Forza Horizon 5 – Test : pied au plancher, Xbox impose la première claque next-gen

Antoine Desrues | 12 novembre 2021 - MAJ : 12/11/2021 11:05
Antoine Desrues | 12 novembre 2021 - MAJ : 12/11/2021 11:05

En France, le domaine de la critique écrite est depuis longtemps fondé sur une certaine rigidité, incitant notamment l'auteur d'un texte à ne pas dépeindre sa subjectivité sur une œuvre via la première personne du singulier. Si le jeu vidéo, et l'interaction qu'il demande avec le joueur, tend déjà à rendre obsolète cette règle, il va nous falloir y faire une entorse pour évoquer Forza Horizon 5 et son rapport si particulier au regard du détenteur de la manette.

Le diable est dans les détails

J'ai une confession à faire : je peine à comprendre l'intérêt des modes photo dans les jeux vidéo. Certes, ils font sens dans des blockbusters à la technique irréprochable, mais ils poussent constamment à freiner la dynamique d'une séquence, et à hacher l'expérience de jeu dans le but de partager des captures d'écran stylisées sur ses réseaux sociaux.

À vrai dire, la persistance de la cross-gen semble faire souffrir le dixième art d'une légère stagnation, alors même que le bond technologique devrait aider à propulser certains gameplays dans le futur. On s'est habitué à certains codes, à certains passages obligés dont on ne s'interroge même plus de la raison d'être parfois discutable.

Or, pour ma part, la première prouesse de Forza Horizon 5 a été de me rappeler la valeur de ces éléments vus et revus, à commencer par le mode photo. En à peine une heure de jeu, je me suis surpris à mettre en pause son univers foisonnant pour ausculter le moindre détail. Mon véhicule s'est retrouvé pris dans une tempête, et me voilà émerveillé à zoomer sur chaque goutte de pluie parfaitement écrasée sur le capot. Lors d'une balade au cœur de la jungle, impossible de pas m'arrêter pour voir les rayons du soleil s'engouffrer entre les feuilles d'arbres, de sorte à délivrer des ombres plus vraies que nature.

 

photoC'est bien simple, on s'y croirait !

 

De toute façon, ce n'est pas comme si le nouveau jeu de course en monde ouvert de Playground Games manquait de moments à vous décrocher la mâchoire. En assumant pleinement la dimension arcade de son titre, le développeur nous fait découvrir son "festival" au travers d'une suite de séquences ouvertement spectaculaires. Cette introduction, qui parachute des voitures façon Fast & Furious 7, nous plonge ainsi dans les divers environnements de son nouveau terrain de jeu : le Mexique.

Au-delà d'offrir une carte encore plus grande que celle de Forza Horizon 4, Playground a su corriger le principal défaut du précédent opus, qui résidait dans le manque de diversité des paysages du Royaume-Uni. Ici, le studio s'est démené pour créer un bac à sable étonnamment organique, où l'on se plaît à naviguer d'une plage paradisiaque à la ville des alentours, avant de foncer dans des plaines désertiques jusqu'à atteindre un volcan en activité.

 

photoLe sens de l'épure

 

Pour autant, ce plaisir de l'exploration ne serait rien sans la réussite photoréaliste d'un titre qui donne enfin l'impression de comprendre ce que vaut la next-gen. Forza Horizon 4 était déjà l'un des standards graphiques de la génération précédente, mais ce cinquième épisode le dépasse en tous points, et avec une facilité déconcertante.

Que vous fonciez à 400 km/h sur l'autoroute ou que vous vous attardiez sur chaque cactus, le jeu déborde de détails hallucinants, simplifiant d'ailleurs l'expérience de conduite au vu de sa distance d'affichage jamais prise en défaut. Si j'ai personnellement privilégié le mode Performances, qui assure sans sourciller 60 fps à tout instant, le mode Graphique descend pour sa part à 30 fps, mais pour offrir encore plus de micro-interactions entre les voitures et l'environnement.

 

photo"I like sand"

 

Quand notre cœur fait vroum

Ainsi, Forza Horizon 5 semble rappeler l'importance d'une telle flamboyance technique, qui en vient à créer avec chaque joueur une connexion particulière à son univers. J'ai pour ma part rarement expérimenté un instant aussi étrangement parfait que lors d'une de mes premières courses en cross-country. Au volant d'un énorme pick-up, je me suis retrouvé dans l'incapacité de faire la course. Pourquoi ? Parce que j'ai été purement soufflé par la vitre arrière teintée du véhicule, dans laquelle se reflétait avec une précision jamais vue le décor qui l'entourait.

Soudainement, je ne jouais plus à un simple jeu de course. Je ressentais un lien tangible entre la voiture et son environnement. Cette sensation quasi-sublime, je l'ai perçue comme une main venue m'agripper par le col en sortant de l'écran, brisant cette barrière de la fiction à laquelle le jeu vidéo est pourtant si souvent confronté.

 

photoUne surprise vous attend à chaque virage

 

C'est d'autant plus revigorant que Playground n'a aucunement l'intention d'offrir un jeu réaliste. À l'inverse, Forza Horizon 5 est plus que jamais une cour de récréation, où les dégâts des voitures ne sont pas vraiment pris en compte, et où l'on peut se retrouver dans des situations aussi délirantes qu'une course au milieu des ruines d'un temple Maya, ou une partie de bowling géante avec notre bolide comme boule.

Dès lors, l'expérience n'en devient que plus magique, parce qu'elle parvient à avoir pour mot d'ordre une liberté trop souvent factice dans le jeu vidéo. En accord avec ses décors de carte postale, j'ai retrouvé, chose rare dans un monde virtuel, le plaisir presque nostalgique qu'évoque le road-trip ; cette sensation d'évasion qu'on ressent, la vitre baissée, lorsque le vent se met à souffler dans nos cheveux.

 

photoRallye entre amis ?

 

Mais là encore, on pourrait s'étonner d'une telle réussite au vu de la structure assez évidente de Forza Horizon 5. Reprenant globalement les acquis de ses aînés, le titre remplit à ras bord sa carte d'objectifs, à la manière des quêtes secondaires lourdingues d'un jeu Ubisoft. Pourtant, à l'aide d'un système de progression repensé, le joueur profite de missions scénarisées, qui débloquent petit à petit les diverses extensions du festival (courses de route, courses de rue, coups de pubs, etc.).

Comme je le disais précédemment, l'orfèvrerie de Playground Games se ressent dans ces légers remaniements, qui en viennent à perfectionner une formule au travers de chaque élément, de sorte à s'extirper de la fainéantise de la concurrence.

 

photoPlaisir de l'escapade

 

De cette façon, c'est par son inclusivité que Forza Horizon 5 brille le plus. Sa myriade de contenus n'est finalement qu'une fenêtre ouverte pour que le joueur se spécialise dans ce qu'il préfère. Jamais je n'ai ressenti un manque en délaissant telle ou telle feature de gameplay, quand bien même j’aimerais plus m'impliquer dans les options de tuning des voitures. Si la richesse du jeu a de quoi donner le tournis, entre ses différents types de conduites et ses fonctions multijoueurs plus ou moins improbables (à l'instar de son mode battle-royale étonnamment fun), le jeu est surtout porté par sa bonne humeur communicative, et sa multitude de détails qui aident le joueur à façonner l'expérience à son image.

Alors certes, Forza Horizon 5 a surtout transcendé le modèle des précédents opus, mais son incontestable prouesse reflète surtout son manque flagrant de compétition. Pour avoir passé des dizaines d'heures sur Burnout Paradise, je n'ai jamais compris pourquoi EA avait choisi de jeter aux oubliettes la saga de jeux de course la plus inventive qui soit. Le monde ouvert du dernier bijou de Playground Games n'a pas seulement réussi à marquer cet héritage, mais aussi à pointer du doigt un manque, un plaisir de jeu qu'il est actuellement le seul à nous offrir.

Forza Horizon 5 est disponible sur Xbox Series X/S, Xbox One, PC et via le Xbox Game Pass depuis le 9 novembre 2021.

N.B. : Ce test a été réalisé sur Xbox Series X. Il est néanmoins important de préciser que la version PC de Forza Horizon 5 connaît pour certains joueurs des problèmes au lancement du jeu, rencontrés par l'auteur de cet article.

 

photo

Résumé

Avec Forza Horizon 5, Playground Games a perfectionné son approche du jeu de course au travers d'un monde ouvert foisonnant, d'un contenu généreux et d'une technique tout bonnement démente. Sans conteste l'un des jeux incontournables de 2021 !

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Lecteurs

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commentaires
Bilbo
12/11/2021 à 14:31

Et une niaise en PLS, une !

Le diable
12/11/2021 à 12:56

Pro S?

totolitoto
12/11/2021 à 12:02

Aucune claque next-gen.

C'est FH4 avec une nouvelle map. ça fait deux ans que le jeuxvideo est en pause, comme tout le reste.

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