Star Wars : Les Derniers Jedi - critique de Porg

Simon Riaux | 12 décembre 2017 - MAJ : 21/11/2019 16:17
Simon Riaux | 12 décembre 2017 - MAJ : 21/11/2019 16:17

2 ans après son retour sur les écrans, la saga Star Wars a achevé de se normaliser. Après deux succès planétaires colossaux, Disney a officialisé la mise en chantier d’une nouvelle trilogie et nous dévoile aujourd’hui Les Derniers Jedi, huitième épisode canonique dont on ne sait trop si le titre indique une liquidation de l’héritage de George Lucas ou une tentative de le ré-enchanter.

DARK VICIOUS

Si Le réveil de la Force a précipité des millions de spectateurs dans les salles obscures, pour nombre de fans de la première heure, J.J. Abrams a commis un crime de lèse-majesté en emballant un quasi-remake d’Un Nouvel Espoir. Si l’ire des fans hardcore, parfois désireux de s’acheter un diplôme de gardien du temple à peu de frais, est à relativiser, on sait Disney extrêmement attentif à l’écume numérique générée par ce type de réactions, virales et virulentes. Dans ce contexte, le choix de Rian Johnson pour mettre en scène Les Derniers Jedi se révèle extrêmement intéressant.

 

Photo, Daisy RidleyDaisy Ridley

 

Avec Brick, faux teen movie aux airs de film Noir extrêmement cruel, puis Looper, faux film de SF se métamorphosant en western Fordien, Johnson a prouvé qu’il était un maître du faux semblant, un cinéaste capable de travailler le fond comme la forme de ses créations pour mieux en faire de singuliers pièges esthétiques. Un artiste tout indiqué donc pour s’emparer d’un héritage dense et révéré, tout en l’amenant discrètement à muter, à se transformer.

L’espièglerie de Johnson peut ici prendre toute sa mesure, et ce, dès l’ouverture des Derniers Jedi, où il offre l’occasion à Poe Dameron (Oscar Isaac) de se payer admirablement la tête de L’Empire, au cours d’une introduction simultanément hilarante, spectaculaire, empreinte d’une belle gravité et d’un sens du tragique déjà apprécié dans Rogue One. Après dix ébouriffantes minutes, Star Wars semble sur le point d’amorcer une mue inattendue en embrassant les thématiques d’une époque bien plus ambiguë et complexe que lorsque George Lucas orchestra sa première confrontation stellaire entre la Lumière et le Côté Obscur.

 

Photo Mark HamillLe retour du plus légendaire des Jedi

 

POLITIC WARS

La suite du film viendra le confirmer, l’ambition de Rian Johnson était bien d’amener la série à épouser notre époque, altérer son ADN pour en faire plus qu’une simple madeleine de Proust. En témoigne sa volonté –pertinente – de questionner le bienfondé des actions de ses protagonistes. Que vaut une action héroïque si elle est synonyme de lourdes pertes ? Qui est l’ennemi, de L’Empire ou des riches industriels qui le fournissent (ainsi que les Rebelles) en armes ? Autant d’interrogations qui viennent nuancer la portée des actes de chacun et remettent un peu en perspective les ressorts narratifs du film.

 

Photo Kylo RenKylo règne

 

De même, le réalisateur a truffé son film de facéties appréciables, reposant essentiellement sur de purs procédés de mise en scène. Qu’il joue de la perspective pour maquiller un fer à repasser fumant en vaisseau impérial, ou manipule les échelles pour déformer le sens initial d’un plan, Johnson électrise fréquemment ses scènes les plus banales sur le papier. De même, il se révèle totalement à son aise face aux divers éléments comiques, en témoigne son utilisation des fameux Porgs, toujours drôles, ou encore l'irruption d'une scène de traie parfaitement surréaliste.

Et c’est dans la dernière demi-heure du film que l’artiste semble avoir concentré tous ses efforts. À la faveur d’un double climax qui rassemble tous les protagonistes de l’aventure, il s’efforce à la fois de revisiter quantité de dispositifs dramaturgiques et de scènes mythiques de la saga en essayant de déjouer leurs enjeux attendus. La plus grande réussite de ce dernier acte est sa capacité à offrir plusieurs images étourdissantes. Qu’il s’agisse d’un casino à la décadence mordorée sortie de Final Fantasy, de speedsters transformant un désert de sel calciné en damier rougeoyant évoquant le sang versé par les combattants, d’un bâtiment spatial aux entrailles déchirées par une cataracte de lumière, Rian Johnson parvient ici et là à s’affranchir de la charte graphique que J.J. Abrams respectait trop scrupuleusement, avec une réussite parfois renversante.

 

teaser trailerLa Résistance n'est pas au mieux de sa forme

 

YODADA SUR MON BIDET

Malheureusement, ces fulgurances formelles arrivent bien trop tard, et les pas de côtés thématiques s’opèrent trop timidement pour permettre aux Derniers Jedi de devenir autre chose qu’un exercice soigné. Le film reste le prolongement industriel de luxe de la cascade de créativité qui présida à la trilogie originale. La faute à un scénario bien trop lourd, qui joue la montre en permanence, quand il n’expédie pas certaines de ses sous-intrigues avec une inconséquence difficilement compréhensible.

Ainsi, l’arc narratif qui occupe une bonne moitié du film, à savoir la guerre d’usure entre la flotte Rebelle et l’armada du Général Hux, manque cruellement de vie et de nervosité. La faute en revient entre autres à de nouveaux personnages : le Vice Amiral Holdo (Laura Dern), aussi lourdement écrit que dispensable,  et la technicienne interprétée par Kelly Marie Tran, supposée remplir le rôle de Geek Next Door attachante. Enfin, le traitement de Leïa, s’il déjoue certains enjeux attendus, s’avère d’un mauvais goût problématique au détour d’une scène aussi approximative techniquement que tirée par les cheveux.

 

teaser trailerDès son ouverture, Rian Johnson y va à fond

 

Et on touche là au cœur du problème, en germe depuis l’épisode précédent, et contre lequel Johnson, en dépit de son talent, ne peut pas grand-chose : la caractérisation des personnages. Heureusement, Mark Hamill déroule un numéro parfaitement huilé, véritable puit de charisme et parfait écho aux émotions que son rôle ainsi que son retour ne peuvent manquer de charrier. Mais il est un des seuls à tirer son épingle d’un jeu incroyablement pauvre. Rey est toujours cette page blanche dénuée de tout semblant de psychologie ou d’enjeux personnels, Finn s’accroche au récit avec l’élégance d’un chewing gum collé à un bréviaire de messe, et les élucubrations de ce petit monde ne sont le plus souvent supportables que grâce à quelques  gags réussis mettant en scène un bestiaire délirant.

 

teaser trailerUn des jeux de couleurs les plus intéressants de la saga

 

MISSION JEDI

On remercie Rian Johnson de nous réserver quelques réelles surprises alors que son intrigue monte enfin en puissance. Mais à bien y regarder, aucune n’est porteuse de sens, ou n’apporte de modifications concrètes au déroulé attendu de cette nouvelle trilogie. C’est en effet avec une pure logique sérielle (certains twists semblent issus directement d’un épisode de Mission : Impossible) que le metteur en scène aborde les articulations de son récit. 

Chacun de ces retournements apporte son lot de plaisir, mais ce dernier s’efface malheureusement presque instantanément pour permettre au récit de retrouver les rails narratifs éculés de la saga. Attention, Les Derniers Jedi ne joue pas aussi franchement la carte du remake que Le Réveil de la Force, loin s’en faut. Mais le spectateur, à la manière d’un joueur sachant compter les cartes, décode rapidement le jeu du metteur en scène, qui  distribue des cartes déjà connues du public, dans un ordre légèrement différent.

 

teaser trailerLe Faucon est toujours là !

 

Star Wars : Les Derniers Jedi est un blockbuster soigné (en dépit d’effets spéciaux parfois désastreux, lors de la séquence à Canto Bright notamment), qui s’efforce continuellement de maintenir un certain niveau qualitatif, lequel s’exprime pleinement lors d’un très beau final, éminemment épique. Toutefois, ce nouveau chapitre souffre d’un rythme souvent déficient, quand il n’est pas purement anémique, et ses pirouettes censées consacrer son originalité soulignent paradoxalement combien il échoue à renouveler l’imaginaire de la saga.

 

Affiche française

Résumé

Pensé comme le miroir du Réveil de la Force, Les Derniers Jedi lui est esthétiquement supérieur, et séduit notamment grâce à un puissant final. Mais le film pêche par un manque flagrant de rythme et d’ambitions narratives.

Autre avis Geoffrey Crété
Ni désastre absolu, ni réussite flamboyante, Les Derniers Jedi est un épisode qui souffle le chaud et le froid, entre une mise en scène inspirée et un scénario bancal. Comme l'impression que tout ça manque d'un bon pilote à bord, qui a une destination puissante en vue.
Autre avis Alexandre Janowiak
Esthétiquement magnifique, joliment réalisé et offrant de superbes moments épiques, Star Wars : Les Derniers Jedi pêche indéniablement sur sa durée, son cruel manque de rythme et sa manie de combler le vide par du simpliste.

Lecteurs

(3.0)

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commentaires

Teeboo
05/02/2020 à 21:32

Il y a des similitudes entre la trilogie originel et la troisième trilogie ça se sent vachement quand Kylo Ren livre Rey à Snoke. C'est pour moi la même scène que lorsque Dark Vador livre Luke Skywalker à l'empereur Palpatine. Surtout quand Rey essaie de convertir Kylo. Ce ne serait pas Johnson ni Abrams qui en aurait eu l'idée. Georges Lucas est un génie à côté d'eux. Abrams et Johnson ont fait un relais par manque d'idées. A l'origine JJA et RJ rêvaient de réaliser du Star Wars et évidemment c'est raté. A cause de ce soir ils se sont plantés je crois et ont détruit le mythe Star Wars qui était immensément riche. Au départ je ne pensais pas qu'on se permette de réinventer Star Wars et JJA et RJ l'ont malheureusement fait.

Flo
31/01/2020 à 13:20

Star Wars… mais pas les Derniers J’te dis !!!!!!!! ????

Déjà, assénons-le tranquillement: Star Wars, ça a toujours été « du Disney » dès le début. Le pendant des productions de tonton Walt, mais dans son versant SF/Guerre/Western quasi jamais exploité par eux. Commercial, là pour propager de bonnes valeurs essentielles pour les enfants (cible principal de ces films). Mais surtout, en profitant aussi pour faire avancer la technique cinéma, en supprimant de plus en plus la frontière entre réel et imaginaire.
La Trilogie a « inventé » le système blockbuster moderne; et la Prélogie l’a confirmé sans plus être seule et unique, la faute à une concurrence bien plus présente. Donnant le « La » dans l’innovation des SFX comme dans les dérives publicitaires: des épisodes annoncés des années à l’avance… forcément l’évolution du fandom ne peut entraîner que dérives par rapport à ceux qui ont eu le temps de se faire leur propre avis sur ce que devaient être ces fameuses suites. D’autant qu’avec l’arrivée d’Internet, on l’a eu cette fameuse « Force » qui vous entoure, qui permet ce qu’on veut… Et qui a bien sûr son coté Obscur, plus rapide, facile, séduisant…

D’où un VII bien fichu et tonique il y a deux ans, mais vite assimilé comme « mauvais » car n’ayant plus rien à prouver techniquement. Si ce n’est d’avoir la tâche herculéenne de développer un coté plus humain, moins centré sur le développement poussé d’univers, l’Ultra Contexte etc…Dans un monde de médias qui se déshumanise bien trop.
C’est bien assumé que la saga ne pouvait revenir sans interroger son fandom au sein même du récit. Et la critique, ne se formalisant pas sur le cinéma de JJ Abrams, ses histoires de héros confrontés à une ascendance/descendance douloureuse, à exorciser (ça, c’est pour le coté Auteur, bien présent)… la critique de trop de se focaliser bien facilement sur un coté « remake » du IV (mais du V aussi)…
Alors que, dans les faits, à part quelques rares exemples (la trilogie du Dollars, le V bien sûr, quelques Batman), on peut démonter en un clin d’œil cet argument..: Toutes les suites de films Sont des Remakes, reprenant des scènes et enjeux à l’identique. Car Tout n’est que recommencement. Qu’est-ce que ça a d’extraordinaire et d’horrible ? Rien du tout, et surtout pas quand on nomme ces films « Épisodes… »

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Alors oui, on peut ainsi dire de même du VIII: il y a bien du V et VI dedans.
On y a une évacuation de Rebelles in extremis et une planète toute blanche… mais ici transformés en enjeu central;
On y a un film qui essaie de rebattre les cartes du film introductif, de nous la jouer un peu à l’envers. Jusque dans l’humour, que certains (NoCiné par exemple?) assimileront à de « l’Humour Marvel »… comme si c’était eux qui l’avait inventé avant tout le monde, mis le copyright dessus, pfff… et mon cul c’est du Porg ? ????
Tiens ben justement, on y a des simili Ewoks avec ces fameux Porgs (les peluches de ce Noël). Mais utilisés ici pour parasiter les scènes, ils ont un coté plus cocasse que navrant. Pas très loin de ce qu’étaient les Chiens de Prairies au début de Indiana Jones 4.
– Toute cette drôlerie étant là pour alléger un film ayant une ambiance générale très dramatique, rien de honteux là dedans –
On y a le vieux sage enseignant en ermite crado, mais traité ici de manière surprenante;
On y a Benicio del Toro/DJ qui est une sorte de Lando Calrissian, mais à l’envers;
Comme « prévu » pour les méchants, Snoke y est bien un Palpatine bis sorti d’on ne sait quel enfer, mais avec lequel Rian Johnson n’a clairement pas d’affinité (ce qui n’est pas trop grave). Pas plus qu’avec une Phasma limite en caméo cool à la Bobba Fett. Au moins, Hux y devient un comic relief savoureux. ????

On pourra aussi noter les fameuses références extérieures, à Un Homme de Fer de Henry King donc, pour le coté martial; les conflits internes de ce groupe de soldats sous pression et pris dans une guerre où aucun avantage stratégique n’arrive à point; où chaque décision risquée est un coup de poker pouvant ne déboucher sur aucun miracle immédiat, mais sur une catastrophe; où les chefs (Leia et l’intéressant personnage de Laura Dern en vice-amirale Amilyn Holdo) doivent composer avec le choix impopulaire de laisser mourir beaucoup de monde pour n’en sauver que quelques-uns… En fait, même si cette espèce de course-poursuite avec le temps peut faire penser à Battlestar Galactica, on est presque dans une suite thématique à Rogue One !
– Ah oui, et un petit clin d’œil au Parrain (il y en avait déjà un dans le III) à la fin: « Spoiler » qui ferme la porte à « Spoiler », c’est comme Michael Corleone qui fait de même avec Kay ???? –

Voilà, ça c’est fait, mais heureusement il y a bien plus derrière. Et Joie ! Lucasfilm ne renie pas le VII, et confirme donc leur développement d’archétypes rebattus, qui évoluent vers des êtres complexes et métaphoriques. Ou plutôt, qui arrivent à être tout ça à la fois:

Daisy Ridley/Rey et Adam Driver/Kylo Ren sont donc narrativement parlant une sorte de Yin et Yang de la Force, OK… mais le plus important, c’est qu’ils explicitent de plus en plus leur caractérisation première – à elle d’être une jeune femme voulant être maîtresse de ses actes/fan des héros au gros potentiel… à lui de continuer d’être un cosplayer hargneux qui rejette tous ses maîtres pour embrasser la révolution la plus violente qui soit. Deux personnages énergiques, embrassant ici complètement leur statut. Mais qui l’ont choisi seuls.

John Boyega/Finn est toujours « le gus normal », l’ex esclave pris au milieu de la folie, faisant profiter surtout de ses quelques connaissances tactiques, rôle qu’il partage avec Kelly Marie Tran/Rose Tico. Ensemble, il sont toujours le reflet du spectateur ayant du recul sur cet univers, et d’autant plus attachants.
On les remercie au passage d’avoir explicité, le temps d’un passage « détonnant » sur un Monte-Carlo de l’espace, la Vérité sur la Guerre: elle ne cesse d’exister car elle est aussi une des force monétaire qui gouverne le monde.
On pourra même, si on le veut, faire le parallèle facile avec une franchise « sans fin » comme Star Wars, ne cessant de revenir parce que ça rapporte à Hollywood, autant que parce qu’on en a sentimentalement besoin;

Oscar Isaac en Poe Dameron reste un peu le seul héros pur et dur, casse-cou, mais dont on sent qu’il n’aura peut-être pas toujours sa place. On dirait souvent qu’il attend « son » heure… une fois disparu les anciennes gloires;

Càd Carrie Fisher/Leia Organa, enfin bien plus crédible en Générale, retrouvant plus de son sens de l’humour sarcastique… et nous faisant une grande frayeur au passage, en plein milieu du film. Il est évident que trop de scènes avaient été tournées avec elle pour que l’issu de ce moment soit inclus. D’une certaine manière, comme il y est dit ici par Luke « Rien ne finit vraiment » pour elle.

Et justement, Mark Hamill en Luke est le personnage dont on dit beaucoup qu’il remporte le plus gros morceau du film. Et lui aussi, le plus métaphorique: que dire sur un personnage dont on ne cesse d’attendre qu’il « redevienne Luke Skywalker » ? Que ce moment est bien sûr passé depuis des lustres, que les choses ne se sont pas passées vraiment comme on l’aurait cru… qu’il y a eu de la souffrance à n’être assimilé que comme le joyeux sauveur de la galaxie, que l’isolement total a pu le servir comme être un trop grand prix à payer. Qu’il ne faut pas se contenter de regarder en arrière, ou de craindre le futur, mais essayer aussi d’agir dans l’instant (ce que Qui Vous Savez lui assène, dans un moment très insolite, surtout visuellement).
Jusqu’à un final incroyablement « bluffant », même si spoilé trop tôt à cause d’un fichu sabre (mais symbolique). Où la frustration de voir Luke montrer « qui est le Boss » d’une manière si particulière reflète surtout le fait que, in fine, Star Wars ne s’est pas trahi. Là, pas d’équivalent de Yoda bondissant comme un super héros ou une créature japanim’, façon final du II et du III, moment d’action excitant mais qui est presque aussi banalisé aujourd’hui que ne l’est Star Wars… Mais quelque chose qui fait « plus Jedi que Jedi », le coté Moine Sage. Et restant ultra classe, jusqu’au moment surprenant et émouvant où la boucle est bouclé avec le IV.

Et voilà comment Les Derniers Jedi emporte le tout. Pas seulement grâce à une direction d’acteur toujours très bonne; un script un peu plus « rentre-dedans » bien qu’avec un trop plein de trames narratives à divers moment (ça aurait aussi pu se finir avant d’arriver sur la dernière planète); et osant la critique distanciée de la saga (comme les derniers Thor et Justice League ont pu le faire d’ailleurs); encore plus d’effets de mise en scène et de stylisation – dont une couleur Rouge vif très présente depuis le VII (doit-on appeler ces films la Trilogie du Sang? de la Colère?) – quelques moments bien épiques; une musique de John Williams dont les nouveaux thèmes restent à tomber…
Mais aussi parce que le réalisateur derrière continue à exister. Exit les Kershner et Marquand aux ordres de Lucas. Après JJA, Rian Johnson (amenant son producteur Ram Bergman avec lui) montre qu’il a des choses à dire et à montrer, en toute synergie avec Lucasfilm par rapport à certains loupés récents. Et le film d’amener une émotion immense dans un final convoquant,comme ultime référence extérieure à la saga… L’Homme qui tua Liberty Valence de John Ford. Où comment créer du mythe à partir d’un pieux mensonge, pour inspirer de l’Espoir au monde.
Ce petit garçon qui voudrait être (qui sera?) un Jedi, c’est lui ? Ou ce sont ceux qui vont découvrir ce film maintenant ? Ou bien c’est nous, qui devons nous rappeler de cette émerveillement ?

Mais Oui, comment enchaîner derrière un final si proche de la perfection, si auto-contenu ?? JJA, certes, ira fermer la marche de ce qu’il a entamé avec le VII, et ses plot holes.
Mais ne devrait-on pas aussi prendre ce VIII comme « l’Épisode Pilote » de la future trilogie de Johnson ?
En tout cas, l’avenir de la franchise semble avoir de beau jours, si c’est pour avoir de tels films, et de telles histoires de personnages…
Que le Futur soit avec Nous !!!!!!!!!! ????

Laurent Klemenci
23/07/2019 à 21:09

Bo'goss, vous avez raison de dire que si Les Derniers Jedi ne nous plaît pas allons voir ailleurs. J'avais apprécié cet épisode parce qu'il est beau sans plus mais force m'est de constater que le film est bidon quand on décortique tous les rares détails qui ne passent pas et qui fait que Les Derniers Jedi est synonyme d'insulte de la part de Johnson adressé aux fans puristes.

Oups
05/07/2018 à 12:37

Bonjour,

Star Wars 8 pose plus de problèmes qu'il n'en résoud.

Rebondir sur Star Wars 7, qui n'était qu'un vieux film avec de nouveaux éléments (on restylise les casques des storms troppers par exemple) avec une intrigue déjà vue, n'était pas chose facile.
Les fondements étaient bâtis sur du sable : quels étaient les motivations du premier ordre, celle des rebelles, euh pardon la résistance, celle de chaque personnage ? On ne sait rien. Pour s'imerger, cela est dur voir carrément impossible. À comparer avec Terminator (1984) qui dès l'introduction posait les bases d'une scénario construit et carré.

Rian Johnson, visionnaire de talent, a balayé de son scénario tous les éléments posés difficilement par le Réveil du marketing, euh de la Force pardon, comme les chevaliers de Ren ou encore le grand Snorky (très mignon dans son pyjama jaune).

Au passage, merci Disney d'avoir balayé l'univers étendu franchement naze d'un revers de main d'actionnaire majoritaire.
Cela donne l'idée majeure suivante :" De notre futur, faisons table rase". Exit Mara Jade, l'amiral Thrawn, le Jedi fou, Karnor Jax et tant d'autres planètes et histoires ultra nulles cela va sans dire (...).

Donc RJ et donc derrière lui, Lucasfilm donne l'impression facheuse de ne pas avoir de ligne directrice globale, de scénario central écrit pour chaque episode. On avance au petit bonheur la chance pour être poli. Guère étonnant qu'à la fin du 8, l'impression de faire du surplace ait dominé. Les personnages n'ont pas évolué.

Dans Harry Potter, chaque réalisateur mettait sa patte sur la forme, mais le fond (l'histoire et le scénario, les personnages) était étroitement tenu par J.K Rowling et il y avait une évolution). Il n'y a donc pas eu de trahison de l'œuvre. J'y reviendrais sur la partie sur le fond.

Attaquons nous donc à la forme : le scénario est digne d'un gruyère Suisse de haute qualité c'est à dire avec un maximum de trous dedans. Les personnages ont le caractère développé de niveau maternelle supérieure. Comment s'accrocher à des personnages aussi originaux ? Les acteurs font ce qu'ils peuvent mais avec 3 lignes de dialogue par scène, on est proche de la mort cérébrale. Une petite larme pour l'acteur interprétant Finn, bon dans Pacific Rim 2 et la errant avec des tuyaux partout dans le vaisseau de la rébellion. Un peu comme le scénario.

Les rebondissements ou les retournements de situation sont improbables : 2000 Stormtrooppers dans un hangar en train de surveiller Finn et Rose. Avec l'explosion qui secoue le vaisseau amiral du à l'amiral Holding, holdo pardon, seuls ces deux là survivent ;) facilité scénaristique ? Arrêtez votre mauvaise foi.

Les rebondissements s'enchaînent de manière très logique : BB8 monte en grade et devient pilote de char : comment arrivé t'il à s'introduire là dedans avec les échelles ? Mais non ce n'est pas de la paresse scénaristique arrêtez.
Finn a encore accès à des infos top secrètes sur le tracker de l'Empire, euh du Premier Ordre. Il est donc abonné à Premier Ordre magazine et preuve que le Premier Ordre forme bien ses troupes à défaut de mieux leur laver le cerveau. Hux est impressionnant dans son rôle de comique troupier, euh pardon, d'amiral modèle Playschool (aller le prendre au sérieux avec ca) (...).

Continuons avec la scène de Poe : notre as du manche, pas de la stratégie, arrive avec son X-Wing à détruire des tourelles lourdes de combat sur le croiseur de Premier Ordre après un monologue digne des meilleurs Molières du rire. (C'est Oui-Oui dans l'empire Contre Attaque). Question : vous imaginez, vous un chasseur Zéro japonais détruire les tourelles d'un croiseur américain de la classe Missouri pendant la seconde guerre mondiale ? Original n'est ce pas ? Une incohérence majeure et une ! (Pour les plus jeunes qui liraient ce post, l'Empire de la saga prenait ses références sur l'Allemagne Nazie de la seconde guerre mondiale de 1939-1945 et du conflit alliés - axe).
Allez trembler pour les héros et vous immerger dans l'histoire avec tant de suspens.

Donc au delà d'être un Star Wars, les derniers Jedis est un film structuré comme un soufflet au fromage. Hyper appétissant au début complètement dégonflé ensuite. Un beau produit d'appel.

Les problèmes de fond : on comment trahir euh pardon respecter l'essence de la saga.

Premier problème de fond : on ne décolle pas dans Star Wars 7 ni 8. En clair on a la sensation de rester sur Terre là où Star Wars faisait rêver. Là où Rogue One permettait de voyager (Jedda City, Eddu, Scarif (...)) Avec de nouveaux vaisseaux (U-Wing, navette de transport imperiale, char imperial) et faisait de subtils caméos et réintroduisait des éléments connus (les sondes impériales, les AT-T), ici Sw7 et 8 ne réinventent rien et n'enrichissent pas la saga. Pire, ils la pillent.

Le "fan-service" n'est pas du recyclage de scènes déjà vues. C'est être capable d'enrichir et d'apporter de nouveaux éléments à une saga qui s'inscrivent loyalement dans le cadre déjà fixé. James Cameron avait parfaitement réussi son coup avec Aliens (1986) suite guerrière d'Alien mais qui instaurait de nouveaux éléments (le principe des colonies, la reine, les marines coloniaux (...)).

Ici, on colmate le manque d'inventivité pas un restylise sur la forme (Voir les AT-T copiés collés de la bataille de Hoth de SW5).
Tron, avec sa suite Tron Legacy à subit le même sort : plus abouti esthétiquement mais dénué de tout enjeu : lutte contre le bien et le mal, danger d'un IA surpuissante (...). En clair, c'est beau mais creux comme une cocotte en papier. Merci Disney et par ici les dollars.

Dans le même style, toujours sur le fond, Star Wars ne se contente pas d'être un banal film d'action et de combat avec des effets spéciaux (révolutionnaires pour l'époque). C'est aussi pour les spectateurs et les fans, une philosophie, un enseignement.

Exemple :
Yoda :"la colère, la peur, la haine, forme le côté obscur de la force. Si tu t'engages sur son chemin,à jamais elle dominera ton destin". Sw7 et le 8 sont incapables de délivrer la moindre philosophie. Ou alors celle du niveau d'un trou noir colossal.

Rogue One réinstaure cette philosophie :"je fais corps avec la force, la force fait corps avec moi" et donc s'inscrit bien dans le canon de l'oeuvre de G.Lucas.

Le Star Wars 7 limitait la prise de risques au prix de graves incohérences (la base Star Killer, l'usage du sabre laser par un non Jedi, les visions en touchant le sabre, le sang (...)) et son scénario en carton.
Mais SW8 a dit : "Tout ce en quoi vous croyez vous pouvez le mettre à la poubelle". Tristesse. Disney aussi alors ?

Le traitement des personnages est à la hauteur de nos espoirs les plus fous ; )
Luke Skywalker ne sert a plus rien ou comme alcoolique dépressif soigné au lait de vache Alien. Rappelons qu'il s'est juste battu contre l'empereur et ramené son père du côté clair dans le Retour du Jedi. Trois fois rien. Hein... on reste baba devant tant d'originalité et de prise de risque sulfureuse. En entreprise de démolition, SW8 a assuré à 100%.

D'ailleurs autre incohérence au passage, pourquoi laisser une carte dans Sw7 pour être retrouvé si il veut se cacher ? Allo SOS scénario ? Prometheus en 2012 c'était magnifiquement pris les pied dans le tapis avec son scénario pour enfant de 4 ans et ses incohérences à la pelle. (Merci Lindelof et Ridley Scott au passage).

Yoda est transformé en apprenti Jedi Pyromane et met le feu à la lande. Euh.... Maz Katana sert de publicité pour Call of Duty. Poe est toujours aussi tête à claques. Phasma est superbe en sapin de Noel. Rey n'a besoin de personne pour apprendre quoique ce soit. C'est une Deus ex Machina. Ah bon. Okkkkkkk.

Star Wars c'est pas des épreuves, une progression, des gamelles aussi, qui renforce le personnage, lui apprenne que lui et ses faiblesses ? Luke se fait couper la main par exemple dans Sw5. Mais ici à Oui-Oui Land tout va très bien.

Sauf que la machine de guerre ,un peu miro, Disney / Lucasfilm a oublié que les trentenaires nés et qui ont grandi avec Star Wars ont aussi des enfants. Au vu des lectures des critiques et des déceptions que ces deux épisodes ont amené, il y a fort à parier que la licence commence à sentir les premiers retours à long terme de cette nouvelle politique. Solo à fait les frais des premiers boycotts.

Pour conclure et vous m'excuserez pour la longueur de ces lignes ;)
Sw7 à profané Star Wars : Comment Kilo Ren à t'il trouvé le casque de Vador et l'a t'il récupèré ? Cela veut dire qu'il a ouvert la tombe de son grand-père ?
Sw8 a achevé l'entreprise de démolition!

Ragnarock
01/05/2018 à 18:18

Globalement mauvais mais surtout un massacre de Star Wars, un blockbuster typique de l'époque actuel: des images et des vannes pour ado décérébrés pour cacher le vide scénaristique...

Luke est donc devenu un clochard qui n'a plus aucune ambition à cause d'un pseudo échec incohérent alors qu'il a affronté bien pire dans son passé, une Rey est personne on ne sait pas ce qu'elle vient faire dans tout ça, elle sait tout faire c'est génial je n'ai aucune attache pour elle, la mort de Snock est ridicule (pas l'idée de le tuer par contre) alors qu'on nous fait bien comprendre qu'il est surpuissant, la scène de Super Leia dans l'espace est une des plus WTF que j'ai jamais vu dans un film je ne comprend même pas comment ils ont pu imaginer et réaliser une scène pareille la Force ne justifie pas de faire absolument n'importe quoi, Phasma ne sert à rien alors qu'il y avait une intrigue à exploiter entre elle et Finn mais ce dernier est pris dans une mission inintéressante qui traîne en longueur avec Rose (elle même insupportable), Hux est un cliché qui réduit toute crédibilité de ce 1er Ordre....

De manière générale le film ne cesse de vouloir surprendre en faisant l'inverse de ce qu'on y attend, ce qui n'est pas mal en soi, mais c'est souvent grotesque, ridicule, incohérent etc et les réponses apportées sont tout simplement décevantes.
Que dire de cet humour lourdingue qui plombe le film ? Je me croyais limite devant une parodie de Star Wars ! Comment Rian Jonhson a t-il pu tomber aussi bas ? Faire aussi médiocre à presque tout les niveaux ? Ho le film est très beau oui mais vu le budget c'est le minimum syndical...mais ça ne suffit pas a sauver un film quand tout le reste est mauvais

Au delà de tout ça cette trilogie ne racontent rien et n'apportent rien à la Saga, il n'y a tout simplement pas d'idées et d'ambition dans ces films, ce ne sont que des remakes déguisés sans âme, un potentiel énorme totalement gâché par des réalisateurs qui ne sont que des techniciens sans la moindre idée ou créativité artistique....Dire qu'ils avaient sous la main Ford, Hammil et Fisher et la possibilité de raconter une nouvelle histoire avec leurs héritiers et un univers étendu dans lequel puiser...Tout ça pour ça, quel gâchis, il y avait tellement mieux à faire.

VuASaSortie
22/04/2018 à 21:27

Une Super Grosse Enorme DAUBE ! ROGUE ONE à coté est un chef d'oeuvre.
Un des films les plus nuls toutes catégories confondues.
A une dizaine d'euros la place de cinéma, il devrait y avoir un remboursement, voire un dédommagement pour le temps perdu. !!!

Starbuck
11/01/2018 à 19:21

Et puis, pour les plus de 40 balais (sans ostracisme pour les autres, hein?), rappelez-vous, y a déjà eu des précédents: Cosmos 1999 et sa saison Deux, Galactica 1978 et galactica 1980...
Et puis, Keep The Faith : souvenez-vous: la mort de Bobby n'était qu'un horrible cauchemar de Paméla !!! Si ça se trouve, d'ici quelques années, on se rendra compte que tout ceci n'était qu'un Horrible cauchemar de Lando Calrissian !!!!! :-)

Starbuck
11/01/2018 à 19:08

C'est vrai que la trilogie Zahn, à l'image ça aurait été assez génial.L'amiral Thrawn est fabuleux, y a pas a dire !!! Mais bon d'un autre côté, on aurait tous connu la fin, alors....

babasouraile
11/01/2018 à 18:32

le film pêche par un manque flagrant de rythme et d’ambitions narratives.?
je pencherais plus pour l'inverse, carrément !

Roichris
09/01/2018 à 01:36

Très déçus du retour de la force qui n'est rien de plus qu'un tres pâle copie de l'épisode 4, je suis allé voir le dernier jedi plein d'espoir. Hélas la beauté et la perfection des effets spéciaux n'a d'égal que la platitude et la désolation du scénario. Le manque d'inventivité des auteurs est criarde et fait peine à voir. Entre un Luke skywalker dernier maître jedi qui passe son temps à pleurnicher comme un jeune padawan. Un kilo ren au charisme digne d'un bulo, Des plans de sauvetages qui échouent les uns après les autres sans que l'on en comprenne vraiment l’intérêt.
le film se résume à une confrontation entre Rey et snoke complétement spolié par cette scène ridicule de la mort de snoke d'un coup de sabre dans le dos ! Bref le seul personnage qui semblait avoir un potentiel narratif intéressant et éliminé en quelques minutes, pour laisser place à un Kilo ren gamin capricieux et ridicule.
George où es tu ? Qu'as tu fait ? Ils détruisent ton œuvre !

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