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Extinction : critique apocalyptwist

Par Alexandre Janowiak
31 juillet 2018
MAJ : 28 octobre 2018
16 commentaires

Après avoir nous avoir séduit l’été dernier avec son petit film de kidnapping Love Hunters, Ben Young revient avec un film de science-fiction : Extinction. Produit par Universal, le film devait d’abord sortir en salles. Finalement, le plus vieux studio de production et de distribution des Etats-Unis a vendu les droits de diffusion à Netflix. Résultat, le long-métrage avec Michael Peña et Lizzy Caplan a débarqué sur la plateforme. Mauvais signe ?

Affiche

LA GUERRE DU MONDE

Peter est un ingénieur au quotidien plutôt banal, vivant avec sa femme et ses deux filles dans une résidence pavillonaire. Cependant, Peter a des cauchemars récurrents où il voit la planète se faire détruire par des envahisseurs extraterrestres, qui ne manquent pas de décimer sa famille. Convaincu que ce ne sont pas uniquement des rêves mais bien des visions du futur, Peter essaye de prévenir son entourage, en vain.

Jusqu’au jour où, comme il l’avait prédit, des vaisseaux débarquent et commencent à massacrer la population terrienne. Peter va alors tout faire pour protéger sa famille de l’envahisseur.

 

photo, Lizzy CaplanUn couple qui ne se comprend plus

 

Extinction est doté d’un pitch plutôt classique. A peu de choses près (les visions de Peter), il s’agit là d’un simili Guerre des mondes où un père absent va se transformer en protecteur d’une famille qui le rejetait plus ou moins. Sauf que là où La Guerre des mondes installait très rapidement une ambiance hostile pour instaurer la future confrontation avec les extraterrestres, Extinction joue bêtement avec la véracité des visions de son personnage principal et met une bonne vingtaine de minutes avant de réellement démarrer.

En résulte une succession de séquences inintéressantes sur le couple, la famille, les cauchemars de Peter, les doutes qui en découlent… le tout composé de dialogues profondément mauvais. Ces vingt premières minutes sont d’ailleurs si banales et mal écrites que les acteurs ont bien du mal à déblatérer leur texte dignement. En tête de cortège, une Lizzy Caplan foutrement guindée dans ce premier acte.

 

photo, Lizzy Caplan, Michael Peña« Joue l’étonnement Lizzy ! Non, l’étonnement Lizzy, j’ai dit ! Bon, ok on garde quand même »

 

APOCALYPSE…

Si la première partie est donc terriblement ennuyeuse, le deuxième acte du film de Ben Young ne bénéficie pas non plus de grands atouts. Le cinéaste qui nous avait offert un thriller de kidnapping terriblement angoissant en 2017 avec Love Hunters, n’arrive jamais à créer une véritable tension durant l’invasion qui compose cette deuxième partie.

Première raison évidente, les personnages insipides du long-métrage. Qu’il s’agisse du duo principal interprété par Lizzy Caplan et Michael Peña, des personnages secondaires joués entre autres par Mike Colter (Luke Cage), Lex Shrapnel et Emma Booth ou encore des deux jeunes gamines totalement insupportables, aucun d’entre eux n’est caractérisé correctement. Une mauvaise mise en place qui empêche tout attachement et donc toute inquiétude ou empathie envers cette famille.

 

photo, Lizzy Caplan, Michael Peña« Madre de dios, ils sont juste là »

 

De plus, la mise en scène très classique de Ben Young est pauvre, voire lacunaire à certains moments. Subissant un budget terriblement étriqué, le réalisateur essaye tant bien que mal d’user le moins possible d’effets spéciaux, sans y parvenir. Des visuels totalement ratés (bâtiments enflammés, tirs lumineux), une utilisation défectueuse des fonds verts (un ou deux plans sont mal détourés !), des décors minimalistes (deux misérables morceaux de gravats ici et là)… le film collectionne les effets cheaps désespérants.

Et au-delà de ça, le cinéaste n’est d’ailleurs pas aidé par le récit en flashbacks, qui noit le spectateur dans les pensées ou souvenirs du personnage de Michael Peña, et oblige à un montage décousu provoquant un rythme très plan-plan et peu attrayant.

 

photo, Michael PeñaMichael Peña dans Extinction 

 

… TWISTER

C’est finalement dans son dernier acte, à une bonne demi-heure de la fin du récit, qu’Extinction se montre enfin intrigant. Le scénario d’ Eric Heisserer (Premier contactDestination Finale 5) joue d’un twist, peut-être mal amené, mais vraiment inattendu. En effet, cette révélation bien dissimulée dans l’intrigue (et dont on ne dira rien ici) déconcerte suffisamment pour relancer le long-métrage. 

Si ce twist n’empêchera pas le film de se conclure sur une fin banale et clichée (dans une séquence aux effets spéciaux que Paint ne renierait pas), il permettra au moins de rebattre les cartes jouées jusqu’ici et de donner une nouvelle perspective sur l’invasion subie par les terriens.

 

Affiche

Rédacteurs :
Résumé

Extinction manque clairement d'identité. Si le gros twist du métrage est bienvenu, inattendu et relance un minimum l'intrigue, il ne permet pas au film de redorer son blason déjà bien usé.

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Andarioch

Arf, z’êtes durs quand même, d’autant que certaines faiblesses que vous pointez du doigt me semblent entrer en résonance avec le twist.
Bon, forcement, je ne peux pas développer…
Reste ceci dit une évidence concernant le manque de moyens, tout à fait préjudiciable au film.
C’est vrai qu’on est plus près du bon téléfilm, divertissant et roublard, que du grand film de SF.

FredDoBrasil

Petite précision: le film est très court (genre moins de 1h30 hors générique). Ce qui permet donc de se laisser aller sans trop de regret. Effectivement c’est pas de la grande SF, les combats sont confus au possible, les acteurs font sourire quand on devrait compatir… mais perso je conseille aux fans hard core de SF comme moi qui vont prendre plaisir à se demander ce qu’un bon réal aurait pu faire avec cette idée unique au centre du film.

Thierry

Pas si mal, et même plutôt très bien, compte-tenu apparemment des faibles moyens financiers engagés dans ce film. « Extinction » est même bien mieux que « Skyline » par exemple (à noter au passage l’excellent « Beyond Skyline »….). Le twist/coup de théâtre final est excellent et en phase avec nombre de thèmes et données majeurs qui parcourent notre société. Netflix a fait une bonne affaire ici, ou du moins le bon choix (à noter une mise à jour ce jour de l’interface Netflix, avec une nouvelle façon de naviguer…./ à noter aussi que Amazon Prime Video a quand même finalement amélioré son interface aussi….).
Aussi, et comme toujours et de plus en plus souvent, merci Netflix pour ce bon film. :))

Greg

Je plussoie cette critique. Vu hier soir, c’est exactement ce que j’ai ressenti. Insipide.

MisterM

laissez moi deviner … le mec est un ET ou un hybride ou un enlevé qui a un implant … bref, en lien avec la source de ses cauchemars … tout est donc à jeter … dommage