25 ans après la sortie du premier X-Men, le scénariste de la saga répond enfin à cette question des fans.
Des années avant l’avènement du MCU, Marvel a connu sa première renaissance en l’an 2000. Avec le film X-Men, de Bryan Singer, les super mutants créés par Stan Lee et Jack Kirby ont pris vie sur grand écran, avant même Spider-Man ou Iron-Man. Le film a également imposé la future star Hugh Jackman dans le rôle de Wolverine pour les décennies à venir.
Si X-Men et sa suite, X-Men 2 (2003), sont tous deux reconnus comme de bons longs-métrages par une bonne partie du public, ils sont néanmoins loin d’être exempts d’infidélités aux comics. Parmi les quelques libertés d’adaptation prises par le film, on pourrait par exemple évoquer le cas des costumes noirs des X-Men, bien plus ternes et sérieux que ceux des bandes dessinées. Un choix qui a été quelques fois critiqué par les fans. Aujourd’hui, cette décision est enfin justifiée par le scénariste des films.

X-Men in Black
David Hayter, scénariste de X-Men et X-Men 2, a été interrogé ce 10 juillet sur le réseau X/Twitter sur la fameuse question des costumes. Hayter a alors expliqué que ce choix est venu directement de Bryan Singer. Selon lui, le réalisateur aurait eu du mal à trouver, dans l’univers du film, une raison logique pour laquelle les mutants se battraient dans des costumes aussi voyants et peu pratiques :
» Notre réalisateur se demandait : “Pourquoi est-ce que Wolverine serait le seul à porter un masque ? Pourquoi Storm irait-elle se battre en bikini ? À moins qu’il y ait une raison valable pour qu’ils portent des uniformes, ils seront en vêtements de ville.” Du coup, les uniformes ont été conçus pour être protecteurs. «
En jaune et noir
Le cuir noir s’est imposé comme un compromis. Une tenue à la fois sobre, protectrice, et suffisamment fonctionnelle pour Singer, tout en donnant une cohésion visuelle au groupe. Cette recherche de réalisme semble assez légitime… Même si elle amorçait déjà un éloignement embarrassé des comics et de leur nature bariolée. On entrait alors peu à peu dans une ère où les films de super héros se devaient de devenir plus « adultes » et où le cinéma de divertissement cherchait à fuir le grotesque et le kitsch.
En ce sens, l’absence des costumes colorés dans X-Men serait presque le péché originel du film issu de comics qui ne s’assume plus. On pense par exemple à la fameuse réponse ironique de Cyclope à Wolverine sur le « spandex jaune » dans le film de Singer. Celle-ci apparaît comme l’une des toutes premières blagues d’une (trop) longue série. Vingt-cinq ans plus tard, les héros continuent ainsi de se moquer de leurs noms d’équipe, de leurs pouvoirs ou de leurs costumes.

Hayter n’est toutefois pas le seul à avoir apporté des éléments de réponse sur le cas des costumes noirs. Dans un article de CBR de juillet 2024, Kevin Feige (il était déjà jeune producteur associé sur X-Men) se souvient plutôt du carton de Matrix, sorti un an plus tôt. Le film des Wachowski avait imposé une nouvelle esthétique, sombre et stylisée, et les studios auraient vu dans la tenue de cuir noir une sorte de gage de succès.
« Ils ont dit : Dans Matrix, ils portent du cuir noir, alors mettez-les en cuir noir !« , raconte Feige. Une version des faits différente de celle de Hayter mais qui est peut-être complémentaire. Il est de toute façon probable que différents facteurs aient pu conduire à ce choix de costumes uniformes, ancrés dans leur époque. Des années plus tard, on en ressort enfin, alors que Superman remet son slip rouge et que Wolverine se réconcilie avec sa tenue jaune.
Les costumes des super-héros en général sont ridicules aujourd’hui, pour la bonne raison qu’ils ont pour la plupart été créés entre les années 30 et les années 60! On ne peut pas gommer comme ça presque un siècle d’évolution culturelle.
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Les super-héros avaient des costumes flashy parce qu’il fallait qu’ils « flashent » sur la couverture des petits fascicules des comics. C’était bon marché, la palette des encres utilisées étaient limitée et pour différencier les héros il fallait des couleurs qui pètent et attirent le jeune public de l’époque. Evidemment, avec le temps ces couleurs et ces costumes moulants sont devenus plus drôles que crédibles !
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Le génial Alan Moore en a d’ailleurs joué dans son monument « Watchmen », dès les années 80, où il tourne en dérision les costumes de ses « super-héros » cabossés. Ils sont encore plus ridicules, moulants et flashy que nature, et ça sert habilement cette histoire de loosers has been qui vont devoir renaître.
Les costumes des premiers X-Men des comics étaient eux-mêmes noirs (et aussi jaunes), il y avait déjà le soucis d’avoir des uniformes coordonnés et plus discrets que les autres super-héros.
Rien d’extraordinaire pour l’adaptation filmée (très inspirée des costumes de « La Planète des vampires » de Mario Bava)… qui refera de même dans le reboot « First Class », avec cette fois plus de jaune (c’est du kevlar).