Outcast : que vaut la nouvelle série du créateur de The Walking Dead ?

Geoffrey Crété | 13 juin 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Geoffrey Crété | 13 juin 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Alors que The Walking Dead déchaîne de plus en plus la haine malgré son succès indéniable, l'auteur Robert Kirkman s'envole vers de nouveaux horizons avec une nouvelle série adaptée de ses comics : Outcast.

Le règne du Mal est loin d'être révolu. Alors que la troisième saison de Penny Dreadful continue sa valse avec Lucifer, deux nouveautés adaptées de comics mettent en scène le diable sous une forme ou une autre : Preacher, et Outcast diffusée en juin sur la chaîne Cinemax (The Knick).

Créée par Robert Kirkman, l'auteur des comics The Walking Dead qui adapte à nouveau son travail, Outcast tourne autour d'un homme poursuivi depuis son enfance par des forces démoniaques qui ont brisé sa vie. Après avoir vu sa mère puis sa propre famille possédées, Kyle Barnes s'est replié sur lui-même et coupé du monde. Mais le Mal rode encore dans cette petite ville, et Kyle n'est pas un être ordinaire.

 

Patrick Fugit

 

THE EVIL WITHIN

Le ton est donné dès les premières minutes. D'abord avec le très beau générique, sur une musique notamment composée par Atticus Ross (compère de Trent Reznor sur les derniers films de David Fincher) : sobre, loin du spectaculaire de la concurrence, il évoque avec une belle efficacité l'horreur qui se cache dans les mailles de la sacro-sainte petite ville américaine. Ensuite avec l'introduction du pilote : un môme tape son crâne contre un mur pour écraser et dévorer un insecte, avant de descendre dans le salon pour voler quelques chips et grignoter son propre doigt sous les yeux ébahis de sa mère. 

Réalisé par Adam Wingard (You're Next, V/H/S) et scénarisé par Kirkman, le premier épisode installe une ambiance fantastique en jouant sur les deux facettes de cette normalité mi-morne mi-terrifiante. De cette effroyable introduction à la présentation du héros isolé dans sa tanière (avec un poster "I Want to Believe" dans sa chambre), de cette escapade au supermarché à ces flashbacks brutaux, le pilote est d'une solidité remarquable. Sous ses airs un peu ordinaires, il plonge dans un monde particulièrement envoûtant.

 

Patrick Fugit

 

THE NEW NORMAL

Outcast ne raconte pourtant rien de bien neuf : des gens possédés par une force maléfique (illustrée par une vague flottante d'huile noire qui s'échappe de ses victimes) et d'autres qui n'y croient pas, dans le cadre religieux d'une petite communauté de l'Amérique. Le héros, vraisemblablement poursuivi par cette puissance obscure, est victime d'une société qui rejette la vérité, et préfère le désigner comme coupable. Une partition classique heureusement interprétée par l'excellent Patrick Fugit, vu dans le film indé Queen of Earth

La série créée par Robert Kirkman parvient pourtant à exister et même s'épanouir dans ce décor bien connu. La séance d'exorcisme dans la chambre, trop filmée et usée pour procurer encore de véritables frissons, reste ainsi saisissante, notamment parce qu'un homme accusé d'avoir frappé sa fille tape violemment un enfant sous les yeux d'un prêtre. L'angoisse tient autant de ce Mal tapi dans l'ombre de l'ordinaire que dans la détresse de ce trentenaire traumatisé, qui ne sort de sa léthargie que pour réaffronter cette force diabolique.

 

Pilote

 

HESITANT EVIL

Passé cette parfaite mise en bouche, Outcast se montre plus hésitant dans le deuxième épisode. Les enjeux installés sont approfondis, quelques informations précieuses sont offertes, mais le dessein global de la saison reste encore mystérieux. Suffisamment pour laisser le spectateur sur ses gardes, tout en laissant très clairement l'envie d'accompagner Kyle Barnes dans ce voyage au bout de l'enfer - et de lui-même.

Adapté du comics éponyme de Robert Kirkman, la série Outcast a été lancée avant même la publication. Une saison 2 a été commandée avant la diffusion de la première. L'homme derrière The Walking Dead (et dans une moindre mesure, Fear the Walking Dead) a donc acquis un statut remarquable, devenant une marque et un argument de promo.

Une chose rassurante toutefois pour contrebalancer ce règne inquiétant : Robert Kirkman, qui décrit Outcast comme "une histoire épique", a assuré qu'il savait précisément où allait l'histoire. "C'est la première fois que j'ai la fin complètement en tête dès le début"

 

Poster

 

 

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commentaires
Louig
14/06/2016 à 16:49

Pas vu le 2 encore mais pour l'instant je trouve ça pas mal, et concernant preacher j’adore ^^

Geoffrey Crété - Rédaction
14/06/2016 à 12:52

@Pesto

L'idée n'était pas de dérouler la filmographie de l'acteur mais de le situer rapidement dans l'actualité.
Le très intéressant Queen of Earth, sorti en France il y a 9 mois, est son dernier premier rôle remarquable (premier rôle masculin, aux cotés de Moss et Waterston). Gone Girl est effectivement beaucoup moins notable puisqu'au second plan, et Presque célèbre est sorti il y a 16 ans.

Pesto
14/06/2016 à 12:39

"Patrick Fugit, vu dans le film indé Queen of Earth"
et Almost Famous, ou encore son second rôle dans Gone Girl, nan même pas un peu ?!

west666
14/06/2016 à 08:52

Très bon première épisodes , le deuxième moins bien .........

Geoffrey Crété - Rédaction
13/06/2016 à 18:01

@yellow submarine

On est sur le coup, ça ne saurait donc tarder ;)

Yellow submarine
13/06/2016 à 17:54

Arrrr okay j'aurai été curieux d'avoir votre avis

Geoffrey Crété - Rédaction
13/06/2016 à 16:52

@yellow submarine

C'est prévu d'ici la fin de la saison 1 cet été.

yellow submarine
13/06/2016 à 16:38

et vous comptez pas parler de Preacher ?

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