L'épisode culte : Sliders, le monde où Hillary Clinton est présidente

Geoffrey Crété | 24 novembre 2016
Geoffrey Crété | 24 novembre 2016

Parce qu'il n'y a pas que le cinéma dans la vie d'un cinéphile, nouveau rendez-vous nostalgique sur Ecran Large : l'épisode culte, qui reviendra sur un morceau de choix d'une série remarquable. 

Qui a pu passer à côté de Sliders, les mondes parallèles, la série de science-fiction à la Code QuantumJerry O'Connell et ses acolytes découvrent dans chaque épisode une variation du monde ?

Diffusée dès 1996 sur M6, la création de Tracy Tormé et Robert K. Weiss, avec John Landis à la production, a offert quantité de visions irrésistibles de futurs alternatifs, tour à tour drôles (des tornades, des pharaons, un vert géant) et effrayantes (des robots, des virus, des fanatiques). Parmi les épisodes préférés des fans : Un monde au féminin (The Weaker Sex), septième de la première saison, qui imagine un monde où le sexe faible n'est plus la femme, mais l'homme.

 



I'M WITH HER

La séquence pré-générique est grandiose : arrivés par l'habituel vortex dans un nouveau monde, Quinn, Wade, Rembrandt et le professeur s'empressent d'aller acheter un bretzel avec l'espoir d'avoir retrouvé un monde sensé. Lorsque le vendeur leur parle de la déclaration du président qui va commencer à la télévision, le groupe se réjouit d'apprendre qu'il s'agit bien de Clinton. Mais pas n'importe lequel : Hillary Clinton. Stupéfaction.

Plus de deux décennies après, la candidate démocrate (qui aurait selon la rumeur refusé d'apparaître dans son propre rôle ici) a perdu les élections face au Donald Trump dont la victoire avait été prédit par un épisode des Simpson en 2000. Le monde des séries américaines est définitivement plein de surprises. 

 

Photo Jerry O'Connell

 

YES THEY CAN

Au-delà de cette scène forcément culte, Un monde au féminin est un très bon épisode, qui utilise le genre pour composer un miroir drôle et malin de la société. Un miroir particulièrement pertinent en 2016, alors que le féminisme est sur toutes les lèvres et déclenche des réactions de plus en plus extrêmes.

Coincés plusieurs semaines dans ce monde où le Pape est une femme et où les publicités mettent en avant des hommes à moitié nus, le groupe tente de s'installer. Quinn cherche un travail mais réalise qu'il ne peut être que nounou ou mannequin pour des photos. Wade, elle, s'attire vite le respect de la mairie et décroche un poste à responsabilité dans l'équipe de la maire, qui prépare les élections.  

L'épisode utilise la satire pour mettre en valeur les inégalités et discriminations sexistes, inversant les rôles pour gentiment se moquer des codes et stéréotypes. Lorsque Quinn passe finalement un entretien à la mairie, son interlocutrice commente ses vêtements, remarque qu'il est ici grâce à sa petite amie, s'étonne qu'un bel homme soit compétent et termine par un "Dîtes à Wade qu'elle a très bon goût...". Perturbé, le héros confie à ses camarades masculins qu'il a l'impression d'avoir été regardé comme un bout de viande.

De son côté, Rembrandt tente de gagner quelques dollars en chantant dans la rue lorsqu'une séduisante femme l'accoste pour lui promettre de lancer sa carrière. Une variation du pygmalion, puisque cette femme d'affaires utilise son pouvoir pour coucher avec lui, avec un mépris pour lui et son genre ("La plupart des hommes sont intéresséspar l'argent et ma belle voiture"), avant de l'éjecter quand il commence à questionner ses intentions.

 

Photo

 

SUFFRAGETTES

Combatif, le professeur Arturo est repéré par un groupe de militants pour les droits de l'homme. Exaspérés par l'omniprésence des femmes dans les sphères de pouvoir et le plafond de verre qui les empêche tous de surpasseur leur condition, ils veulent en faire un candidat aux élections municipales face à la maire ("On pense qu'un homme est tout aussi capable d'être en politique qu'une femme").

Parce qu'il n'a pas de crédibilité aux yeux des électeurs, il orchestre lors d'un débat une sortie de scène émotionnelle, pour échapper au cliché masculin utilisé par son adversaire. Les premiers résultats le donnent perdant mais quelques instants après son départ dans le vortex, la vérité éclate : il a remporté les élections (pied-de-nez aux médias, à la couverture des élections et aux estimations : là encore dans l'air du temps).

Peu importe, Arturo a perdu - les élections et son pari. Il sera l'esclave de Wade pendant 10 jours sur une plage paradisiaque, à lui apporter des cocktails. 

 

Photo Jerry O'Connell

 

Interrogé par Yahoo en mars dernier, Jerry O'Connell disait ne pas avoir oublié cet épisode : "Je l'adore. On parlait des problèmes de plafond de verre, de chauvinisme dans la société, le danger des stéréotypes. Quand la série parlait de ces choses, c'était le plus chouette". La série s'amusera d'ailleurs dans l'épisode Un monde de partage à imaginer que ce sont les hommes qui portent les enfants.

Une bonne raison de rouvrir les dossiers nostalgie et (re)voir cet épisode mémorable de Sliders, parmi une foule d'autres morceaux hautement conseillés. D'autant qu'Un monde au féminin rappelle l'âge d'or d'une série à l'histoire compliquée : dès la saison 4, l'équipe sera en partie changée, à l'écran comme en coulisses.

A Yahoo, Jerry O'Connell explique que les créateurs Tracy Tormé et Robert K. Weiss, ainsi que John Landis, ont quitté la série car ils en perdaient le contrôle (et même si leurs noms sont restés au générique). L'acteur suivra ses camarades John Rhys-Davies et Sabrina Lloyd et disparaîtra pour la cinquième et ultime saison, faisant de Cleavant Derricks le seul visage présent dans chaque épisode de Sliders.

 

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Photo Jerry O'Connell

 

commentaires

Fabb
01/08/2017 à 13:02

Il faut que sa continue c'était très bien cette série merci

Rarattate
24/11/2016 à 20:46

Elle était génial cette série très créative jusqu'au massacre effectué par la chaîne et les nouveaux scénaristes

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