Star Wars : L'Ascension de Skywalker - critique qui palpatouille sans spoiler

Simon Riaux | 18 décembre 2019 - MAJ : 20/12/2019 18:35
Simon Riaux | 18 décembre 2019 - MAJ : 20/12/2019 18:35

Le défi était cosmique. J.J. Abrams devait conclure trois trilogies, s'adressant à presque autant de générations, dans un climat de défiance inédit après la sortie du très polémique Star Wars : Les Derniers Jedi. Le réalisateur du décrié Réveil de la Force a-t-il remporté sa guerre des étoiles avec Star Wars : l'Ascension de Skywalker ?

FORCE AVEC LES STARS

Après un Réveil de la Force perçu comme une redite industrielle et une levée de boucliers extrêmement violente à l’encontre des Derniers Jedi, on pensait Disney aux abois, face à un public ne recevant pas la déclinaison de la saga avec la même indulgence que d’autres franchises industrielles. Coincé par un Épisode VIII qui choisissait de rompre avec certains codes établis par George Lucas, le studio a peut-être vécu le flop de Solo : A Star Wars Story comme le dernier clou dans le cercueil de ses modestes ambitions narrative. D’où une conclusion qui a des airs de quasi-reboot.

Dès son carton introductif, Star Wars : l'Ascension de Skywalker établit de tout nouveaux enjeux et bazarde l’héritage de Rian Johnson. Les forces en présence ne sont plus les mêmes, la dynamique entre rébellion et Premier Ordre remisée au placard… le scénario fait table rase des deux films précédents, dans des proportions saisissantes. Mais ce choix radical a des conséquences profondes sur le récit que doivent dérouler J.J. Abrams et son scénariste Chris Terrio. En l’état, l’intrigue s’articule autour de trois axes successifs, qui évoquent non seulement la trilogie originale, mais pourraient tout à fait soutenir un développement en trois longs-métrages, offrant une progression et un déploiement logique à ce nouveau point de départ.

 

photo, Daisy RidleyRey au milieu du désert

 

Devant réinventer une toute nouvelle dynamique, l’incarner dans de nouveaux protagonistes, sous-intrigues et décors, le scénario révèle rapidement son obésité morbide. Au gré d’un rythme initialement soutenu puis délirant d’intensité, nos héros migrent de planète en planète, tantôt poursuivis, tantôt poursuivants, collectant items et indices au gré d’escarmouches continues avec les émissaires du Premier Ordre.

En résulte une forme d’intensité qui interdit l’ennui, pourra évoquer la grande époque des serials et des pulps d’aventure, mais aussi un débit de mitraillette qui interdit l’émotion.

 

photo, Daisy RidleyEn avant pour l'aventure !

 

DARK CRAIGNIOUS

Comme pour nous interdire de réfléchir, Star Wars : l'Ascension de Skywalker empile les situations, les rebondissements ou les tours de force bravache. Mais chacun étant expédié par une caméra qui semble déjà préoccupée par le prochain morceau de bravoure, toute gravité est tuée dans l’œuf, aucun twist ne surprend réellement, et quand la tragédie survient, le découpage ne prend même pas le temps de nous offrir les réactions de protagonistes toujours dépassés par le tempo du récit.

 

photo, Adam DriverUn personnage passionnant, en grande partie sacrifié par la nouvelle orientation de la trilogie

 

Signe que toute cette précipitation assèche le film, J.J. Abrams se révèle incapable de proposer une scène d’action correcte, lui, qui en élève appliqué de Steven Spielberg, a pourtant toujours su se glisser dans les codes de glorieuses sagas, pour les décaler subtilement et leur offrir une bonne grosse dose de spectacle, pas forcément inventif, mais toujours fluide et cinégénique. Il se contente ici d’enregistrer plusieurs micro-confrontations, le plus souvent inconséquentes, trop rapides et précipitées.

À ce titre, le climax s’avère un des plus pauvres de toute la saga Star Wars. Obligé de détourner l’énergie de la trilogie pour la rediriger vers Palpatine, au gré d’incroyables incohérences, le metteur en scène ne peut que profiter de formidables effets spéciaux et d’une direction artistique grandiose pour essayer de masquer la brièveté et la platitude des confrontations qu’un montage atone imbrique sans inventivité.

 

photoUn lieu iconique...

 

SITH INTERNET

Mais ce qu’on redoutait le plus, c’est peut-être la gestion, forcément complexe, de l’héritage de Rian Johnson. L'Ascension de Skywalker ne se contente pas d’éjecter purement et simplement Les Derniers Jedi, puisque le film entreprend de vomir quasi-systématiquement sur son prédécesseur.

Qu’un revenant adresse, à une audace scénaristique passée, un pur doigt d’honneur, que se greffe une amourette minable (à la faveur d’un hommage absurde à La Belle au bois dormant) ou qu’on transforme certains personnages en quasi-figurants, l’objectif est limpide : atomiser Les Derniers Jedi, mais surtout prêter serment d’allégeance aux fans les plus toxiques de Star Wars.

 

photo, John BoyegaDe héros à figurant de luxe...

 

La conséquence de ce retournement de veste est funeste, puisqu’elle pousse le récit à enchaîner des facilités scénaristiques grotesques. Transformés en vignettes conçues pour ne pas déranger le fan, les protagonistes sont réduits à de simples traits de caractère dénués de progression ou de tout arc narratif.

Cette béance est comblée par la méthode industrielle devenue chère à Disney, au fur et à mesure que la recette Marvel prend le contrôle des opérations. Ainsi, chaque évènement dramatique ou coup dur se voit presque instantanément désamorcé, voire renié, et provoque une anesthésie irrémédiable sur le spectateur.

 

photo, Carrie FisherN'attendez pas trop des adieux à Leïa...

 

SABRE RASOIR

Face à ce cahier des charges aussi kamikaze que sinistre, il faut néanmoins souligner l’impressionnante application de J.J. Abrams, ainsi que l’énergie herculéenne qu’on le sent déployer pour sortir son bousin spatial de l’ornière où le studio a décidé de le crasher.

Ultra-dynamique, le cinéaste tente l’impossible pour épouser le rythme délirant du film et sa boulimie de péripéties. Jamais il ne se laisse aller au pilotage automatique. Au contraire, il tente de donner de la chair au moindre plan, de proposer un point de vue, de donner aux séquences les plus anodines de la matière et une direction.

Il y parvient parfois, comme lors de la confrontation humide entrevue durant les bandes-annonces, où Kylo Ren et Rey croisent le fer au sein d’éléments déchaînés. Soudain, la musique s’interrompt, le décor se fait quasi-abstraction, et nous observons, enfin fasciné, le ballet contraint de deux belligérants fascinés l’un par l’autre.

 

photo, Adam Driver, Daisy RidleyEn voilà une bien belle scène

 

Dans cet affrontement qui prend place très littéralement sur les ruines de la saga, on sent la belle ferveur avec laquelle le réalisateur tente l’impossible pour ranimer le cadavre de Star Wars. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si tout s'électrise dès que le duo apparaît à l'image, Abrams n'hésitant pas à tordre encore un peu plus les possibilités de la Force pour les réunir à la moindre occasion. Dernier organe encore vivant de ce récit ampoulé, le cinéaste y insuffle tout le sang dont sa mise en scène est capable, leur offrant quelques puissantes joutes oratoires.

Mais à l’impossible nul n’est tenu. Face à des écueils conceptuels irrécupérables, J.J. Abrams ne peut opérer la résurrection tant espérée. L’artiste doit se contenter d’un embaumement de première classe. Force est de constater qu’avec son amour des détails, la sincère passion qui l’anime, il rend souvent L'Ascension de Skywalker flatteur à l’œil, dissimulant ses défauts derrière une technique fantastique, une attraction foraine faussement somptueuse.

C’est à la fois beaucoup et très peu. Suffisamment pour regarder la chose d’un œil distrait, sans s’ennuyer outre mesure, mais bien loin de ce qu’on est en droit d’attendre de Star Wars.

 

Affiche française

Résumé

Reboot inavoué et cynique d'une trilogie désormais fondamentalement incohérente, L'Ascension de Skywalker n'a pour lui que l'énergie déployée par J.J. Abrams et la fantastique direction artistique dont Lucasfilm a le secret, tant cet épisode d'une platitude extrême préfère se complaire en facilités et reprises confortables plutôt que de raconter quelque chose.

Autre avis Geoffrey Crété
Dans un mouvement final presque désespéré, L'Ascension de Skywalker tente de panser les plaies, créer l'illusion d'une trajectoire maîtrisée, et offrir une conclusion fédératrice et douce. Malgré le savoir-faire de J.J. Abrams, le résultat est étonnamment fade, facile, et manque cruellement d'émotion, de puissance et d'énergie.
Autre avis Christophe Foltzer
Terriblement creux, vain et inconséquent, L'Ascension de Skywalker trahit qu'il n'existe que pour montrer patte blanche aux fans déçus par l'opus précédent. C'est d'autant plus dommage que J.J. Abrams maitrise son sujet techniquement et artistiquement. Une ascension extrêmement timide et paresseuse qui, en plus, ne raconte rien d'intéressant.
Autre avis Arnold Petit
Malgré la générosité artistique et visuelle offerte par J.J. Abrams, l'Ascension de Skywalker manque d'inspiration et préfère se raccrocher avec affliction aux vieilles branches de la saga qu'il doit conclure. Un spectacle étourdissant, au rythme effréné, mais incohérent, dépourvu de profondeur et sans aucune véritable intensité.
Autre avis Alexandre Janowiak
Avec une structure narrative ignoble, des plots twists affligeants et un scénario digne d'une fan fiction, L'Ascension de Skywalker est un ratage mémorable et la preuve ultime que la postlogie existait sans ligne directrice. Tout juste pourra-t-on sauver la direction artistique, mais avec un tel budget, c'était le minimum syndical.
Autre avis Mathieu Jaborska
Quitte à s'infliger un scénario vaseux remettant en cause tout ce qui a été établi au profit d'insupportables clins d’œil référencés, autant passer un peu de temps sur un site de fan-fictions pornographiques. Certes, on fait une croix sur des effets spéciaux réussis, mais au moins, on pourra y trouver quelques scènes mémorables.
Autre avis Lino Cassinat
Beaucoup d'agitation mais aucune intensité dans cet über-Star Wars qui se subit beaucoup plus qu'il ne se suit. Mélange de doigt d'honneur au film précédent et de pathétique opération à Skywalker ouvert pour sauver ce qui peut encore l'être à coup de millions de dollars, The Rise of Skywalker est un bordel magmatique de tout qui n'aboutit à rien.

Lecteurs

(3.1)

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commentaires

Blackryu
26/05/2020 à 02:15

Quel naufrage !!!
Des incohérences, des raccourcis grossiers... Bref, c'est le massacre de la mythologie starwars en bonne et due forme...
Une scène humoristique remarquable avec l'excellent C3PO, mais cela ne suffit pas à sauver le film...

Tonton babi
01/05/2020 à 14:47

Disney a tout simplement tué Star Wars, ne respecte rien ni personnes. Triste de voir le travail accompli avant cela réduit à néant

shadow2a
28/04/2020 à 09:32

question : A quel moment l'Empereyr palpatine a eu un enfant ? pere ou mere de Rey ? pourquoi n'a t il pas fait de cet enfant un Seigneur Sith , preferant le faire assassiner apres la naissance de rey .


Bref un scenario totalement stupide , juste pour rendre hommage a chaque personnages de la saga (il ne manquait que jar jar binks ) on y voit meme un mécanicien rappelant Jabba le huth , à chaque lieus cultes ( il ne manquaient que les égouts dans lesquels attérissent luke et han solo) , et juste pour rebondir sur la vieille réplique de l'empereur qui dit à annakin "qu'un sith peux revenir d'entre les morts" ..
mais il aurait été plus cohérent de faire revenir le père de Sidious ...

pathétique, vide de scenario , incohérence, J.J abrahams a refait du Lost..
la saga star wars n'est plus la saga Skywalker , mais la saga Sidious ...

Ronnie
26/04/2020 à 09:28

Nul ! A l image de la trilogie ! Disney a tué Star Wars

Popole
19/03/2020 à 00:12

Finalement seul le faux remake et premier film de la nouvelle trilogie de JJ Abrams était cool c'était gentilé mais plutôt regardable bien rythmé et les personnages supportable ... le deux qui était ennuyeux et a la limite du supportable avec sa gestion de Luke Skywalker complètement nul et son snoke bidon et bien je pensais pas qu'on pourrait faire pire et bien le troisième opus est catastrophique tout va trop vite on respire jamais entre les scènes , aucune émotion , scénarios sans queue ni tête , une histoire d'amour bidon entre Rey et le faux darth Vador et ce final où elle fait un X avec ses sabres c'était d'une nullité sans nom et puis tout les personnages secondaires sans histoire ... Le pire c'est le traitement de Finn qui est censé être amoureux de Rey on lui fou une Afro américaine parcequ'il est noir aussi comme ça chacun avec sa race c'est ça ? Le pauvre Finn ce retrouve a être un personnage vidé de sa substance Quel film ignoble mais vraiment le pire de tout les starwars et les scènes d'action aucune créativité jprefere même pas en parler

Flo
29/01/2020 à 13:30

"Star Wars, l'Attention du Spectateur".

Primo, Lucasfilm et Disney, même combat: une Firme de Divertissement Fantaisiste et Tout Public, fondée par un cinéaste/conteur/innovateur/obsédé par la cellule familiale et le paternalisme, devenue une Entreprise Monstre menée grandement par son Merchandising, et continuant à prospérer même sans son Créateur...
Là réside les points communs, car pour l'homme qui l'a fondé, il y a une grande différence de génération et de caractère - autant pour les propos de Lucas sur "les esclavagistes blancs": tellement cynique comme phrase qu'elle avait l'air soufflée par son pote Coppola, plutôt que sortie de son cerveau de doux rêveur un peu autiste.

Bref... Narrativement parlant, on peut un peu dire que Star Wars s'est arrêté au deuxième film (c'est à dire le V), parfait contrepoint au premier (le IV, faut suivre! :-) )... Y compris pour l'excellente dynamique de groupe, néanmoins si codifiée chez ses personnages qu'elle ne sera jamais retrouvée à l'identique par la suite.
Tout ce qui a suivi, Suite(s) et Prequelles n'étant pas vraiment imprévisibles, à peine plus innovants au niveau de la technicité (car bien d'autres productions de blockbusters ne les ont pas attendu pour ça)... un peu trop "lissée" pour la Prélogie (surtout à une époque où il y avait évidemment plus de gens allergiques aux Effets Numériques les plus "nets"), ne comprenant pas toujours autant de rebondissements suffisamment incroyables pour y remettre en cause chaque épisodes précédents - si ce n'est la critique voilée de l'Ordre Jedi, super cool dans la Prélogie tout en étant d'une raideur conservatrice qui les perdra totalement.
Très très divertissants, quelques jolis moments épiques, et assez intéressants dans ce qu'ils racontent mais de manière moins évidente que dans les deux premiers films.
Et pour Lucas, pas vraiment fan de tout ce qui concerne la réalisation en plateau... c'est bien connu, il semble plus préférer la conception, la post-production, l'auto-révisionnisme sans limite dans une logique flirtant ironiquement plus avec Star Trek (peut-on encore trancher entre Sebastian Shaw et Hayden Christensen pour le fantôme de force d'Anakin à la fin du VI?)...
Et pas en solo, car il y a toute une équipe en recherche de diverses inspirations déjà existantes, derrière lui. Et que John Williams est quasiment le co-auteur de la Saga, ne l'oublions pas...
Pour lui donc, ça s'est arrêté aux 6 films, dont 2 qu'il n'a pas réalisé, en une boucle parfaite résumant tout de même bien son propos de Conte moderne sur la mise en danger des démocraties, et l'espoir résidant dans les petites gens gardant leur libre arbitre.
Au delà, aucun intérêt pour lui pour tout ce qui concerne l'Univers Étendu de sa Saga, à coup de séries tv, romans, comics etc...
Pas son job ça. Plus trop envie, à part un "Clone Wars" en passant... et du coup, quoi de mieux que de revendre à Disney, de se retrouver à nouveau près de Marvel (dont les comics ont jadis bien aidé à initier et cultiver le culte de Star Wars)... et là aussi, boucler la boucle une nouvelle fois. Et continuer à faire de cet Univers un espace un petit peu à part du tout venant des blockbusters du moment (que la Saga a aussi inspiré).
Quitte à ce que ça devienne officiellement une extension d'un... Empire (Médiatique) - Manquerait plus qu'ils nous obligent absolument à ne consommer que leurs produits. Heureusement, ce n'est pas le cas. :-)

Ce qui veut dire laisser le Passé un peu où il est, mais pas trop non plus par respect.
Un nouveau Lucasfilm est né, avec ses propres idées... Et comme jadis pour Lucas, des idées souvent bien radicales, qui ne peuvent pas toujours plaire, Star Wars appartenant aussi à tout le Monde. Et tout le Monde ne peut pas avoir le même regard sur ce qui compose cette Saga, par ailleurs assez ouverte pour y mettre toutes les idées possibles.
Tant pis, le nouveau Lucasfilm, ayant comme visage officiel la productrice Kathleen Kennedy (proche de Spielberg, comme l'est Lucas) et son équipe, se jettent à l'eau avec une série de films qui, depuis 2015, représentent un long programme d'exploration de l'Identité de la Saga Star Wars.
Qui une nouvelle Trilogie, écrite de manière un peu plus moderne (les 3 films sont si proches temporellement, qu'ils forment encore plus une seule et même histoire), sur le passage de relais officiel entre les jeunes et les vieux;
Qui des spin-off "Westerniens", l'un en mode "Film Guerre de sabotage", l'autre comme un "Coming-of-Age Movie" bien sympathique;
Et qui des gros retards au démarrage, par excès d'ambition... Aujourd'hui à peine compensés grâce à des remises en question publiques, et l'utilisation de meilleurs outils (plateforme etc). La Maturité doit s'imposer coûte que coûte, tant mieux pour eux, tant pis pour ceux qui n'ont pas envie d'y croire - ce sont ceux-là qui représentent l'un des plus gros défi à affronter dans notre Époque Moderne.

Et justement, cette Postlogie, à mi-chemin entre les Effets en Dur de la Trilogie, et le Tout Numérique de la Prélogie, mais n'arrivant finalement pas à être totalement fédératrice par ce biais...
Cette Postlogie polarisant une grande partie des extrêmes est un cas d'école d'Événement Ultra attendu et apprécié... qui finit très vite par être rejeté par la partie la plus visible des spectateurs (plus encore que la Prélogie?). Que ce rejet soit sincère ou pas - les excuses de "c'est qu'un remake pour les fans, ça raconte pas assez de détails, j'aime pas les acteurs et la mise en scène de ch'ais pas qui", et on en passe bien pire que ça.
Rien que de très logique pourtant: le premier (le VII) en "soft reboot", pose les bases, y montre que "tout change pour que rien ne change" - les mouvements extrémistes sont voués à resurgir à chaque moments de faiblesse des démocraties... et leurs opposants ne sont toujours qu'une poignée "invisible"...
et le deuxième (le VIII), mi "Pont de la Rivière Kwai" mi "...Liberty Valence", les emmène si loin dans le détournement pour mieux explorer ce qui se passe entre les lignes de la Grande Histoire, que là aussi on pourrait s'arrêter à cet épisode au goût artistique plus satisfaisant... et que l'équipe passant derrière le VIII avait de quoi faire la gueule, vu le travail que ça devait leur occasionner pour rattacher les wagons.

La Saga y fait ce que, peut-être, la Prélogie aurait dû faire à l'époque: se regarder elle-même et ses thématiques récurrentes, droit dans les yeux, de manière plus frontale encore. Pas entièrement de manière consciente, ni à coup de clin d'oeil forcés au public, car là on friserait la parodie (le VIII l'évite de justesse, mais Solo a failli y tomber)...
Mais en montrant ses personnages prendre aussi le temps de s'interroger sur ce que c'est que d'être tel ou tel personnage dans cette Galaxie, de se greffer à telle ou telle Cause... On voit les réalisateurs et scénaristes des films, pas vraiment des artistes ultra connues et révérer, s'interroger en même temps que leurs personnages. Plutôt que d'y rester sur des acquis datant de déjà plus de 40 ans.
- Même pour le Trio Luke, Lei, Han, qui ne peuvent plus agir de la même manière qu'en 1977, 80 et 83 -
Ce qui a fini pour passer pour une sorte de "Fan-Films"... On pourrait même oser dire aujourd'hui, "C'est pas du Cinéma !" ;-)
Comme si le Cinéma n'avait qu'un nombre limité de Formes... et comme si les auteurs les plus indépendants n'étaient pas eux-même dans une démarche assez Nombriliste en ce qui concerne leurs oeuvres les plus personnelles... Ben voyons !! ;-)

JJ Abrams étant un (petit) auteur, homme ordinaire influencé par la Saga, assez fan de Gigantisme, et dont la Thématique principale de ses oeuvres repose sur l'idée d'avoir un groupe de personnes obligés de se diriger vers une réunion collective finale (non sans quelques sacrifices au passage) pour mieux trouver la rédemption et la plénitude... Rien d'étonnant, quoi de plus américain on pourrait même dire de manière étroite.
Alors, reprendre in extremis la tête d'un épisode conclusif, donc forcément assez prévisible dans une partie de son déroulé, est bel et bien une manière de se rassurer, d'arrêter un petit peu de tenter des choses un peu trop exotiques et de tourner autour du pot...
Et d'être plus concret, peut-être plus classique. Moins d'interrogations, plus d'urgence à se précipiter vers un combat final libérateur. Et Au Delà de ça, vers des histoires qui auraient plus de légitimité à être complètement "Différentes".
Si on était chez Marvel (mais ce n'est pas le cas), on pourrait dire que l'on s'achemine ici vers la fin de la Phase I (ou III, si on compte les 2 époques précédentes).

Mais est-ce seulement possible alors que les limites claires de cette Saga font que:
on y aura toujours des héros forcément orphelins...
toujours des pères fouettards (ce qu'on peut considérer comme la traduction de "Dark Vador")...
toujours des vieux qui gardent malicieusement les plus grands secrets de l'Univers...
toujours des vilains cupides qui ne verront jamais plus loin, comme réminiscences du Fascisme - avec une esthétisme générale lorgnant sur les anciennes forces de l'Axe...
toujours la même Mystique Philosophique, avec plus ou moins deux seuls chemins possibles...
toujours des planètes ressemblant entièrement à des territoires bien de chez nous (notre Terre ne possède pas qu'un seul désert ou une seule forêt)...
toujours des casques et/ou des cicatrices, donc de la dissimulation d'identité...
toujours des robots sensibles (faits pour souffrir) et des êtres organiques se robotisant sans trop d'états d'âmes (jusqu'à ce que Finn renverse son destin)...
Et puis, quand le titre donnant son nom à cette Saga ne fait que nous ramener au contexte de "Guerre" ? Est-ce la seule chose vers laquelle chaque être vivant est forcé de se confronter à un ou plusieurs moments de sa vie ?

La réponse est peut-être bien Oui... pour preuve les conflits de fans, entre ceux qui y Croient et ceux qui Non... ceux qui en connaissent vraiment Tous les méandres et contradictions, et ceux qui y voient moins loin... rejouant en fait les mêmes conflits que ceux des protagonistes de ces films:
Esprit contre Matière... Aridité (long paysages déserts) contre Diversité (des aliens en pagaille)... Lumière contre Ténèbres... Fétichisme contre progressisme... Égocentrisme contre Famille...etc. Pas toujours si facile de trancher là dedans, tant Tout et son Contraire y a sa place.
Et de manière plus forte encore dans cette "Trilogie de La Rage", comme on pourrait l'appeler... Avec un bon code couleur Rouge furieux, régulièrement visible pour les 3 épisodes - là où la Trilogie en avait quasiment un différent pour chaque, et la Prélogie de la difficulté a en avoir seulement un...
Rouge déclinant toutefois un peu pour le IX au profit du bleu (souvent dramatiquement foncé, certes) , signe évident que la Réconciliation est au bout du chemin.
Quitte à passer pour d'Ultimes et plutôt faciles retour au sources, à bases de menaces diaboliques, sur-clonées et effrayantes bien connues (et plus rusées que les héros).
Et autres Cycles se répétant pour mieux faire avancer les nouveaux personnages.
Une constante de la Saga dans son obstination à symboliquement imiter la vraie Vie dans une Fiction, chaque événements se répondant sans cesse d'une génération (lointaine ou pas) à une autre, depuis des décennies.

Même l'utilisation plus poussée des possibilités de la Force, jusqu'à un niveau si proche de l'absurde qu'il finit presque par en briser le 4ème Mur de la Fiction en jouant encore plus sur le Montage...
Cela n'a rien de si extraordinaire tant ce MaGuffin aura toujours été l'essence d'un "Ailleurs" Mystique sans limites... le symbole aussi bien de l'Esprit, de la Conscience, que de l'Aventure.
Intéressant travail de Montage d'ailleurs, car à la base d'une bonne partie de l'Axe principal du film, à savoir articuler le destin de certains des personnages à partir de chutes de tournage avec la regrettée Carrie Fisher... sur le VII, déjà tourné par JJ Abrams. Et nous montrant ce qui ressemble à un épilogue plus long de ce VII, ou bien une rencontre précédente Rey/Leia ? - stupéfiant art du Cinéma, qui cache en son sein des tonnes de films au montage alternatif -
Ce mystifiant tour de passe-passe semi numérique (ajouté de certaines promesses de non recréation, oubliées pour 5 secondes) est aussi ahurissant qu'un acte de "Magie" Jedi.
Et donne une part de son intérêt à ce IX, en le voyant être créé à partir du VII, dont il serait une sorte de quasi épilogue personnel pour son réalisateur, après la parenthèse un peu "savoureusement malpolie" de Rian Johnson.
Il y a donc bien des gens avec une tête derrière la caméra, ouf ! :-)

Et... comme toujours, de la maladresse. Comme par exemple ici avec C-3PO qui récupère une storyline excellente, comme rebondissant sur la scène du VI où chez les Ewoks, en narrateur des aventures des héros, il se retrouvait garant de l'héritage mémoriel de Star Wars...
Héritage mémoriel mis en danger dans ce IX... et qui devient ici non dramatique, mais plutôt un running gag génial et doux amer...
Et qui finit par être complètement désamorcé vers la fin du film !?
Incompréhensible qu'une idée pareille ait été si vite sacrifiée. Pourtant, le fan de base aurait pu l'accepter, c'est sûr...
Mais c'est peut-être à cause du caractère "régressif" de cet événement, plutôt que pour ne froisser personne, comme le laisse entendre une bonne partie du sympathique fan Service de de ce film.
Bref, des Ewoks aux Gungans et on en passe de certains moment assez artificiels et trop "gamins" de la Saga... Star Wars n'a jamais pu se comporter totalement de manière sérieuse. Mais c'est une distance que même Hitchcock utilisait dans plusieurs de ces films à suspense, histoire de nous rappeler que ça reste aussi de la Fiction, qu'on n'emportera pas tout le film avec soi une fois sorti de la salle.

Alors, ceci fait, il reste bel et bien dans ce "dernier film" une dynamique de groupe qui se construit enfin, peu à peu...
un gros Rush rempli de grosse Action très satisfaisante (à défaut de plus), souvent émouvante si on a pas trop peur d'être impudique, pour finir les intrigues au plus vite, en bon "épisode 3"... avant qu'il ne soit trop tard pour l'Univers. Car en bonne Moraliste initiée par un Baby Boomer, la Saga parle toujours du Passé pour mieux servir d'avertissement à l'Avenir Proche - ici, mélange de lutte contre la Peur, les Dictatures ré-émergentes, voir même l'Écologie...
Et la fin des interrogations sur la place que les plus jeunes, et "ceux qui sont là pour peu de temps", peuvent prendre maintenant au sein de la Saga... qui des aventuriers rigolos, qui des fantômes bienveillants, qui un attachant enfant perdu qui devra réparer ses erreurs sans être jugé pour autant...
Et qui une Héroïne farouche, en Quête d'Identité et de Réconciliation. Entre ce que l'on désir être, ou ne pas être, le Nom (de famille) en étant la Clé, ainsi que du titre du film..
Sans l'actrice Daisy Ridley, pas de film possible tant elle semble la plus à même de porter ce poids sur ses pas si frêles épaules. Fascinante à regarder évoluer, dans son énergie et son courage souvent désespéré...
"Nous suivrons tes progrès avec attention." :-)

Quoiqu'il en soit, même ça a eu l'air un peu long (5 ans pourtant!), Star Wars est maintenant bien remis sur la Carte Cinématographique. Il existe encore, pour de vrai, pas uniquement dans les souvenirs et les cartes mémoires.
Et il en a encore sous le pied question Aventures inédites filmées (et plus encore en histoires dérivées) pour durer longtemps.

"Star Wars Lives and May Be with You... Always !"
:-D

V
19/01/2020 à 18:59

Petit bilan financier: Disney se félicite du milliard de recettes pour cet épisode 9 (1 002 269 280 $ de recettes pour un coût de 275 millions)..en comparaison: l'épisode 7 a fait : 2 068 223 624 $ pour 245 millions de budget..alors étant chef d'entreprise, des gens qui divisent par deux mon bénéfice en 4 ans, je sais ce que je fais....

Flash
12/01/2020 à 12:42

J'ai finalement vu ce film, je m'attendais à pire, bon ça ne raconte rien mais au moins je me suis pas ennuyer, c'est toujours ça. Maintenant j'espère que Star Wars au cinéma c'est fini, pas envie de me taper une nouvelle trilogie.

Fabulous
10/01/2020 à 09:43

L'épisode 8 "dernier jedi" était le meilleur de la dernière série, car le réalisateur osait faire SON film, avec ses idées, au risque de déplaire. C est la définition même de l artiste, de faire sa création individuelle, et personne n est obligé d y adhérer. Au moins le réalisateur a eu l audace de faire des choix personnels, et d explorer des thèmes certes classiques mais forts. La trajectoire de Luke y est parfaitement logique et cohérente, de dépressif isolé sur sa petite planète, il concentre ses dernières énergies dans un sursaut de volonté et de courage. Le film montre la plongée dans sa propre ombre pour en ressortir plus fort. C est le seul film de la dernière trilogie un tant soit peu subtil et surtout réaliste, dans le sens où tous les êtres humains sont ombre et lumière, ce qui nous permet de sortir de l éternelle lutte du bien contre le mal qu Hollywood nous vend à toutes les sauces...
Je n' ai pas vu le dernier, mais le 7 de JJ Abrams était pathétique par son côté "je refais la même histoire que le classique star Wars pour rassurer et bercer les fans"... Bref, chacun a son avis et a le droit de l exprimer.

Super star
09/01/2020 à 08:06

Depuis Disney a repris j'aime le 6,7 mais il avait des choses bizarres qui mon chauquer et le star wars 9 je suis très déçu il a aussi des choses qui mon chauquer et il ont gâché une scène que tout les fan de reylo ont n'a adoré qu'il s'embrasse mais vous avez mis plus de triste que de la joie ????????????????

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