The Odyssey, le nouveau film de Christopher Nolan, avec Matt Damon et Tom Holland, pourrait avoir donné des indices sur son tournage, et sa méthodologie.
À force, c’est un peu devenu une sorte de marronnier marketing : Christopher Nolan n’aime pas les VFX (ou effets visuels numériques). Si le réalisateur a fini par embrasser cette donnée dans la promotion de ses films, la réalité est plus complexe. De la trilogie Dark Knight à Interstellar en passant par Inception, Nolan a permis à certaines équipes dans les effets visuels d’être inventives et même pionnières (la représentation du trou noir d’Interstellar a été obtenue par des calculs compliqués), qui plus est avec des propositions spectaculaires, voire invisibles pour le commun des mortels.
Nolan a même tenu à apporter ces nuances en interview. Sauf que depuis quelques années, Hollywood ment sur l’authenticité de ses tournages et cherche à dissimuler la présence des VFX dans les films, comme si le public les rejetait obligatoirement (alors que le public rejette les « mauvais » VFX, souvent provoqués par des productions mal organisées). Dans le cas précis de Christopher Nolan, il évite les effets visuels numériques pour avoir un maximum de « vrais » éléments à l’image, mais aussi par rapport à ses tournages en pellicule (notamment en IMAX 70mm).
Pour Oppenheimer, une majorité du montage a pu être réalisée à partir du négatif original, et non avec une version numérisée de la pellicule, qui est entre autres essentielle lorsque vous y ajoutez des VFX. Malheureusement, ces détails sont souvent omis des vidéos de making of marketing à destination du grand public. C’est donc en partie une question de qualité d’image qui pousse le cinéaste vers de tels extrêmes, bien qu’on se demande comment il pourra s’en tirer avec son adaptation de L’Odyssée, l’un des récits épiques et fantastiques ultimes. On a déjà quelques éléments de réponse.
L’Odyssée sans VFX ?
Selon le média grec Tharros News, une partie de The Odyssey sera tournée en Grèce. Christopher Nolan se permettra pour l’occasion de poser sa caméra dans des décors impressionnants, comme le château de Methóni, l’Acrocorinthe, la plage de Voïdokilia ou la grotte de Nestor dans la ville de Pýlos (Nestor étant justement un roi présent dans le récit de L’Iliade et de L’Odyssée). Le ministère de la Culture a autorisé le tournage avec un respect strict des règles de préservation des lieux.
Mais plus intéressant, on apprend par ce même article que la plage de Voïdokilia et la grotte de Nestor devraient servir pour y filmer les scènes avec Polyphème, l’un des épisodes les plus connus de L’Odyssée. Le cyclope enferme dans sa grotte Ulysse et ses compagnons, avant que ceux-ci ne lui crèvent l’œil et ne s’échappent en se dissimulant sous ses brebis. Apparemment, une animatronique géante de 6 mètres sur 6 sera construite au cœur même de la grotte de Nestor pour les besoins de ce passage mythique.

Christopher Nolan peut se permettre ce type d’excentricité, et à vrai dire, ce choix d’une marionnette grandeur nature n’étonne guère. Cela étant dit, il convient de nuancer son emploi potentiel. Nul doute que le réalisateur cherche à rendre hommage aux grandes heures du péplum à l’ancienne, mais son animatronique ne va pas nécessairement s’opposer aux VFX.
D’une part, il est fort probable que les imperfections mécaniques inévitables de Polyphème soient corrigées par des ajouts numériques. D’autre part, cette création pourrait servir de référence, non seulement pour l’immersion des acteurs sur le plateau, mais aussi pour des animateurs. C’est encore aujourd’hui la meilleure manière d’obtenir des modèles 3D convaincants, puisque la caméra a capté sur un véritable objet les ombres, les lumières et plus généralement les interactions des matières.

Par exemple, pour The Dark Knight Rises, le Batwing a été réellement conçu, notamment pour la course-poursuite finale. Nolan voulait l’utiliser dans les plans, malgré ses mouvements aériens limités par sa monture sur roues. Résultat, il a été convaincu de troquer ce Batwing authentique pour sa version numérique, parfaitement exécutée grâce aux références de la vraie version.
En tout cas, difficile d’imaginer que The Odyssey pourra se priver de l’usage de VFX par sa nature de fresque épique et fantastique. Pour rappel, le film est prévu pour le 15 juillet 2026 dans les salles françaises, et possède un casting impressionnant, avec Tom Holland, Zendaya, Matt Damon, Robert Pattinson, Lupita Nyong’o, Charlize Theron, Anne Hathaway ou encore Jon Bernthal.
Mais il y aura aussi surement un Cyclope joué par un acteur, filmé en gros plan…
Rien d’extraordinaire – espérons que ça sera moins mou que la séquence de l’avion de « Tenet ».
même si je suis emballé par l’idée d’une animatronique géante (quand même moins que le T-Rex de JP) je suis toujours un peu craintif car les dernières que j’ai pu voir n’étaient pas à la hauteur de ce qui se faisait dans le domaine y’a 20 ou 30 ans de ça. déjà parce-que moins de pognon y est investi par rapport aux effets spéciaux numériques, mais aussi, parce que j’ai l’impression que les techniciens actuels ont moins de maîtrise qu’avaient les anciens. en résulte des animatronics avec des animations de détails, plutôt bien faites, mais un cruel manque de fluidité de mouvements globale.
Je vais prendre en exemple l’apathosaurus de Jurassic World qui était risible par rapport au Tricératops de Jurassic Park, ou encore les animatronics du très récents « Werewolves » (avec Frank Grillo) qui étaient daubées (bon ok, c’est pas le même budget).