Black Summer : cruel, sanglant, violent, audacieux... le spin-off de Z Nation surprend le monde des zombies sur Netflix

Alexandre Janowiak | 17 avril 2019 - MAJ : 17/04/2019 17:55
Alexandre Janowiak | 17 avril 2019 - MAJ : 17/04/2019 17:55
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Alors que The Walking Dead continue son chemin sur AMC, la série Z Nation s'est terminée il y a quelques mois sur Netflix après cinq saisons. Cependant, la plateforme a décidé de continuer son trip zombiesque en revenant sur les débuts de l'apocalypse de la série mère avec le spin-off Black Summer.

Ecran Large a regardé la première saison pour se faire une idée et la nouvelle série de zombies s'est révélée pleine de surprises.

ATTENTION QUELQUES SPOILERS !

 

 

L'ENFER ZOMBIESQUE

Dès ses premiers instants, on comprend rapidement que Black Summer ne sera pas une série de zombie comme les autres. Une jeune femme regarde par la fenêtre, son mari lui dit qu'il est temps d'y aller, le couple et leur fille sortent alors de leur maison et trottinent dans la rue pour rejoindre un point de rendez-vous. Sans discontinuité, la caméra les suit et continuera à les suivre pendant près de huit minutes dans un plan-séquence immersif, audacieux et prenant.

Ainsi, en quelques instants, ce spin-off de Z Nation - une appellation qui se révélera juste aguicheuse tant la série n'a que peu en commun avec le show de Syfy - marque les esprits. Certes, le plan-séquence n'est pas toujours optimal (quelques effets de transition numérique ratée) mais le choix de mise en scène dénote d'une vraie ambition technique et promet d'une série qui préférera oser plutôt que se contenter de la facilité.

C'est à ce niveau que Black Summer prend une jolie ampleur tout au long de ses huit épisodes. Si le récit suit aux premiers abords le parcours de Rose (Jaime King) pour retrouver sa fille dont elle a été séparée lors du plan d'ouverture du pilote, la série va aller plus loin.

 

photo, Jaime KingUn plan-séquence épatant qui en annonce plein d'autres

 

PRISON OF THE DEAD

Black Summer n'est pas une série qui va d'un point A à un point B où tout est prédéterminé. Le pilote présente dans les grandes lignes les personnages qui seront au coeur du récit, et nombre d'entre eux mourront ou finiront en zombie durant leur parcours. Black Summer passe donc d'un groupe à l'autre - un à pied, un en voiture (en tout cas au début) -, sans vraiment qu'il sache où aller, quoi faire et comment rester en vie.

Le moyen parfait pour s'essayer à de multiples concepts d'épisodes. De cette manière, le deuxième épisode se déroulera quasiment entièrement dans une voiture, quand un autre se déroulera quasiment uniquement dans un dinner, assiégé par deux zombies affamés, où un groupe est cloitré. La série s'offre donc des vrais moments de tensions grâce à des idées basiques mais ingénieuses où le spectateur est tour à tour oppressé ou essoufflé.

 

PhotoSeul au monde version zombie

 

Alors qu'un groupe est piégé dans une école et que chaque membre est esseulé, le récit s'amuse à varier les points de vues. Avec sa mise en scène souvent composée de longs plans-séquences (on pense à Snake EyesElephant ou au final de Nocturama par rapport à la multiplication des points de vues), le spectateur vit alors la péripétie en cours auprès de chaque personnage et change d'ambiance en fonction du regard choisi.

A l'inverse, l'épisode suivant pousse le personnage de Lance (Kelsey Flower) à l'extérieur où il se retrouve pourchassé par un zombie tout au long de l'épisode, isolé et livré à lui-même. Le spectateur épouse alors son unique perspective et plonge également dans un trip solitaire, dont il est prisonnier.

Efficacement, la série nous fait comprendre qu'il n'y a pas de moyen de se sentir en sécurité dorénavant, la menace pouvant sortir de nulle part et pouvant se trouver absolument partout. La série se transforme alors en petit plaisir horrifique jubilatoire par instants (les conduits d'aération, l'accident de voiture) ou d'une violence, noirceur et cruauté indéniable à d'autres (ce sacrifice final, ce meurtre en guise de remerciement...).

 

PhotoLa lutte pour survivre est permanente, de jour comme de nuit

 

DES VIVANTS MORTS

En effet, la série ne laisse jamais ses personnages dans une situation de calme et d'apaisement, et elle ne leur permettra jamais de se faire pleinement confiance. Fini l'attentisme interminable aux dialogues pompeux de Fear the Walking Dead ou The Walking Dead, bienvenus le mouvement perpétuel et les silences persistants. Pendant l'apocalypse, le temps presse et il n'est pas question d'en perdre pour des questions futiles sur le parcours de chacun. L'humanité n'existe plus et le temps des amitiés solides est révolu.

Si l'idée est intéressante et d'une logique implacable, c'est peut-être ici que Black Summer est, en même temps, la moins maitrisée. Certes, elle évite les discussions sans intérêt et clichées puisqu'elle développe très peu ses personnages. Mais de facto, difficile de s'attacher ou de s'émouvoir du décès de certains ou certaines.

 

photo, Jaime KingL'évolution de Rose est d'ailleurs très clichée

 

D'un côté, il y a une vraie belle ambiance posée (malgré certaines séquences cheap), une mise en scène percutante, un rythme équilibré et plutôt harmonieux ; de l'autre côté, l'absence de ligne directrice donne une sensation de fouilli et l'avancée des personnages paraît vaine et superflue.

Si le choix scénaristique de développer peu ses protagonistes aurait pu être fort, puissant et payant, il est anéanti par l'ultime épisode. En effet, le plan final plonge la série dans une quête familiale emplie d'une mélancolie qu'on n'attendait plus. Le manque de profondeur de Black Summer, qui semblait être un choix intentionnel des créateurs du show, dissimulait finalement un laisser-aller scénaristique involontaire. Dommage.

 

photoPrêt à maraver du zombie ?

 

Black Summer est une belle surprise post-apocalyptique et zombiesque. Son ambition technique et sa cruauté permanente font d'elle une série à la fois violente et jubilatoire, effrayante et inhumaine. Dommage cependant qu'elle laisse en bouche une impression de vide scénaristique, tant son intrigue est inexistante et tant son tout semble voué à être un simple exercice stylistique (réussi) qui manque cruellement de profondeur.

Black Summer est disponible en intégralité sur Netflix depuis le 11 avril 2019.

 

affiche

commentaires

Versus
19/04/2019 à 21:46

J ai aimé une vraie tension pas de dialogues interminables des acteurs inconnus on ne sait pas qui va survire c est pas la base de tout récit horrifique qui se respecte ça.Des faiblesses certes mais le cœur y est,l envi de sortir des sentiers battus.Rappelez moi quel épisode de the walking dead a provoqué cette sensation dernièrement.Ha il est loin le temps où c est Frank darabont qui chapeautait le truc.

Vlade Runner
19/04/2019 à 20:13

Enfin de la tension avec des (zombies) une Real réaliste... Courre courre !

Sherlock
19/04/2019 à 12:25

@Kouak XD
Convoquer des films comme Snake eyes pour comparer le plan séquence du début faut oser...cette série tu prie pour que les personnages se fassent bouffer au plus vite tellement ils sont détestables

Henryhdm
18/04/2019 à 22:17

Un seul mot NUL

Serievore
18/04/2019 à 16:48

Serie chiante a mourrir. Il ne se passe rien, on se contente de suivre des personnages qui se deplacent d un point A vers un point B. Bref que du vu et revu. Et c est une serie ASYLUM. Vous savez ceux qui font les mega shark Vs giant octopus, ou toutes les films sans budgets qui repompent les sujets des blockbusters pour en sortir des versions pourries, ou seul le titre ressemblle vaguement au film d origine.
Ce site, on se demande sur quels criteres ils choisissent leur "critiques".

sylvinception
18/04/2019 à 16:24

"prêt à marave", et non pas "à maraver".
De rien.

Kouak
18/04/2019 à 12:16

Bonjour,
J'ai arrêté au 4ème épisode.
Mais bon, comme je suis curieux de nature...
@Sherlock
Vu également le tech' dans la vitrine...LOL !
Les poursuites pédestres c'est bien, mais quand aucun des perso ne ferme les portes histoire de laisser passer le cameraman, question immersion, c'est quelque peu raté...
Sinon certaines choses sont bonnes.
Mais à vrai dire, je ne me souviens plus lesquelles...
;-)
Bref...

Bennn
18/04/2019 à 09:44

Critique intéressante que contrebalance mon article ci-après : https://lapellicule.fr/serie/black-summer-premiere-partie/

Banshen
18/04/2019 à 02:53

Ca comprend a la fin qu'il faut tirer dans la tête, et les poursuites interminables on pense jamais a fermer une porte. Acteur mauvais vide Donc the walking dead ah encore des beau jours.

Kalex
17/04/2019 à 23:39

La pire série de zombies!!. Pas de dialogue, c’était juste de courir partout. Jamais j’avais vu des zombies qui courent presque sans arrêt .
Les personnages étaient pas attachants.

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