Astérix : Le Secret de la potion magique - critique qui est encore tombée dedans

Mise à jour : 05/12/2018 16:54 - Créé : 5 décembre 2018 - Simon Riaux

Astérix - Le domaine des Dieux avait surpris le public et la critique, grâce à un humour enlevé, un scénario malin et une réalisation impeccable. Quatre années plus tard, revoici ses artisans, Alexandre Astier et Louis Clichy, aux commandes d’un nouveau long-métrage, Astérix : Le Secret de la potion magique, qui entend jouer avec un des piliers de la mythologie inventée par Goscinny et Uderzo.

Affiche
113 réactions

POTION TRAGIQUE ?

Astérix : Le Secret de la potion magique représente un défi et un privilège pour ses auteurs, puisqu’ils ont obtenu, non pas de s’adosser à des albums existants, ni à des structures définies par les créateurs de la célèbre bande-dessinée, mais bien de bâtir une aventure inédite. Malheureusement, c’est essentiellement là où le bât blesse.

René Goscinny était un scénariste hors-pair, capable d’imbriquer plusieurs niveaux de lecture, quantité de sous-intrigues, tout en préservant une ligne narrative claire et un tempo irréprochable.

 

photoL'heure d'un grand changement ?

 

Malheureusement, Clichy et Astier ne parviennent pas toujours à émuler cette rigueur discrète, et offrent un récit un peu plus lâche que Astérix - Le domaine des Dieux qui donne parfois le sentiment d’assister plus à une collection de saynètes ou de gags, qu’à un récit vraiment tenu et porteur d’enjeux.

La faute peut-être à une structure qui éloigne un peu trop Astérix et Obélix du cœur de l’intrigue, et propose des nouveaux venus aux mérites discutables (Sulfurix évoque bien trop le Prolix du Coup du menhir, et le film reste globalement dans son ombre).

 

photoUn méchant qui en rappelle d'autres...

 

De même, techniquement, tout n’est pas parfait. La charte graphique lumineuse et colorée du domaine des Dieux paraît ici un peu plus fade, plus télégénique. Un petit pas en arrière, quand le film précédent réussissait le tour de force d’allier le style d’Uderzo à la folle souplesse de l’animation numérique. L’animation justement, est quant à elle irréprochable, et remarquable de fluidité.

 

OU FRICTION MAGIQUE ?

Mais qu’on ne s’y trompe pas, Astérix : Le Secret de la potion magique est bien loin d’être un échec. Alexandre Astier et Louis Clichy n’ont peut-être pas pu retrouver l’état de grâce de leur précédente alliance, ils nous proposent néanmoins une aventure haute en couleurs et souvent hilarante, comme en témoigne la partition de Christian Clavier, qu'on n'avait pas connu si drôle depuis un bon moment.

 

photoUn duo de héros moins présents qu'à l'accoutumée

 

On retrouve la patte évidente du créateur de Kaamelott, qui signe une nouvelle fois des dialogues dont la rythmique provoque l’admiration du spectateur, quand elle ne vrille pas les zygomatiques. Certaines scènes se paient même le luxe, à l’instar des réunions avec les autorités druidiques ou des auditions d’apprentis, de se reposer quasi-exclusivement sur sa science des dialogues et son art du décalage.

Mais Alexandre Astier n’est pas simplement un façonneur de répliques, il sait également mêler, comme le firent des décennies plus tôt Uderzo et Goscinny, différents niveaux de langage filmique et différents totems culturels, n’hésitant pas ici à greffer des héritages venus notamment de l’animation japonaise. Autant de qualités, qui permettent à Astérix : Le Secret de la potion magique de s’imposer comme un divertissement plaisant.

 

Affiche française

Résumé

Cet épisode ne retrouve toujours pas la cohérence et la célérité du Domaine des Dieux, mais Louis Clichy et Alexandre Astier concoctent néanmoins un spectacle enlevé et souvent tordant.

commentaires

Nick 07/12/2018 à 12:47

Excellent! Très drôle et très inventif, des idées multiples à chaque scène, un scénario qui tient la route et le méchant est réussi!
Formidable!!

MichMich 06/12/2018 à 13:06

Les acteurs français les plus reconnus ne sont absolument pas des doubleurs, il y a un tel décalage dans le ton, l'intensité que ça ruine beaucoup d'effets (pour les plus regardants). Par ex l'Age de Glace avec Cassel et Lanvin est catastrophique à mes oreilles. Clavier ici à ce que j'ai entendu n'est guère mieux. Après ils assurent la promo donc la visibilité c'est l'essentiel vous me direz...Mais je reste persuadé que c'est un métier bien différent de celui d'acteur de cinéma (ex: Luq Hamet), malheureusement disparu.

Zanta 06/12/2018 à 12:59

Premier film basé sur une idée originale depuis la meilleure adaptation ciné, il y a 40 ans, "Les 12 Travaux", co-réalisé par les maîtres Goscinny & Uderzo eux-mêmes. (La trilogie produite par Gaumont International durant les 80s suit de près).
Ca fout la barre sacrément haut.
Le Domaine des Dieux, c'était très joli à regarder, mais pas très drôle.
C'est le même souci ici : des belles images, mais on sourit seulement de temps en temps, et on est même un peu gêné par un final évoquant l'horrible album 33 de la série officielle.
Dommage.
Il reste qu'Aster sur Astérix, ça reste une très bonne idée de producteur.

Stridy 06/12/2018 à 07:27

Clair que Clavier est beaucoup trop reconnaissable. Ce n'est vraiment pas un doubleur...

Heureusement qu'Asterix est en retrait dans le film.

Plisken59 05/12/2018 à 20:19

Perso, à chaque fois que j'entendais Astérix parler, j'avais l'impression que ce n'était pas sa voix, comme regarder un film non-francophone en VF.
Et on ressentait vraiment que c'était Clavier, et pas Astérix, comme s'il n'arrivait pas à devenir le personnage. (mais ça c'est le problème des acteurs dans le doublage)

Simon Riaux - Rédaction 05/12/2018 à 18:54

@Okay

J'ai trouvé que Clavier faisait bien le taf, même si, évidemment, on ressent forcément un petit pincement nostalgique...

Number6 05/12/2018 à 18:54

Me doutait bien qu'il y aurait un peu bcp du coup du menhir dedans. Me tarde de le voir quand même

Okay 05/12/2018 à 18:10

Le doublage d'Astérix étant différent du précédent cela ne vous a pas dérangé plus que ça? On s'habitue rapidement?

Birdy 05/12/2018 à 17:45

Moi je salue la décision de revenir à une version dessin animé, la seule qui rende justice ( bon le Chabat était top aussi ) à cet univers unique. le Domaine des Dieux était magistral, ils ont eu 1000x raisons d'enfoncer le clou.

votre commentaire