Cannes 2016 : I, Daniel Blake de Ken Loach nous émeut

Chris Huby | 12 mai 2016
Chris Huby | 12 mai 2016

Ken Loach revient sur la croisette avec un film simple mais d'une grande efficacité.  Cousue de fil blanc pour ceux qui ont l'habitude du cinéma du Britannique, l'intrigue se révèle pourtant forte et sensible.

Daniel ne peut plus travailler à la suite d'un accident cardiaque. A l'aulne de son existence il se retrouve coincé par une administration anglaise deshumanisée et qui ne fait pas de cadeau.

On peut dire qu'il s'agit d'un très bon cru, surtout en regard des dernières propositions du cinéastes, sympathiques mais gentiment ronronnantes.. Comme à son accoutumé, le metteur en scène signe un script au cordeau qui emboîte les intrigues à la perfection. Le héros, le vieux Daniel, ne se laisse jamais démoraliser malgré son âge et le système kafkaïen qui le transportera à la tombe. Empreint d'une grande générosité il continue vaille que vaille à vouloir s'imposer et à vouloir se faire respecter dans une société qui broie les plus démunis.

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A ce titre il s'occupe logiquement d'une mère de famille qui ne s'en sort plus. Comme son ultime geste avant de passer à la trappe. Un acte noble et communautaire qui transporte le film vers une aura que Loach sait entretenir depuis plus de 40 ans. 

Comme d'habitude, chaque personnage est campé par une pléiade d'acteurs tous excellents. Dave Johns tient brillamment tout le film sur ses épaules. Les séquences les plus dures sonnent justes et ne tombent jamais dans le pathos facile donnant au plus grand nombre de spectateurs l'occasion de se reconnaître dans le moindre geste ou dans des situations injustes.

Loach poursuit ainsi son action contre un libéralisme outrancier qui robotise et déresponsabilise. Face à une société anglaise et occidentale qui se referme économiquement, le message paraît non seulement limpide mais surtout nécessaire.

En résumé il s'agit d'un excellent métrage de Ken Loach, cousin brittanique de "la loi du marché" qui vient completer une oeuvre singulière et  surtout extrêmement généreuse. On ne le dira jamais assez.

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commentaires

Lane48
13/05/2016 à 15:21

C'est pas faux, Finnigan.

Finnigan
12/05/2016 à 23:06

En même temps on va pas citer les "pires que" dans chaque critique pour pas froisser les fans. Même un grand réalisateur peut faire un film médiocre, et les dangers de la politique des auteurs c'est de constamment replacer ça dans la carrière, pour parfois se voiler la face ou être trop indulgent

Lane48
12/05/2016 à 21:03

A voir tout ce qui sort en ce moment, j'en connais d'autres "en bout de course artistique" Certains sont même en bout de course dès leur premier film... Vous devriez avoir l'élégance de citer la longue liste de ces tâcherons avant d'oser citer Ken Loach.

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