Bienvenue à Gattaca

Gattaca

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14 avr. 2008 Par Julien Foussereau Star Rating 9
L'anticipation au cinéma est un genre périlleux car le fond est étroitement lié à la forme. Equilibre essentiel mais ô combien précaire : l'esthétique se ringardise et c'est tout le message, aussi irréprochable soit-il, qui s'émousse. Pour un 2001, l'odyssée de l'espace, combien de 1984 ? On peut malgré tout affirmer une chose, dix ans après sa sortie, Bienvenue à Gattaca fait incontestablement partie de la première catégorie.

 

Comme les formes épurées de la spirale d'ADN en double-hélice, Bienvenue à Gattaca concentre plus qu'il ne déroule. Dans un univers pas si éloigné du nôtre, l'ingénierie génétique devient le passage obligé pour la procréation, engendrant une génération d'humanoïdes boostés  génétiquement. Leur sélection repose sur la richesse de leur génotype, aux inséminés les meilleures places dans la société, aux conçus naturellement d'être les nouveaux exclus. Andrew Niccol présente un monde crédible et terrifiant dans lequel le moindre échantillon sanguin, poil ou cheveu est sujet à analyse, vérification et revérification jusqu'à la nausée.

 

La filiation avec George Orwell ou Aldous Huxley saute aux yeux. Andrew Niccol donne toutefois à Gattaca son identité propre par des choix esthétiques fondamentaux. A la différence d'un pari plastique sur l'avenir réussi comme Blade Runner, Gattaca repose sur deux piliers garantissant son intemporalité : l'architecture dépouillée et retro-futuriste des années 50 dont le plus grand ambassadeur fut Frank Lloyd Wright, et une garde-robe d'un classicisme à toute épreuve, issue des meilleurs polars des années 40. Dans ce dédale de couloirs glacés et superbement dessinés, Niccol filme des regards vides et des visages alourdis par une perfection dont ils ne savent que faire.

 

Au milieu de cette existence aseptisée, Vincent, le conçu, tente de surnager en se faisant passer pour un autre, lui qui rêve d'être astronaute pour quitter ce monde qu'il vomit. Un meurtre est commis dans son centre spatial. Surgit alors un flic. Son frère, l'inséminé, le préféré. Tout ceci pourrait servir de prétexte narratif un brin lourdaud. Or, c'est par cet alliage parfait entre fable morale, thriller efficace et drame psychanalytique que Gattaca résiste encore et toujours au poids du temps ; que, encore aujourd'hui, la révolte de Vincent face à cette discrimination sociale (crédible... pour ne pas dire annoncée) n'en finit pas de nous toucher.



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Stéphane Argentin :

Star Rating 10
Un chef d’œuvre du cinéma d’anticipation où la froideur visuelle n’a d’égale que le malaise que procure sa réflexion sur l’eugénisme à chaque nouvelle vision.

Ilan Ferry :

Star Rating 9
Un très intelligent récit d’anticipation duquel se dégage une mélancolie rare.

Julien Foussereau :

Star Rating 9

Patrick Antona :

Star Rating 9

Sandy Gillet :

Star Rating 9
Formellement divin et dans le fond l’une des meilleures réponses apportées au cinéma contre l’eugénisme.

Vincent Julé :

Star Rating 8

Laurent Pécha :

Star Rating 8

Bruno Laurent :

Star Rating 8

Didier Verdurand :

Star Rating 6


JaimzHatefield09/02/2011 00:07 par JaimzHatefield

Mouais et bien permets-moi de te dire que c’est exactement le premier pas vers le bordel assuré… mais bon, à chaque fois que je lis des trucs de ce genre (avec bien sûr les “inventeurs” qui jurent leurs grands dieux que ça n’a rien à voir), je me rassure en [...] LIRE LA SUITE
Stéphane Argentin08/02/2011 23:05 par Stéphane Argentin

Naissance du premier «bébé-médicament» français Quand je lis ça, je me dis que ce film fait rétrospectivement de plus en plus froid dans le dos :stress: Il n’y a pas de quoi… Rien à voir avec toutes les dérives de la science-fiction sur ce cas, c’est pas un enfant spécialement créé pour [...] LIRE LA SUITE
Zorg08/02/2011 21:57 par Zorg

Ouais, et quand ça foire, ça te donne Un conte de Noël (n’est-ce pas Stéphane ? :D) LIRE LA SUITE

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