Knightfall : que vaut le pilote sur les Templiers et la quête du Graal ?

Alexandre Janowiak | 9 décembre 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58
67
Photo

Knightfall retrace les dernières années de l’Ordre des Templiers à travers la quête du Graal, juste avant la suppression de l'organisation en octobre 1307. Le pilote de cette nouvelle série était diffusé. Notre verdict.

ATTENTION SPOILERS

 

 

SACRÉ GRAAL

1291. Après 43 jours de siège à Acre, les templiers et leur meneur Sir Landry sont contraints de quitter la ville face aux musulmans. Cette défaite des chrétiens signe la fin de la présence franque en Terre Sainte et surtout la perte du Graal durant la bataille.

Quinze ans plus tard, nous retrouvons les Templiers à Paris. L’ordre du Temple est secoué et les chevaliers ne savent plus quel rôle ils doivent jouer dans la société. Au milieu du conflit déjà bien établi entre la communauté chrétienne et juive, la puissance du Pape Clément V et du roi de France Philippe le Bel, leur utilité est remise en question. Cependant, l’arrivée d’un indice sur l'emplacement du Graal va raviver les espoirs de Sir Landry.

 

Photo Tom CullenEn route vers le Graal

 

Knightfall est la nouvelle série de History et veut clairement se positionner dans le sillage de la série phare de la chaîne : Vikings. A l’heure de Game of Thrones, la série espère sans doute capitaliser sur son ambiance médiévale et ses combats à l’épée pour séduire le public, d’autant plus qu’elle s’est donnée quelques moyens. Elle est produite, entre autres, par l’Avengers Jeremy Renner et elle est surtout dirigée par des réalisateurs confirmés avec Douglas Mackinnon (Doctor Who, Outlander), Metin Hüseyin (Borgia, Outlander) ainsi que David Petrarca (Game of Thrones).

 

LE SANG DES TEMPLIERS

Dès ses premières minutes, Knightfall veut impressionner. Entre des épées, des charges à cheval, des boules de feu, des explosions, des flèches… les massacres provoqués par la Guerre sainte sont mis au premier plan grâce au siège d’Acre. Durant son pilote, la série ne lésine d’ailleurs pas sur les batailles avec un combat au centre de l’épisode et une lutte finale sanglante.

Sauf que là où son modèle Vikings offre des combats stylisés, spectaculaires et esthétiquement très propres, Knightfall rate très largement le coche. La bataille d’ouverture nous propose une farandole de plans poussiéreux, au montage haché, aux ralentis foireux et surtout bourrés de CGI dignes des plus mauvaises séries Z. La bataille finale efface certains problèmes (les horribles effets spéciaux sont absents) mais les remplace par d'autres : le combat se déroule dans une piètre forêt et dans un décor minimaliste.

 

Photo Tom CullenTom Cullen, heureusement que tu es là

 

De plus, si Tom Cullen, interprète de Sir Landry, a assez de charisme pour porter cette entrée en matière, l'absence de dialogues percutants ou simplement bien écrits rend ce pilote terriblement fade dans ses scènes de combats mais aussi lors des séquences plus posées. 

 

AU NOM DE L'HISTOIRE

Là où le show marque des points, c'est en posant les bases historiques qui formeront l'ensemble du récit de cette saison rapidement. C'est sur le plan historique, politique et religieux, où elle s'avère plutôt fidèle, que la série peut s'annoncer captivante. L'instauration des personnages principaux est propre : le roi de France (Ed Stoppard), Sir Landry (Tom Cullen) ou le conseiller du roi William de Nogaret (Julian Ovenden), et l'exposition succincte d'autres personnages historiques comme la Reine Jeanne de Navarre (Olivia Ross) peut annoncer des personnages forts.

De plus, si en extérieur la série laisse à désirer, le show peut compter sur des costumes soignés et des décors intérieurs réussis pour nous ancrer au coeur de l'époque médiévale et de ses sombres châteaux.

 

Photo Ed Stoppard, Olivia Ross, Julian OvendenStratégies dans la ligne de mire de la famille royale

 

Visuellement, le spectacle proposé par Knightfall laisse vraiment à désirer et ses dialogues mal écrits n'aident pas son faible casting à exister à l'écran. En revanche, Knightfall promet de jolies choses sur le plan historique, politique et religieux. Reste à savoir si la série prendra cette direction historique ou préfèrera enchainer les affreux combats spectaculaires pour le Graal tout au long de son récit.

 

Affiche officielle

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
commentaires lecteurs votre commentaire !
Kaya
29/08/2019 à 12:09

Je rigole encore de la fuite depuis le gibet de potence. Et mon dieu Landry et la reine sont ennuyeux avec leur changement d avis

bakari
24/02/2018 à 09:13

superbe serie personage tres interaisant je trouve ya pas besoin se pleindre tans

Arkahan
18/02/2018 à 16:42

Je suis surpris de lire tant d'avis hostiles !

Ok le côté historique est pas forcément fidèle mais ça c'est pas important le film n'est pas classé dans la catégorie biopic donc à partir de là je crois qu'un film est libre de fournir un scénario authentique, la valeur d'un scénario ne dépend aucunement de sa certification historique si l'oeuvre ne se donne pas le rôle d'un biopic dans l'idée. Partant de là on peut donc piocher ce qu'on veut dans l'histoire, il faut cependant que le scénario conserve une crédibilité dans l'évolution de sa narration, et Knightfall pour les 10 épisodes que j'ai vu me semble tout à fait crédible,

Les personnages principaux sont réalistes, tant les bons que les mauvais, ils ont des défauts, et des qualités, ils évoluent et on approfondit donc ces qualités et ces défauts, ils ont une dimension psychologique propre et un dynamisme intérieur, une foi une ambition un amour une haine un désir une croyance, ils sont très animés et le scénario est (comme la série Vikings d'ailleurs) doué d'une extraordinaire capacité de renouvellement de l'intrigue, ce qui fait que pour moi on ne s'ennuie jamais car l'intrigue est ce qui nous maintient en haleine. La seule éventuelle immaturité pourrait être que parce que le renouvellement de l'intrigue est systématique et rapide il faut considérer qu'approfondir l'intrigue peut parfois permettre de générer une modulation ralentissante nécessaire à donner plus de recul et d'appréciation au renouvellement vif et systématique de l'intrigue qui en soit n'est pas un défaut et même une très bonne qualité lorsqu'il s'agit d'une série de plusieurs épisodes mais qui s'entretient sans doute encore mieux avec des passages où l'intrigue est plus ralentie, ce qui permet par exemple d'approfondir la psychologie des personnages dans un film ou de générer une narration plus cohérente sur l'émergence et la dissipation de l'intrigue d'une scène à l'autre ou au long de plusieurs scènes s'il s'agit d'une intrigue plus vaste. Malgré cela les personnages sont loin d'être inaboutis et sont d'ailleurs plutôt attachants ou dérangeants dans leurs mauvais penchants ce qui nous procure un sentiment intime de connexion avec eux, on s'identifie donc on accroche. La mise en scène et l'ambiance visuelle, auditive ou graphique est tout à fait bonne les combats sont immersifs et font crédible, les costumes et les décors plaisants vraiment je prends grand plaisir à cette série.

jack one
10/02/2018 à 00:02

arrêter de critiquer les combats sont super les personnages attachants on est pas la pour récrire l histoire on est la pour revivre ses époques exceptionnel si tu aime pas regarde pas !!!!!!!

dodo
11/01/2018 à 17:21

ah ça! il est certain que nous sommes bien loin de l'histoire. Un templier sensé avoir fait voeux de chasteté se tape la reine, le graal de retour à Paris et de Nogaret qui se mêle des affaires de fesses de la princesse de France...De surcroit, vous verrez également les "ashashins femmes et " les arabes en les rues de paris, bref, tout est un peu mélangé...malgré tout ces series historiques changent vraimment de ce qu l'on a l'habitudes de regarder...

Temrah
16/12/2017 à 11:58

J'ai cru à une farce en regardant le premier épisode. Le côté historique est encore plus approximatif et douteux que l'aspect visuel. Le Roi de France (Philippe le Bel, surnommé "le roi de fer" ou "le roi de marbre") est représenté en cocu indécis, trompé par Landry et manipulé par Guillaume (William ?) de Nogaret, réduit pour sa part à un personnage de conspirateur figé dans des attitudes stéréotypées (on sent que Game of Thrones est passé par là...) et dont les motivations, à ce stade, restent inconnues. Le problème étant que l'on n'a pas vraiment envie de les découvrir, tellement le scénario épaissit les traits "machiavéliques" du personnage. Le ministre passe sont temps à jeter des regards noirs dans le dos du roi et à s'incliner obséquieusement dès que ce dernier se retourne; cette absence d'imagination (ou ce manque de réalisme ?) plombe rapidement les enjeux et les intentions du récit. Les acteurs sont peu convaincants ou mal dirigés et contribuent à accentuer le côté caricatural des personnages et des situations. Les effets spéciaux prêtent à sourire. Les décors n'ont aucune identité visuelle forte, on se situe en France mais cela reste un élément d'exposition abstrait: l'histoire pourrait en fait se dérouler ailleurs sans que l'on note la différence ou que celle-ci ait un impact sur l'histoire.
Le conflit entre l'Etat français naissant et la Papauté, riche de possibilités narratives et dramatiques, est réduit à une banale opposition de caractères (roi faible et manipulé, templier vertueux et fort, etc.) qui semble annoncer une sorte de soap opera à la sauce médiévale.
Encore plus décevant que la déjà très calamiteuse série "Versailles".

Kouak
11/12/2017 à 20:52

Ah?
Bin v'la pas aut' chose...
Historiquement parlant je n'ai jamais entendu parlé de William de Nogaret...
Et j'en ai lu des ouvrages sur les templiers...Vous pouvez me croire...
ENFIN... Comme ça, ça règle le problème de mon hésitation...
Je me rattraperai avec «les heures sombres»
et Marcel Churchill...Ou encore le futur biopic sur Didier Roosevelt...

Alexandre Janowiak - Rédaction
11/12/2017 à 17:25

Bonsoir Kouak,

historiquement les deux prénoms sont autorisés. Généralement, Guillaume est utilisé par les Français, et William par les Anglais. La série étant en anglais, il est nommé William dans ce pilote (en tout cas dans nos souvenirs). Afin d'éviter toute confusion, nous avons donc gardé ce prénom-ci.

Bonne soirée !

Kouak
11/12/2017 à 15:58

Bonjour,
GUILLAUME de Nogaret (ou Guilhem) le "patarin" et non pas William...
Les templiers et le saint Graal...Une immense blague à la Dan Brown...
Bref...Je me tâte...

targuette
09/12/2017 à 19:05

je vous rappelle que Vikings c'était pareil au début. La saison est loin d'être bonne, mais avec le temps c'est devenu excellent ! Patience

Plus
votre commentaire