Esprit cathodique - Numéro 22

Patrick Antona | 5 juillet 2008
Patrick Antona | 5 juillet 2008

Parce qu’il n’y a pas que le ciné et les DVD dans la vie. Et parce qu’il y a aussi la TV et qu’avec le nombre de chaînes hertziennes, celles de la TNT sans oublier surtout celles du câble et du satellite, il y a de quoi devenir fou à éplucher les programmes pour trouver THE film à voir confortablement installé dans son canapé. Ecran Large, par l'intermédiaire de son fin limier Patrick Antona, vous aide à vous y retrouver en vous offrant une sélection de ce qui serait sympathique de voir chaque semaine. Pas forcement le best of the best mais un melting-pot savamment préparé par le maestro. Voici le choix de cette semaine allant du 5 juin au 11 juillet 2008.

 

 

Samedi 05 Juillet

 

 

Sunshine

Canal+

20: 50

 

Le réalisateur de Trainspotting nous surprend une nouvelle fois en s'attaquant, après 28 jours plus tard et ses zombies sous amphétamine, au space-opera oppressant tendance années 70. Evoquant à la fois les ambiances de Solaris (celui de Tarkovski) et de Silent Running, Danny Boyle réussit à rendre palpitant cette course stellaire de la dernière chance pour tenter de rallumer un soleil défaillant. Si on peut regretter certains défauts (surtout les persos de Michelle Yeoh et de Hiroyuki Sanada totalement sous-exploités), le film par son côté sérieux et réaliste finit par convaincre, tout en se permettant un petit détour à la Alien, avec intrusion d'un ultime passager, histoire de nous filer encore un bon coup d'angoisse.

 

 


 

 

Dimanche 06 Juillet

 

 

Lust for a Vampire

Cine FX

21:00

 

Si le chef d'œuvre de la soirée est indubitablement le western naturaliste Jeremiah Johnson avec Robert Redford (vous savez, le Brad Pitt des années 70), diffusé sur Arte dans le cadre d'une soirée en mémoire de Sidney Pollack, suivi d'une interview de près d'une heure, la bonne curiosité se situe du côté de Ciné FX. Second volet de la trilogie des films de de la Hammer dédiée aux vampires lesbiennes, adaptée du roman « Carmilla », avec The Vampire Lovers et Les sévices de Dracula, Lust of a Vampire est une de ses pépites que la Maison de l'Horreur distillait encore au tournant des seventies. Même si le style gothique et flamboyant des productions passées n'est plus assuré, le mélange habile de l'érotisme libertaire de l'époque avec celui du mythe vampirique classieux réussit à passer, aidé en cela par la beauté des interprètes féminines, Yvette Stensgaard en tête (qui fut une madame Tony Curtis en son temps), Pippa Steel et Suzanna Leigh.

 

 


 

 

Lundi 07 Juillet

 

 

Flyboys

Cinecinema Premier

20 :45

 

Tout comme le Triangle des Bermudes et le comment du mariage Bruni-Sarkozy, la non-distribution de films de qualité sur grand écran est un de ces mystères insondables que la raison a du mal à appréhender. La preuve en est avec Flyboys, épatant film de guerre illustrant les exploits des pilotes américains en biplan pendant la 1° Guerre Mondiale. Même si le film ne reprend que des péripéties déjà vu dans Lafayette Escadrille de William Wellman ou de Hell's Angels d'Howard Hughes, avec toujours cette vision too much de la France et de son terroir (représentés ici entre autre par Jean Reno et Augustin Legrand), Flyboys rafle la mise grâce à des scènes de gunfight aériens absolument phénoménales et saisissantes de réalisme, malgré leur origine purement virtuelle.

 

 


 

 

 

Mardi 08 Juillet

 

 

Show Boat

TCM

20:45

 

Production typique de l'age d'or de la comédie musicale de la MGM, Show Boat est de ces classiques qui a passé avec succès l'épreuve du temps. Illuminée par la farouche beauté d'Ava Gardner et réalisé avec classe et élégance par George Sidney (Scaramouche), la chronique de cette troupe remontant le Mississippi sur un steamboat est un des premiers films hollywoodiens à évoquer, même si cela est timide, les relations interraciales et le tragique de la ségrégation, et nous gratifie de numéros musicaux des plus enlevés, le plus célèbre étant celui illustrant la chanson "Ol' Man River", ainsi qu'un final des plus émouvants qui soit, nimbé dans la brume du fleuve.

 

 


 

 

 

Mercredi 09 Juillet

 

 

300

TPS Star

20:55

 

Evocation furieuse du sacrifice du roi Leonidas et des ses guerriers spartiates aux Thermopyles en 480 B.C., le film de Zack Snyder donne envie de se mettre torse nu, de se couvrir d'une cape rouge et crier « Sparta !» à pleins poumons. Réutilisant avec sens la technique du tournage devant écran bleu (et vert) comme Robert Rodriguez et Frank Miller pour Sin City, le futur réalisateur des Watchmen (l'autre film de super-héros grandement attendu) réussit à dynamiser le roman graphique originel grâce à sa mise en scène coup-de-poing, se permettant d'introduire le perso de la reine Gorgo pour le mieux, pour le moins bien on ne peut négliger les relents nationalistes de la bête, mais bon, venant d'un ardent défenseur de la NRA, il ne fallait pas s'attendre à une nouvelle version de Heidi !

 

 


 

   

Jeudi 10 Juillet

 

 

Jennifer 8

France 4

20:45

 

Scénariste à succès (La Déchirure), acteur et réalisateur occasionnel, l'anglais Bruce Robinson est aux abonnés absents depuis la réussite de son thriller Jennifer 8 en 1993. Renouant avec la thématique du film noir avec cette étouffante enquête où un flic veuf et dépressif est aux basques d'un serial killer qui en a après de belles aveugles, Bruce Robinson brosse le portrait de personnages authentiques et complexes, Andy Garcia et Uma Thurman en tête, qui servent au mieux une intrigue menée avec un sens consommé du suspens. Et au niveau des seconds rôles, la solidité est au rendez-vous avec Kathy Baker, John Malkovich et surtout Lance Henriksen, délaissant pour une fois son credo habituel de bad guy pour celui de side-kick sympathique.

 

 


 

 

 

Vendredi 11 Juillet

 

 

P.T.U.

Cinecinema Frisson

21 :00

 

Maître du polar hong-kongais et seul des grands de la génération des années 80 à ne pas avoir cédé aux sirènes hollywoodiennes, Johnnie To délivre avec une régularité de métronome ses deux, voire trois réalisations annuelles, et sans flirter une seule fois avec la faute de goût. P.T.U. fait partie des réussites du boss de compagnie Milky Way Image, utilisant avec brio le Hong Kong nocturne avec respect de la règle de l'unité de temps, d'action et de lieu pour illustrer une haletante course-poursuite où les bons se confondent souvent avec les méchants, le tout se concluant sur un des ces hallucinants climax, habituels chez Johnnie To, et qui mériteraient bien d'être étudié avec un grand soin par les étudiants de la FEMIS, ou de tout autre école de cinéma française.  

 

 


 

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