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Lastman : pourquoi il faut voir et revoir la série française sur Netflix

Par Christophe Foltzer
2 septembre 2018
MAJ : 21 mai 2024
21 commentaires

La série Lastman existe depuis 2016 et on n’en parle qu’aujourd’hui ? Oh, on se calme direct. Le plus important c’est d’en parler, non ?

Affiche officielle

Il existe un gros malentendu lorsque l’on parle d’animation à la française, qui en fait, n’est que le reflet d’un problème bien plus vaste et à élargir à toute notre création actuelle. Bien que nous soyons l’un des leaders de l’animation à l’échelle mondiale, il n’existe que peu de programmes vraiment risqués et originaux à destination des adultes et des jeunes adultes. Un manque que Lastman comble avec brio.

 

photoRichard Aldana et Dave McKenzie

 

PAF DANS TA GUEULE !

Lastman ne vient pas de nulle part puisqu’il est à l’origine une bande-dessinée de Bastien Vivès, Balak et Michaël Sanlaville, publiée tout d’abord en ligne avant de sortir en 2013 aux éditions Casterman. Une oeuvre hybride, aux influences diverses, considérée tout d’abord comme un « manga à la française » mais qui sert surtout de point de rencontre entre divers courants culturels, phénomène typique de la génération des trentenaires-quadragénaires actuelle, biberonnée à la japanimation, aux jeux vidéo, tout autant qu’aux comics. Destiné à un public d’adultes et de jeunes adultes, la BD effectue avec brio toutes les figures imposées du genre « shonen » avec son tournoi dans un monde merveilleux, ses adversaires redoutables, son héros bourrin, bourru mais au grand coeur, et son découpage dynamique et audacieux.

Après un premier cycle de six tomes, la BD revient pour une seconde période toujours en cours de parution et ne dément pas son postulat de départ ainsi que ses nombreuses qualités, tant graphiques (Bastien Vivès est un bon) que scénaristiques (Balak est un très bon). Evidemment, après un bon acceuil critique et public, la possibilité d’élargir cet univers sur d’autres supports est envisagée et c’est là que les choses se compliquent.

 

photoSiri, l’objet de toutes les convoitises

 

UN POING C’EST TOUT !

L’idée de créer une série animée Lastman germe donc rapidement dans l’esprit de ses auteurs et la décision est prise de ne pas se contenter d’une bête adaptation de la BD mais d’en proposer un prequel qui se déroulerait dans notre monde. Nous y suivons donc Richard Aldana, boxeur loser qui, suite à l’enlèvement de son mentor, Dave McKenzie, fait la connaissance de sa fille adoptive Siri, qui semble être au centre de toutes les convoitises de la mystérieuse secte de l’Ordre du Lion. Aidé d’Howard, le frère de Dave et de son pote Taylor, Aldana va devoir plonger dans les ténèbres de Paxtown pour protérer Siri du terrifiant Rizel et de ses Roitelets.

 

photoLa série se permet aussi un commentaire social pas piqué des hannetons

 

Une équipe est rapidement montée, la série sera chapeautée par Jérémie Périn, animateur, réalisateur et scénariste à la réputation grandissante (et qui nous a bien soufflé récemment avec le trailer de la série Crisis Jung) et Laurent Sarfati (que les plus vieux lecteurs du magazine Joystick connaissent sous le nom de Monsieur Pomme de Terre), en charge du pool auteurs, tandis que Balak surveille de haut que les choses se passent bien. Et ça ne tarde pas à se corser puisque, même si France Télévisions met des billes dans l’affaire, voilà qu’en 2016 un partenaire disparait brutalement du projet, le mettant ainsi gravement en péril. Une campagne Kickstarter est lancée en urgence et, heureusement, les fonds nécessaires sont réunis et la série peut se terminer.

La première diffusion a lieu sur France 4 en 2016 au cours de quatre soirées spéciales. Il faut dire aussi que le format n’est pas des plus attendus. Si la série comporte bien 26 épisodes, ils ne font que 10 minutes chacun. Ce qui pourrait constituer un grand défaut est en fait la principale force de Lastman. En effet, avec un tel format, pas de place pour le gras, il faut aller directement à l’essentiel, ne pas perdre de temps, garder son énergie au maximum. Ce que la série réussit avec brio puisque l’intrigue menée tambour battant ne souffre d’aucune longueur autre que nécessaire à sa respiration.

 

photoBaston !

 

« TU DIS ÇA PARCE QUE J’AI UNE GRENADE »

D’un point de vue visuel, c’est magnifique, l’univers dépeint est riche et très inspiré, on reconnaitra des références graphiques ici et là qui ont toujours la bonne idée de ne jamais s’imposer et si l’animation un peu sommaire trahit l’étroitesse du budget, elle se permet régulièrement des moments de gloire qui nous décrochent la rétine. Mais la grande force de Lastman réside dans ses personnages et son écriture. Bien sûr, le scénario ne brille pas par son originalité et, globalement, on sait où l’on va. Mais les différents personnages sont très attachants, humains et possèdent une profondeur que l’on croise rarement dans une production d’animation française, généralement exclusivement tournée vers le jeune public (et particulièrement le « pré-school »). Non, ici nous avons droit à de la violence, du sexe, des combats tendus, des moments d’horreur pure, du mystère et quelques instants d’émotion pure.

 

photoBaston ! Baston !

 

L’autre gros point fort de la série, c’est son humour. Entre références (jamais appuyées encore une fois) et dialogues au couteau, Lastman puise son inspiration humoristique dans les dialogues de Laurent Chalumeau (qui a fait le bonheur de l’émission Nulle Part Ailleurs et des personnages interprétés par Antoine de Caune dans les années 90), avec ce côté popu et gouailleur extrêmement naturel. Il n’est pas rare d’ailleurs que l’on éclate de rire sans vraiment s’en rendre compte tant les saillies touchent leur cible par leur efficacité et un doublage toujours de grande qualité.

Bref, vous l’aurez compris, Lastman est un cas assez unique dans la production française et semble ouvrir la voie à une création plus tournée vers les adultes et totalement en phase avec son époque. Limitée par son budget certes, très dense, ce qui découragera certains de se lancer dans un marathon, jouant de nos marqueurs culturels avec énormément d’amour et de respect et proposant un univers saisissant. En gros, Lastman est une série qui ne se moque jamais de son public, faite avec amour et passion et qui montre tout de suite qu’elle a un coeur gros comme ça. On peut donc remercier France Télévisions d’avoir tenté le pari, France 4 de l’avoir diffusé la première fois et Netflix de l’avoir racheté et proposé sur sa plateforme depuis le 1er juillet dernier.

 

Lastman est un petit bijou, un OVNI sorti de nulle part et qui tombe au bon moment pour recadrer l’animation française avec sa culture protéiforme et sa capacité à prendre des risques. Rollercoaster d’émotions, traversé de purs instants de grâce, sa découverte est obligatoire. Et on espère que le chemin qu’elle a ouvert se transformera bientôt en boulevard. Chapeau bas les amis, c’est réussi.

 

Affiche officielle

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Zapan

En effet, je n’y avais jamais un oeil alors que bcp d’amis m’en parlait. Confirmation: c’est une petite pépite dans l’animation « Adulte » Fr. Des vrais barres de rire et de très bons moments.

Fanman

J ai découvert l anime que j ai adoré sur Netflix, la version papier et top et c est la suite de la série. J espère qu on aura droit à une saison 2, car à l origine, il voulait juste faire une prequel de la bande dessinée.

Pseudo81

Dommage que france 4 ne donne pas d’argent pour ce payer des articles peut être que la série aurait marcher… Après maintenant que Netflix a acheter les droits c’est devenue un chef d’oeuvre pour beaucoup de site comme pour pas mal de série sur Netflix….

Cuttyflam

Un animée français et donc doublé en français, j’en doutais, mais en fait j’ai bien aimé, en espérant que ça ouvre la voix.

Uleertel

« – sors de ma chambre! – sors de ma mère! »
Ahhhh j’adore tellement cette série, un des divertissements les plus fun et rigolard que j’ai vu depuis longtemps et je n’aurais jamais attendu une production française sur ce type de production. Bravo.