Falcon et le Soldat de l'Hiver saison 1 épisode 3 : De Zemo à héros chez Marvel

Antoine Desrues | 2 avril 2021 - MAJ : 02/04/2021 16:15
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affiche

Falcon et le Soldat de l’Hiver continue de tracer sa route avec difficulté, bien que la série soit épaulée par des personnages secondaires salvateurs.

ATTENTION : PETITS SPOILERS EN PERSPECTIVE

 

photoUn set-up subtil...

 

Fonds de tiroir

Ça y est, le Baron Zemo est de retour ! Après le cliffhanger plus ou moins excitant du précédent épisodeFalcon et le Soldat de l'Hiver rebondit grâce à l’antagoniste de Captain America : Civil War. Il n’en faut d’ailleurs pas plus pour que Marvel abreuve d’easter eggs et de clins d’œil son spectateur, sans doute afin d’éviter que ce dernier ne s’endorme dans son canapé.

À vrai dire, l’arrivée précipitée de ce méchant (jusque-là très secondaire dans le MCU) résonne comme l'énième aveu d’échec d’une série qui peine à trouver une dynamique avec ses deux protagonistes. Malgré un montage plutôt malin, l’évasion de Zemo de sa prison allemande se déroule à peine quelques minutes après le début de l’épisode, sans même que Bucky ne remette en question sa décision. Au-delà du fait que la mise en scène d’un dilemme moral aurait pu épaissir les personnages, cette démarche d’éjaculateur précoce rend notre ami cyborg encore plus bête qu’à l’accoutumée. Après tout, ce n’est pas comme si Zemo avait tenté de la lui faire à l’envers par le passé...

 

photo, Sebastian Stan, Daniel Brühl, Anthony MackieHeureusement que Daniel Brühl est là pour mettre son grain de sel

 

Pour autant, Falcon et le Soldat de l’Hiver gagne clairement en capital sympathie par ce retournement de situation, qui chamboule (gentiment) le laborieux buddy-movie qu’il tente de mettre en place. En quelques secondes, Daniel Brühl vole la vedette à ses petits camarades de jeu, et fait évoluer la figure platement tragique de Civil War en menace aussi charmante que pince-sans-rire.

Pour le coup, le format sériel aide à donner corps à ce méchant revisité. Si l’ensemble demeure assez superficiel, cet épisode 3 nous laisse apercevoir tout le pouvoir et la connaissance du Baron au sein des divers milieux criminels. Ce prolongement du hors-champ maladroit des frères Russo s’accompagne d’ailleurs des rares répliques pertinentes sur le poids des icônes, fil rouge assez mal développé de l’œuvre.

Autre ajout non-négligeable, celui de Sharon Carter (Emily VanCamp). Bien qu’insérée à la va-comme-je-te-pousse, l’agent 13 de Captain America 2 et 3 a visiblement souffert des événements de Civil War, et de l’aide qu’elle a apportée à Steve Rogers. Désormais reclus à l’autre bout de la planète, le personnage s’intègre plutôt bien au concept global de cette série dédiée aux seconds couteaux de l’univers Marvel, voire à un contrechamp délaissé sur les victimes collatérales des super-héros, peu inquiétés dans leur tour d’ivoire.

 

photo, Emily VanCampAh Sharon... Sharon ?

 

Madripourri

Malheureusement, tout ce beau monde se retrouve une nouvelle fois bazardé dans une intrigue aussi speedée qu’un Sonic sous cocaïne. À force de ne pas prendre le temps de donner corps aux enjeux de la série (les Flag-Smashers sont toujours aussi insignifiants), l’ampleur que voudrait suggérer Falcon et le Soldat de l’Hiver se retrouve engoncée dans la petitesse de nos écrans domestiques. Un comble pour une production censée appuyer les moyens mis en œuvre par Disney+ pour talonner la qualité de ses productions cinématographiques.

Et pourtant, cet épisode 3 assume plus que jamais sa dimension globe-trotter héritée de James Bond, occasion manquée, mais promesse excitante de voir Marvel normaliser les rencontres entre les divers pans de son univers, alors même que les crossovers semblent être devenus une formalité depuis Infinity War. Ici, le studio de Kevin Feige nous introduit à l’île de Madripoor, décor fictif de la Maison des Idées pas du tout inspiré par Singapour, et repère de gangsters en tous genres.

Ce lieu culte des comics (notamment relié aux X-Men) promet dès son plan d'ensemble introductif d'offrir un véritable sentiment de dépaysement au sein de la série, comme le Wakanda et ses designs inspirés ont pu le faire avec Black Panther.

 

photoMandripoor, ou du moins le seul plan cool de la ville en CGI

 

Pourtant, caché derrière ses atours faciles de techno-thriller grisâtre, Falcon et le Soldat de l’Hiver fait preuve d’une flemme absolument gênante, qui laisse songeur quant au budget a priori conséquent du blockbuster Marvel (150 millions de dollars pour six épisodes ?). Entre ses néons laids, ses deux pauvres façades d’immeuble et ses inserts risibles sur des figurants mal cosplayés, Madripoor est réduite à la production design d’un DTV de Steven Seagal tourné dans un hangar d’Europe de l’Est. Et après l'aéroport tout tristounet de Civil War, Marvel a réussi à se dépasser en matière de décor chiant, puisque le dernier acte de ce chapitre nous fait la joie de se dérouler au sein d’un port de containers.

À partir de là, on peut se demander si Marvel n’a pas légèrement fait preuve de mythomanie compulsive quant aux moyens mis en œuvre dans sa série, ou si ses équipes habituées à travailler dans l’urgence ont définitivement baissé les bras. Et ce ne sont pas les scènes d’action pachydermiques de cet épisode qui vont changer la donne, entre le découpage toujours plus elliptique des combats rapprochés, et les faux plans-séquences aussi attrayants que la vision d’un chat écrasé par un bus.

La pauvreté de la mise en scène en devient même involontairement drôle lorsque le studio essaie de rappeler la solidité de sa fabrique habituelle, par ailleurs présente à certains endroits. On saluera à l’occasion le travail d’Henry Jackman à la musique, qui s’amuse discrètement à prolonger ses thèmes musicaux composés pour Civil War.

 

photo, Emily VanCamp, Sebastian Stan, Anthony MackieIl faut flinguer le décorateur !

 

Alors certes, ce troisième épisode a au moins le mérite de relancer la machine après un deuxième chapitre particulièrement mou. Mais traditionnellement, les séries télévisées suivent une certaine rigueur structurelle, notamment à l’arrivée d’une moitié de saison, censée soutenir un pic dramatique qui va répondre à celui du grand final. Pourtant, Falcon et le Soldat de l’Hiver semble se priver de ces règles basiques, comme en atteste d’ailleurs son cliffhanger soporifique. Puisque la narration est trop occupée à forcer au chausse-pied l’intégralité de ses péripéties, l’ensemble se retrouve paradoxalement à ne jamais avancer.

Là où WandaVision a eu la chance de pouvoir se reposer sur sa structure particulière, idéale pour alimenter les théories de fans et faire attendre la suite avec impatience, la nouvelle production Marvel n’arrive jamais à créer la surprise (et ce n’est pas l’introduction du méchant Power Broker, un nouvel antagoniste à la recherche du sérum des super-soldats, qui va bouleverser les choses). On en vient même à se demander si, finalement, Disney+ n’aurait pas mieux fait de balancer l’intégralité de sa mini-série en une seule salve d’épisodes, comme n’importe quelle prod Netflix aussitôt consommée, aussitôt oubliée.

Un nouvel épisode de Falcon et le Soldat de l’Hiver sort chaque vendredi sur Disney+ depuis le 19 mars 2021.

 

Affiche française

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commentaires lecteurs votre commentaire !
Ventis
04/04/2021 à 20:52

J'ai trouvé cet episode affligeant. La serie ne laisse rien s'installer (aucun suspense, aucune tension), les persos n'ont pas le temps d'exister et sont trimballés d'un décors à un autre sans que rien ne semble avoir de sens, les incohérences s'accumulent, l'action est zéro...quel triste spectacle.

Micju
03/04/2021 à 16:59

Moi j’ai bien aimé. Mais de grâce serait il possible que se soit moins sombre.La scène du bar on voit rien.

Flash
03/04/2021 à 08:35

Un peu meilleur que le deuxième épisode surtout grâce au retour de Zemo.
Sinon le faucon interprété par Anthony Mackie c'est pas terrible, l'acteur n'a pas beaucoup de charisme et la scène avec le téléphone portable à Madripoor, c'est d'un ridicule.
Pour l'instant c'est largement en dessous de Wanda vision.

Ken
02/04/2021 à 23:02

Vraiment naz cette série

Asher
02/04/2021 à 20:06

Cet episode est bien plus décevant que les précédentes pour ma part. Bien que l'histoire nous apporte de nouveaux lieux et le retour de 3 personnes du mcu. Il reste assez fainéant dans son scénario. Et bénéficie de trop de raccourci scenaristique. Voir d'explication tirée par les cheveux. L'évasion de Zemo pour commencé trop aisée. Pourquoi ne l'a t'il pas fait ultérieurement dans ce cas. Avec l'aide de complices ?
Sharon Carter est aussi trop vite embarquée dans l aventure et en sort aussi rapidement. Pour apprécier son retour.
L'explication de la fabrication du sérum de super soldat original sans modification et effets secondaires est donnée aussi soudainement que partiellement parceque cela arrange le scénario, mais n'est pas crédible.
Alors que la formule est recherchée depuis la fin de la seconde guerre, et de grand scientifique et l'armée n'ont pu reproduire que certains effets avec des conséquences secondaires. Là aucun échecs, ni justificatifs de cette réussite soudaine.
Trop de raccourci trop. Et trop de nouveau éléments en même temps.
Pourquoi tant de précipitation ?
Un episode complet sur l'évasion de Zemo et leur choix ou non de collaborer aurait été plus appréciable. De même qu'un épisode suivant sur leur séjour dans la ville avec une rencontre moins expéditive avec l'agent 13 aurait été préférable. Dommage je sens que l'on va regretter de n'avoir pas eut droit à 9 épisodes. Comme Wandavision.

Hank Hulé
02/04/2021 à 20:05

Cher Simon,
C'était une tentative visiblement ratée d'ironie. Caramba !

Simon Riaux - Rédaction
02/04/2021 à 18:43

@Hank Hulé

On se rassure comme on peut, mais ce n'est pas Antoine qui a écrit sur Wonder Woman.

Du reste, déçu que la grande indulgence d'Antoine pour Falcon et soldat de l'Hiver vous déplaise.

Hank Hulé
02/04/2021 à 18:41

En même temps, EL met 3/5 à WW84, faut pas s'étonner...

De Passage
02/04/2021 à 18:29

Ils sont dans leurs délires habituels, ils ne verront pas les améliorations.

Je te rejoins entièrement et j'ajoute que les scènes d'actions sont un chouia mieux réalisées (voir sharon), le bât blesse au moment où ils sortent du conteneur et commence à tirer, scène qui ne dure pas longtemps.

On sent qu'on est dans une série par moment avec un budget plus serré mais le celui-ci doit passer dans les fx globalement plus réussi que les autres séries.

3,5/5

Arnaud (le vrai)
02/04/2021 à 18:23

Quel épisode décevant ... après 2 épisodes assez cools et qui posaient quelques bases intéressantes pour la psychologie de nos deux héros, cet épisode me fait penser à un épisode d’Arrow tellement il fait cheap et le scénario est aux fraises

L’évasion de Zemo expédié en 1min montre en main et tellement pas crédible
Madripoor de loin semble mortel (par contre Singapour ... vous y êtes déjà allé ? Parce que moi j’y vis et je vois pas du tout Singapour la dedans. Shanghai a la limite ...), mais des qu’on est à l’intérieur c’est pitoyable
Les Flag Smashers ... sérieux me dites pas que ce seront les antagonistes de l’histoire parce qu’ils sont vraiment bidons
Sharon Carter qui débarque de n’importe où et est devenue la boss de Madripoor (enfin ... de la ville haute puisque Madripoor semble fonctionner à la Budapest où Lisbonne)

Y a pas un moment crédible, pas une scène bien faite, pas un élément de scénario palpitant (donc un pauvre clown de scientifique a réussi à faire le sérum du super soldat quand même des génies comme Banner s’y sont cassés les dents ...)

Seul élément positif de l’épisode, Daniel Bruhl est toujours aussi charismatique. C’est déjà ça ...

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