Komi cherche ses mots : on a regardé le premier épisode du nouvel anime Netflix

Matthias Mertz | 21 octobre 2021 - MAJ : 21/10/2021 18:06
Matthias Mertz | 21 octobre 2021 - MAJ : 21/10/2021 18:06

Adaptation d'un manga à succès, Komi cherche ses mots a débarqué sur Netflix en parution hebdomadaire. On a regardé le premier épisode pour vous. 

L'arrivée de Komi cherche ses mots sur la plateforme Netflix pourrait sembler anodine, mais il n'en est rien. Si on était habitué à voir de plus en plus d'animation japonaise débarquer chez le N rouge, c'est cette fois deux semaines seulement après sa diffusion au Japon que l'adaptation du manga de Tomohito Oda, paru en 2016, arrive sous nos latitudes.

Vous y découvrirez l'histoire de Komi, la plus jolie fille de son lycée privé, reine de popularité incontestée, et ce malgré son silence perpétuel. Elle est vue par tous comme une beauté froide et inaccessible, alors personne n'ose lui parler.

Toutefois, lorsqu'elle rencontre Tadano, lycéen sans histoire maladroit, elle voit le secret de sa timidité maladive percé à jour. Dès lors, Tadano lui propose son aide afin de réaliser le rêve de la jeune fille, réussir à se faire 100 amis, et ce alors qu'elle n'est pas (encore ?) capable de parler à quelqu'un d'autre. On a donc dévoré ce tout nouvel animé sur Netflix afin de vous dire si ça mérite ou non votre temps.

 

photoVous osez respirer le même air qu'elle ?

 

UN ANIME TOUCHANT et DRôle...

Déjà sur la forme, c'est un sans-faute. L'anime est magnifique, et son style cartoonesque ne devrait pas rebuter les nouveaux venus de l'animation japonaise, habituée aux cartoons occidentaux. Le style oscille entre un trait fin et précis et des courbes arrondies et grossièrement drôles lors des nombreux passages d'humour de l'épisode, ce qu'on pouvait attendre d'un studio comme OLM, habitué des adaptations de la série Pokémon, qui avait planché sur l'époustouflant Les Enfants de la mer, sorti en 2019.

La bande-son est un délice et les deux génériques, en particulier, vous délivrent avec aisance dans leur genre particulier. Le premier vous donnera la pêche pour le reste de la journée, tandis que le second vous emmènera à la lisière d'une forêt d'émotion subtile, sur un ton résonnant tout à fait avec les problèmes d'élocution de Komi.

 

photoKomi est extrêmement douée lorsqu'il s'agit de camoufler sa timidité maladive en confiance en elle

 

Les deux protagonistes de cet anime du genre "slice of lice" (comprendre tranche de vie, un genre racontant la vie quotidienne, en particulier des lycéens et des étudiants) sont adorables. Tadano est un garçon bien intentionné constamment mis en difficulté par sa proximité avec Komi, convoitée par toute la classe. Dès lors, il se retrouve avec une cible dans le dos, lui qu'on imagine comme le veinard ayant réussi à emporter le coeur de la beauté inaccessible de la classe.

Komi, quant à elle, est particulièrement drôle lorsqu'elle est l'objet de scènes où sans dire un mot, elle remporte l'adhésion de tous les personnages secondaires extrêmement barrés (il y a un ninja dans la classe, un ninja !) n'osant jamais renchérir face à sa beauté glaciale. Dans l'intimité de la "discussion" extrêmement touchante qu'elle entretient avec Tadano à l'aide d'un tableau et de quelques craies, difficile de ne pas fondre pour elle et son trouble qui nous rappelle Silent Voice, grand classique du genre qui nous avait fait pleurer à l'extrême.

 

photoProbablement l'une des scènes qui justifie le plus une adaptation anime qu'on ait pu voir

 

Enfin, l'adaptation en anime a une raison d'être. Le doublage de Komi est un vrai plus par rapport au manga papier, la parole de Komi étant l'objet de notre attention. Et c'est une doubleuse d'expérience en la personne d'Aoi Koga qui s'y colle. Si elle a interprété avec brio des personnages bruyants tels que Kaguya dans Love is War, elle parvient avec justesse à offrir un murmure gigotant et grommelant très drôle et parfois touchant en guise de substitution à la parole de Komi.

Enfin, l'anime est une véritable lettre d'amour au jeu vidéo et à l'animation des années 80 et 90. On y retrouve dans ce premier épisode des références évidentes à Mega Man, Pokémon ou encore Dragon Quest et Evangelion, et cela agit comme une véritable carotte nous motivant à regarder plusieurs fois chaque épisode pour y déceler toutes les références qu'on aurait pu rater.

 

photoun personnage figurant avec des cheveux bleus, voilà ce que j'appelle le souci du détail

 

... MAIS qui pourrait tomber dans la romcom mollassonne

Parce que ça pourrait vite tourner au cucul, au niannian, au neuneu, ou tout autre adjectif composé de la même syllabe en deux exemplaires. Si l'humour de la série fait mouche et l'empêche de tomber dans quelque chose de larmoyant, il pourrait ne pas être éternel, a fortiori si son gag le plus efficace se résumant en "Dans une situation où Komi doit parler et où elle ne le fait pas, tout le monde s'en fout parce qu'elle est une beauté glaciale qui impose son style sans daigner ouvrir la bouche" perdait en intensité.

Tadano, quant à lui, semble un excellent candidat pour entretenir une relation amoureuse avec Komi, nous entrainant de facto non plus dans une comédie barrée avec un propos à peine effleuré jusque là, mais dans une comédie romantique vue et revue.

 

photoPas la romcom, pas la romcom, pas la romcom ...

 

Toutefois, Komi pourrait aussi s'enfoncer dans la tragicomédie, et nous faire vivre les dessous du trouble psychologique de Komi, mais aussi les émotions négatives qu'elle ressent face à ses difficultés à sociabiliser, comme sa solitude, sa dépression ou le sentiment de rejet qu'elle exprime dans ce premier épisode.

Enfin, les spectateurs intrigués par ce premier épisode pourraient décrocher face au rythme de parution hebdomadaire, en particulier s'ils sont des adeptes du "binge-watching", ou de la consommation en une traite d'une série. Toutefois, ce rythme de parution bien particulier (qu'on a déjà pu rencontrer avec Blue Period, autre pépite récente d'animation disponible sur Netflix) pourrait être une bonne nouvelle.

 

Screenshot 2, Blue PeriodKomi cherche ses mots, Blue Period... Netflix se positionne sur les adaptations de mangas à succès

 

Netflix pourrait en effet avoir décidé de mettre les bouchées doubles dans la course à l'acquisition d'animation japonaise, et si elle ne parvient pour le moment pas à lutter contre le conglomérat Crunchyroll-ADN-Wakanim (désormais entre les mains d'une seule entreprise parente), elle pourrait développer son offre dans le genre, achetant rapidement les adaptations de mangas à succès, et proposant presque du simulcast, y comprendre diffusion simultanée entre le Japon et l'occident (modulo quelques heures de décalage pour la traduction et le sous-titrage).

Amazon avait déjà opté pour une stratégie agressive similaire quant à l'acquisition d'animation japonaise. Elle avait, par exemple, raflé pour sa plateforme l'ultime film de la saga superstar Neon Genesis Evangelion, intitulé Evangelion: 3.0+1.0 Thrice Upon a Time ainsi que le documentaire sur son réalisateur. Gageons donc que pour nous autres, fans d'animation japonaise, la suite n'annonce que du bonheur.

Un nouvel épisode de Komi cherche ses mots chaque jeudi sur Netflix depuis le 21 octobre 2021

 

Affiche officielle

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