The Visit : critique fausse renaissance

Laurent Pécha | 7 octobre 2015 - MAJ : 21/11/2018 01:23

Selon notre degré de tolérance, on a perdu Shyamalan depuis de 1 à 5 films. Soit pour certains, plus de 10 ans à attendre que l’homme responsable de Sixième sens et Incassable, retrouve la divine inspiration. La renaissance viendrait-elle de The Visit, film façon found footage au pitch aussi simple que terrifiant (la peur des grands-parents comme boogeyman ultime) ?

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2 réactions

Du côté du box-office, c’est une affaire qui roule puisque The Visit a déjà récolté rien que sur le sol américain pas loin de 60 millions de dollars (pour une mise de départ de seulement 5 millions). Shyamalan à nouveau rentable rien que dans son pays d’adoption, on n’avait plus vu ça depuis des lustres. Une bonne nouvelle si seulement elle s’accompagnait d’un regain de forme du cinéaste d’un point de vue artistique.

Et de ce côté-là, on ne change pas le bonhomme. Pire, il nous prouve qu’il n’a plus rien à raconter. Au point qu’on en vient vite à regretter, une fois la lumière revenue dans la salle, les ambitions, même foireuses, de ses précédents films. Car, ici, rien ne sépare le réalisateur d’un petit jeune s’amusant avec les codes de plus en plus éculés du found footage.

 

 

Mais si The Visit n'est pas un bon Shyamalan, est-il pour autant un bon film d'horreur ? Il y a bien quelques séquences pas trop mal troussées à l’image de celles où la grand-mère commence à partir en sucette. Mais cela ne permet jamais de créer une ambiance véritablement oppressante. La faute sans doute à un scénario qui ne trouve jamais son ton, coincé entre sa volonté de nous offrir du frisson et celle de se moquer d'un genre qui sature les écrans. Ni malin, ni surprenant, le métrage échoue dès lors systématiquement à générer la moindre excitation ou tension.

 

 

Au lieu de ça, il faut se taper deux ados insupportables (surtout le garçon) qui font presque oublier à quel point Shyamalan était à une époque si doué pour diriger les jeunes acteurs, à l'image de Harvey Joel Osment dans Le 6ème Sens. On s’ennuie ferme dans cette visite qui promettait d’être bien flippante dans la demeure de grands-parents visiblement pas très nets (à ce titre, le final est d’une paresse visuelle sans nom). On guette, Shyamalan oblige, la possibilité d’un twist. [SPOILER] Et si ce dernier a bien lieu, c’est pour au final détruire l’inquiétant postulat de départ qui fait des grands-parents des êtres malfaisants pour leur descendance [fin du SPOILER].

En sortant de la salle, si on est rassuré sur le business plan en béton de Jason Blum et sa société Blum House (Paranormal Activity, American Nightmare...), on se désespère du cas Shyamalan devenu le réalisateur quasi-anonyme d’un film insignifiant.

 

Résumé

La renaissance artistique de Shyamalan, ce n’est pas encore au programme de la visite. Loin de là !

commentaires lecteurs votre commentaire !

Yep
20/11/2018 à 23:01

Complètement d’accord, encore une critique de vieux blasé. Hyper flippant je termine tout juste! Je viens du coup voir la critique... pile ce que j’attendais : de le bouse!!!

...
22/10/2016 à 15:41

Haha, je viens de voir le film, et suis donc venu jeter un oeil sur votre avis ... Faudrait penser à changer de lunettes mon gros Lolo, incroyable de lire des trucs pareils

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