Happy Birthdead : Critique slashée

Geoffrey Crété | 15 novembre 2017
Geoffrey Crété | 15 novembre 2017

Blumhouse Production, la société de Jason Blum, est capable de bien des choses. De Paranormal Activity comme d'Insidious, de Lazarus Effect comme de Ouija, de Get Out comme d'American Nightmare, de The Green Inferno comme de Split. C'est justement un collaborateur privilégié de la boîte qui est derrière Happy Birthdead : Christopher B. Landon, scénariste de quatre Paranormal Activity et réalisateur de l'un d'eux, The Marked Ones. De quoi s'inquiéter.

UNE MORT SANS FIN

Si Happy Birthdead avait été repêché dans les tréfonds des années 80, il aurait sans nul doute gagné un petit statut de plaisir coupable. Mais en 2017, au cinéma, difficile d'y voir quelque chose d'aussi amusant et réjouissant. Le film repose sur un de ces fameux high concepts, façonnés pour appâter : une belle blonde un peu bête est tuée par un détraqué masqué sur un campus, et se réveille pour découvrir qu'elle va revivre inlassablement la même journée, jusqu'à son meurtre qu'elle va donc tenter d'éviter par tous les moyens.

Nul doute que les esprits derrière cette farce sanglante (le réalisateur Christopher B. Landon et son scénariste Scott Lobdell, auteur de comics) aient eu un sourire satisfait avec entre les mains une histoire entre Scream de Wes Craven et Un jour sans fin, la comédie culte avec Bill Murray. Nul doute également que celui qui venait y chercher un petit slasher drôle, incisif et malin, sera bien déçu. Voire exaspéré.

 

Photo Jessica Rothe

 

LA MOLLESSE D'UNE BLONDE

Le campus avec ses fraternités, le banc de pouffes blondes anorexiques, le professeur qui couche avec son étudiante, la fête dans une maison à la déco improbable : pas de doute, tout est rassemblé pour planter le décor classique, voire soporifique en 2017, d'un slasher en bonne et due forme. La Sydney Prescott de Scream 2 aurait pu se perdre dans ces couloirs, si l'héroïne de Wes Craven était une pimbêche insupportable. 

Car là est le premier hic : cette Tree piégée dans une boucle temporelle est un stéréotype particulièrement fatigant et creux, étirée entre une vieille ficelle de deuil refoulé et une pseudo-rédemption digne de Lolita malgré moi. Que l'actrice Jessica Rothe se situe dans le périmètre d'une Blake Lively ou d'une Emma Roberts en terme d'intensité niaise et crispante n'aide pas. 

Happy Birthdead aurait parfaitement pu aligner ces clichés aussi lourds qu'une tonne de briques pour les moquer, les détruire, ou même les questionner. Notamment avec une héroïne qui a le profil typique de la fille tuée très vite dans un slasher (elle est blonde, elle est belle, elle est méchante avec son papa et le gentil nerd), et qui aurait permis de faire dévier les codes du genre. Que nenni : c'est avec un ton moralisateur et puritain que l'histoire avance, avec les gros sabots d'une série B de seconde zone lorsqu'il s'agit d'entrer dans le vif du sujet. Il faut voir le je-m’en-foutisme absolu avec lequel est traitée une bonne partie du troisième acte, raconté en accéléré avec sa dose de twists et surprises du pauvre, noyés dans une bêtise qui en serait presque drôle si le film entier l'avait été.

 

Photo Jessica Rothe

 

SLEEPY MOVIE

Le spectateur aura tout le loisir de réfléchir à cette purée old school puisque Happy Birthdead ne s'amuse même pas avec le sang. Le principe d'une journée sans fin clôturée par le meurtre de l'héroïne laissait espérer que le film s'en donnerait à cœur joie pour égratiner et abîmer la petite bouille de la blonde, mais là encore, déception. Le die and retry de l'histoire est exploité avec paresse, que ce soit lorsque le réalisateur filme ses morts (peu inventives) ou sa pseudo enquête (expédiée en quelques effets ridicules et donc, hautement dispensables).

Ainsi, hormis un corps rôti et quelques cris aigüs, le film n'offre pas grand chose à se mettre sous la dent alors même que la promesse était bel et bien là. Le PG-13 est une explication, mais pas suffisante vu le manque d'inventivité exaspérant qui règne à l'écran. Une blonde qui se cache dans un parking sous-terrain, qui regarde apeurée dans sa salle de bain, qui marche de nuit dans un tunnel désert et mal éclairé, qui parle avec un homme masqué que le spectateur sait être le tueur : rien de nouveau pour quiconque a vu un Souviens-toi... l'été dernier, un Urban Legend ou n'importe quelle variation du genre. Dans l'écriture comme dans la mise en scène, Happy Birthdead a l'odeur d'un vieux placard humide qu'on aurait rouvert.

 

Photo Jessica Rothe

 

HAPPY BIRTHDEAD ENDING

Happy Birthdead est bien sûr un carton au box-office notamment américain (plus de 68 millions pour un budget de 5 à peine), prouvant encore une fois l'intérêt quasi automatique du public pour le genre, et la solidité de la formule de Blumhouse. Reste que le film se consomme et s'oublie vite, laissant derrière lui un arrière-goût désagréable avec sa fin politiquement correcte et son dernier dialogue plus minable que malin. Même le masque, qui ressemble finalement au médiocre-drôle Mortelle St-Valentin, disparaît dans l'océan des tueurs masqués des slahers.

Loin de se poser en réflexion méta sur le genre, le film de Christopher B. Landon n'est rien de plus qu'un petit jeu sans conséquence avec les codes, qui pourra au mieux faire sourire les amateurs nostalgiques. 

 

Affiche française

 

Résumé

Happy Birthdead a une idée de départ certainement amusante. Dommage que le film le soit beaucoup moins, et se révèle finalement paresseux, bien plat et peu inventif.

commentaires

Zeno
26/02/2018 à 23:45

Ceux qui disent que le film est mauvais vous êtes vaches, dites simplement que vous n'avez pas aimez ! Moi j'ai trouvé le film très bien 1h36 de film que je n'ai pas vu passé.Avant de regarder le film je me suis quand même dit ça va se répéter ça va être chiant mais non pas du tout seul petit problème que j'ai trouver au film ATTENTION SPOIL !!!!!




A la fin c'est pas logique pourquoi la protagoniste ne va pas en prison elle a quand même commis un meurtre !

Jo
02/12/2017 à 22:38

Film tout pété. Je ne recommande absolument pas. Il n'y a aucune recherche. Ennuyant, peu nombreux sont les gens qui aiment bien en sortant de la salle. Préfèrez un autre film a celui ci.

Kevin.s
19/11/2017 à 03:00

Je suis assez étonné par cette critique assassine d'un film d'horreur qui sort son lot avec sa pointe d'humour légèrement cynique.
Il y a en effet un manque d'originalité, et un déroulement plus ou moins attendu,excepté si nous ne sommes pas adepte des films d'horreurs/épouvantes/énigmatiques.

Mais en lisant cette critique, j'ai l'impression que l'auteur veut faire passer celui-ci pour un simple navet, ou l'actrice est une pale copie de Blake Lively, le talent manquant.

Non. A travers ce film, on suit l'évolution d'une "kappa", au premier abord superficielle et sans scrupule, qui montre au fur et a mesure un personnage plus profond, loin des stéréotypes que l'on peut trouver aujourd'hui dans les films du genre. Jessica Rothe rempli le rôle à la perfection, et malgré les sous-entendus que peuvent lâcher gratuitement cette critique "slashée", c'est un film qu'il est bon de voir, pour son aspect un peu plus humain, que l'on retrouve rarement aujourd'hui (on surenchère dans le tragique, on exploite le mal-être absolu, pour faire des héroïnes des archétypes des survivantes de film d'horreur).

L'happy-end bien qu'un peu léger, reste pourtant agréable, et on en ressort satisfait : ENFIN un film d'horreur ou on est content, ou le final ne nous laisse pas sur notre faim.

Sans manquer de respect à l'auteur de cette critique, je pense qu'il faut essayer de voir plus loin que les traditionnels films d'horreurs, et ne pas s'enfermer dans un seul et unique genre.

Hargo
18/11/2017 à 22:07

Moi j'ai bien aimé ce film , certe pas un film horreur mais un bon film à énigme !

STEVE
18/11/2017 à 19:07

Un concept non justifié et très mal exploité, une évolution du personnage très mal dépeinte, une actrice antipathique, un humour débile, une morale ridicule, aucune émotion, un film très mal ficelé, prévisible, sans rythme, long et ennuyeux (alors qu'il ne dure qu'1h30), sans aucune surprise? je connaissais le coupable et le motif DÈS LE DÉBUT!
Heureusement qu'on n'a pas à revivre ce film éternellement (bien qu'il semble interminable!).

Evitez-le et regardez un Jour Sans Fin ou Edge Of Tomorrow qui avait brillamment revigoré le concept par une incroyable mise en scène et un excellent montage

Nimbari
16/11/2017 à 14:29

A noté que les critiques presse sont assez positives pour ce film, contrairement à celle d'écran large. Moyenne de 3,4/5 (bien sûr ça ne prend pas en compte toute la presse).

Geoffrey Crété - Rédaction
15/11/2017 à 19:43

@Dirty Harry

Etant donné que j'aime aussi (beaucoup) Lolita malgré moi, n'y voyez rien de méchant. Car curieusement, ce qui est un compliment pour le film avec Lindsay Lohan, est un peu moins positif dans un film qui se présente comme un slasher malin...

Dirty Harry
15/11/2017 à 19:25

Ne dites pas de mal de Lolita Malgré Moi : c'est mon film girly préféré ! Sinon ils ne se fatiguent plus à Hollywood (tiens il y a un film français qui use de la boucle temporelle : la Colle et ça a l'air bien nul).

flo
10/11/2017 à 20:07

est ce que ça fait très peur car j ai 12 ans et j ai peur de sfilms dhorreur

Svreign
01/11/2017 à 16:47

Rien d'innovant, il y avait aussi l'excellent Triangle de Christopher Smith en 2009 que je recommande

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