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Le Passeur de Prospera : ne ratez pas cette dystopie passionnante entre Matrix et Blade Runner

Par Alexandre Janowiak
23 janvier 2025
MAJ : 27 janvier 2025
Le Passeur de Prospera : ne ratez pas cette dystopie passionnante entre Matrix et Blade Runner © Canva Warner

Le monde n’est peut-être pas celui qu’on croit dans Le Passeur de Prospera, dystopie captivante entre rêve et réalité.

Les lecteurs chevronnés de littérature fantastique à tendance horrifique connaissent probablement la trilogie Le Passage de Justin Cronin. L’Américain y mélangeait habilement les tonalités et les genres dans un grand récit d’aventure où les ultimes survivants d’une tragique pandémie, ayant transformé les infectés en créature vampire, tentaient de survivre dans un monde post-apocalyptique. Le cinquantenaire avait créé tout un monde dingue, d’ailleurs transposé sur le petit écran dans la série The Passage.

Huit ans après avoir conclu l’histoire, Justin Cronin revient enfin avec un nouvel univers grâce à Le Passeur de Prospera. Best-seller du New York Times en 2023, le livre a été largement salué par une myriade d’écrivains célèbres dont Andy Weir (Seul sur Mars) le décrivant comme « un roman puissant qui donne le frisson » ou l’éminent Stephen King parlant carrément d’un livre « impossible à lâcher ».

Désormais, Le Passeur de Prospera est disponible en France chez Robert Laffont, et on vous explique pourquoi c’est un immanquable si vous êtes fans de science-fiction dystopique (et plus encore).

Couverture - Le Passeur de Prospera

VIE DE RêVE

C’est d’abord ce qui est surprenant lorsqu’on se plonge dans Le Passeur de Prospera : la tonalité est totalement différente de la trilogie du Passage. Justin Cronin délaisse en effet l’horreur post-apo pour nous plonger dans un univers paradisiaque avec son archipel composé de trois îles différentes, dont Prospera. Les personnages y vivent une sorte d’utopie où personne ne s’inquiète de rien, chacun peut faire ce qu’il souhaite et tout le monde est plus ou moins immortel (à certaines conditions).

Tout du moins, sur le papier, puisqu’évidemment Prospera n’est peut-être pas aussi idyllique que ce que pensent les personnages (et aussi les lecteurs), comme présenté par le synopsis :

« Proctor mène une existence ordinaire et agréable sur l’île de Prospera. Il vit paisiblement marié à Élise et travaille comme passeur. Son rôle consiste à accompagner les retraités jusqu’au ferry qui les emmène vers l’île de la Crèche, où ils seront régénérés et leurs souvenirs effacés. Cependant, le jour arrive où il doit escorter son propre père. La situation ne se déroule pas comme prévu : à l’embarcadère, son père prend la fuite. Proctor parvient à le rattraper, et entend son père murmurer : « Le monde n’est pas le monde. Tu n’es pas toi. »

La scène a été capturée par les nombreuses caméras disséminées sur l’île. Les autorités de Prospera et un groupe de résistants de l’Annexe (l’île où vit le personnel d’appui) craignent que Proctor ait compris le sens des paroles de son père. Les événements se précipitent, et Proctor se retrouve contraint de fuir pour éviter d’être emmené de force à la Crèche. Il devient clair que la vie à Prospera n’est pas aussi idyllique que le laisse supposer son apparente tranquillité. »

Foundation
Un faux petit paradis…

Ainsi, au bout d’une soixantaine de pages seulement, la vie de notre héros Proctor bascule et notre lecture avec. C’est l’une des forces de Le Passeur de Prospera : il est difficile de ne pas avoir envie de percer tous les mystères de l’intrigue à partir de ce rebondissement. Que signifie « Ouranos » ? De quoi son père a-t-il tenté de le prévenir ? Pourquoi les autorités veulent-elles absolument l’empêcher de s’en souvenir ? Est-ce que cela a un rapport avec ses rêves désormais disparus ? Mystère.

Alors bien sûr, il y a quelque chose d’assez classique à suivre la quête d’un personnage cherchant à comprendre ce qu’il se cache derrière la fausse utopie qui l’entoure. Toutefois, Justin Cronin parvient régulièrement à déjouer certains clichés du genre pour mieux nous surprendre.

Westworld : photo
… qui cache de bien sombres secrets

FUIR UN PARADIS

L’objectif n’est pas de spoiler ici, mais Le Passeur de Prospera s’inspire clairement de quelques chefs-d’œuvre de la science-fiction, comme Matrix, Inception, Blade Runner, Westworld, voire Silo. Il est question de réalité, de rêve, d’illusion, de lourds secrets, mais aussi de technologie, de conspiration, de destruction, de lutte des classes, de survie… bref, c’est un sacré récit à tiroir où Proctor va avancer comme dans des niveaux.

D’une certaine manière, chaque étape lui permet de résoudre certaines énigmes majeures, tout en compliquant sa recherche existentielle. Chaque découverte cache en effet d’autres éléments de plus en plus complexes, dévoilant l’étendue de l’univers et surtout l’ambition narrative de Justin Cronin. À ce petit jeu là d’ailleurs, l’écrivain change parfois de point de vue, jonglant entre celui de Proctor (en très grande majorité) et celui de Théa, dont on ne révélera rien ici pour conserver quelques surprises.

Marion Cotillard et Leonardo DiCaprio dans Inception
Les personnages, toujours le vrai centre du récit

Une chose est sûre, au fil des chapitres, la réalité est pleinement déformée et il est difficile de savoir exactement si la vérité est bien celle présentée aux protagonistes ou s’il s’agit d’une énième ruse manipulatrice. D’où une jolie réussite narrative, puisque finalement, Le Passeur de Prospera est à la fois un grand voyage spectaculaire (beaucoup de suspense, de lieux différents…) et psychologique (réflexion sur l’humain, les sentiments, la liberté…).

Alors certes, le livre aurait sûrement gagné à être un peu plus court (il compte environ 600 pages). Reste que Justin Cronin sait comment nous tenir en haleine malgré tout, réanimant son intrigue là où on ne l’attendait pas forcément. En résulte un roman fascinant, parfois étrange, souvent palpitant et profondément attaché à ses personnages et leurs relations. C’est probablement cet aspect qui en fait un incontournable, Le Passeur de Prospera densifiant les enjeux universels du récit à travers les parcours intimes de ses héros.

Le livre est disponible dans toutes les bonnes librairies en France depuis le 23 janvier 2025 grâce à Robert Laffont.

Ceci est un article publié dans le cadre d’un partenariat. Mais c’est quoi un partenariat Écran Large ?

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pierre-oh

Un très bon livre, qui pourrait laisser craindre un certain classicisme, mais qui réussit à se jouer de nos attentes pour proposer des rebondissements bien sentis.
Je conseille encore plus sa magnifique trilogie Le Passage, malheureusement massacrée en série TV.

Prisonnier

Me semble que Peter Weir était bien plus talentueux en tant que réalisateur que ne l’est Andy Weir en tant qu’écrivain.

Vincent Terranova

Intriguant. Un livre qui va probablement être adapté au cinéma ou en série.
Je vais m’y plonger