil sur Google Map pour voir la distance :)

Jean Valjean
07/06/2020 à 18:46

Je comprends pas

Michael Pitt est hyper talentueux et il joue la dedans ?

Pseudonaze
07/06/2020 à 15:01

Ce réalisateur en fait des megatonnes... Ok je sors...

Carlitto
07/06/2020 à 09:40

Perso, j'ai eu du mal à tenir 10mn devant ce produit avarié et nauséeux.

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