Cold War : critique chaude, mais pas trop

Simon Riaux | 24 octobre 2018 - MAJ : 24/10/2018 16:29
Simon Riaux | 24 octobre 2018 - MAJ : 24/10/2018 16:29

Quatre ans après IdaPaweł Pawlikowski revient avec un nouveau mélodrame en noir et blanc, Cold War, qui est reparti du Festival de Cannes 2018 avec le convoité prix de la mise en scène. Ce chassé croisé amoureux sur fond de guerre froide marque-t-il une nouvelle étape dans la filmographie du cinéaste ?

RIDEAU DE FIER

Entre la Pologne stalinienne et le Paris des années 50, un homme et une femme, un musicien et une chanteuse, s'aiment, se quittent et se pourchassent pendant une quinzaine d'années. Voilà pour le point de départ d'une grande histoire d'amour, portée par les excellents Joanna Kulig et Tomasz Kot. Mais si, sur le papier, la Croisette tenait là un parfait prétendant à la gloire palmée, Cold War ne semble pas toujours savoir sur quel pied danser, ni quelle mélodie nous jouer.

Ordonné autour d'un système d'ellipses complexes, et pourtant arraisonné à son duo de personnages, le récit hésite entre l'élan biographique qui le meut profondément (le couple est issu du souvenir qu'a le réalisateur de ses parents) et la description romanesque des conséquences sur l'âme humaine d'un régime politique totalitaire. Ainsi, pour brillamment écrits que soient les sauts temporels, ils viennent régulièrement gâter des soubresauts sentimentaux sur le point d'embarquer le spectateur. Et réciproquement, la toile de fond politico-historique est, ici ou là, bazardée au profit de retrouvailles ou de disputes impossibles.

 

photoTomasz Kot et Joanna Kulig

 

GUERRE ROIDE

Pour autant, Paweł Pawlikowski est bien loin d'avoir perdu son talent, qui semble par endroit plus aiguisé que jamais. Ainsi, il orchestre toujours avec une justesse sidérante la répartition de ses protagonistes dans le cadre, se passionne pour le moindre de leurs mouvements et pour ce que chaque geste signifie des jeux de pouvoir auxquels chacun se livre. Ici un corps disparaissant derrière une dune, là une inflexion nerveuse, chaque seconde est magnifiquement captée, et compose une image somptueuse.

Le metteur en scène n'a pas retrouvé le chef opérateur d'Ida, préférant entamer une collaboration avec Lukasz Zal. Ancien chef machiniste, il provient d'un corps de métier dont la précision chirurgicale de chaque mouvement d'appareil fait office de dogme. Et ce n'est évidemment pas un hasard s'il compose dans Cold War de véritables chansons de geste, tour à tour délicates, fiévreuses ou impétueuses. Peu importe dès lors que le scénario n'ait pas su trancher entre tragédie politique et amours contrariés, le film, en s'entichant de son propre tournoiement, recèle assez de profonds mystères pour qu'on l'adore un peu.

 

Photo Joanna KuligUne voix que vous n'oublierez pas...

 

Et il faut bien tout ses talents conjugués pour faire un peu oublier combien l'ouverture et l'épilogue alourdissent ce qui se voudrait une fresque. C'est peut-être là d'ailleurs la véritable erreur du métrage, qui se préfère fabriqué, maîtrisé à en devenir maniériste, plutôt que de suivre les énergies éclatantes qui le traversent. En l'état, Cold War a des airs de film de festival type, tel que le cinéphile en croise une bonne quinzaine chaque année, à la technicité aussi rôdée qu'inoffensive.

 

Affiche

Résumé

Malgré quelques scories narratives qui l'empèsent, Cold War se déploie avec une grâce visuelle admirable.

Lecteurs

(3.5)

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commentaires

Oscar
27/10/2018 à 11:27

Mais qui est l'auteur de cette critique mal écrite, boursouflée, prétentieuse, en bref, du charabia. ?
"le film, en s'entichant de son propre tournoiement, recèle assez de profonds mystères pour qu'on l'adore un peu". "la technicité aussi rodée qu'inoffensive" etc, etc
C'est quoi, une parodie ?

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