Kristen Stewart : un coming-out qui excite la presse...

Sophie Sthul | 13 août 2015
Sophie Sthul | 13 août 2015

Kristen Stewart vient de livrer à Nylon ce qui s’apparente à un coming-out. Si la presse people et internet semble fidèle au poste dans sa manière de relayer « l’information », l’affaire est moins simple qu’il n’y paraît.

Les coming-out de célébrités, comédiens, comédiennes et autres stars font logiquement les gros titres des organes de presse. Et l’on peut dans une certaine mesure se féliciter qu’assumer publiquement son homosexualité ne soit plus (ou moins) une problématique que par le passé. L’époque où une super-star telle que Rock Hudson mourait dans la solitude et l’opprobre semble révolue, et c’est tant mieux.

 

Chouette un coming-out !

Sauf que dans le cas de Kristen Stewart, le regard des médias semble relever d’une autre mécanique, nettement moins enthousiasmante. Et le malaise se trouve dans les « révélations » de la jeune artiste. « Vous n’avez qu’à taper mon nom dans Google… je ne me cache pas. »

Et en effet, Kristen Stewart ne se planque pas, c’est pourquoi la presse people et les tabloïds font des gorges chaudes de sa relation avec Alicia Cargile. Cette relation étant, comme l’indique l’actrice, connue et documentée, pourquoi excite-t-elle tant les médias ?

Pour comprendre cette excitation autour de la sexualité de Kristen Stewart, il faut revenir en arrière. Propulsée avec Robert Pattinson au rang de phénomène international grâce au succès de la saga Twilight, la jeune femme est assez tristement victime de ce bon vieux sexisme, dans sa forme la plus primaire.

Il faut se rappeler de son personnage de Twilight. Bella était (fait assez rare pour être noté) une femme désirante, qui ne devait d’attendre pour perdre sa virginité qu’à la prudence de son amant vampire, qui craignait de la blesser ou de la tuer d’une étreinte un peu trop vigoureuse. Une particularité scénaristique toute mormone (la romancière derrière les textes n’a jamais caché que ses travaux prônaient l’abstinence) et une moue boudeuse plus tard, il n’en fallait pas plus pour faire de Kristen Stewart le réceptacle des pires clichés sexistes.

Vous reprendrez bien un peu de clichés ?

Une vision archétypale et dépassé de la femme qui est apparue au grand jour lorsqu’a été déballée sur la place publique les motifs de rupture entre Robert Pattinson et Stewart. A l’origine de leur séparation l’infidélité de la comédienne sur le tournage de Blanche-Neige et le Chasseur. A cette occasion, on assiste durant des semaines à un déferlement d’accusations délirantes, de haine et de moralisme anachronique. L’expression d’un bon vieux patriarcat des familles qu’on désigne aujourd’hui sous le terme slut-shaming.

Alors évidemment, à première vue, l’émotion que provoque actuellement son coming-out relève d’un processus fondamentalement différent. Vraiment ? Pas sûr. En effet le simple fait que l’on somme l’artiste d’expliciter sa sexualité quand elle-même rappelle que cette dernière n’a rien de secret, montre combien Kristen Stewart est encore aujourd’hui tributaire d’un système médiatique qui la considère comme au pire comme une accusée, au mieux comme une petite fille perdue dont tolère qu’elle daigne se racheter.

Et encore, déjà, les critiques, aiguisées de longue date, pointent. Il suffit de lire le papier du Nouvel Observateur à ce sujet, qui n’y va pas de main morte. L’attitude de Stewart serait « irrespectueuse », l’accusant de ne pas prendre la mesure de son influence et donc de ne pas aider les individus, dans le public, susceptibles d’être moralement épaulés par un coming-out en bonne et due forme.

Gageons que ce type de réaction à des déclarations somme toute tombant sous le coup du bon sens ne sont ni les premières ni les dernières. Car dans le fait que les médias se précipitent sur ces paroles bien anodines, il y a en creux l’idée que Stewart ne mérite vraiment ni sa place ni l’honneur qu’on lui accorde.

Tout savoir sur Kristen Stewart

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commentaires
JENNA HAZE
14/08/2015 à 23:10

C'est cool elle fait des ciseaux ! lol

light locutus
13/08/2015 à 23:31

@dark locutus
Quand on baise avec des mecs et ensuite avec des filles, on peut aussi réaliser qu'en fait on est homo. Parce que vu le monde dans lequel on vit, les homos ont bizarrement tendance, dans un premier temps, à se conformer aux normes sociales. Puis un jour, il leur arrive d'écouter une petite voix qui les mène sur leur chemin. Donc arrêtons avec les pseudo cours de vocabulaire/vie, comme si l'orientation sexuelle était aussi simple que ça

Mais sinon effectivement je préfère concentrer mon attention sur le prochain Assayas où elle sera par ex, plutôt que le harcèlement des médias sur cette actrice (qui a d'ailleurs fait une interview parodique avec Eisenberg sur le sexisme des médias dès lors qu'ils interrogent une femme)

Thomas
13/08/2015 à 22:58

Pauvre Kristin. Elle repete souvent qu'elle supporte pas la célébrité. Tu m'étonnes. De quel droit les médias s'approprient sa vie. C'est une bonne actrice et c'est tout ce qui compte.

dark locutus
13/08/2015 à 21:04

Déjà un petit cours de vocabulaire : quand on on baise une fois avec des gars et qu'on passe aux filles pour ensuite va savoir. . . .
on est bi ! pas homo !
et les filles bi c'est bien ! !

Trashyboy
13/08/2015 à 19:40

Dans Sils Maria ou encore Still Alice, elle n'était pas mauvaise...

Flash
13/08/2015 à 18:59

La seule chose à retenir est à quel point elle peut être nulle comme actrice. Le reste, on s'en tape!!!

Trashyboy
13/08/2015 à 16:50

La seule chose à retenir est à quel point elle peut être bonne actrice. Le reste, on s'en tape!!!

Hasgarn
13/08/2015 à 16:29

ça va vraiment pas bien...
Franchement, les gens ne savent plus se respecter.

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