Sous les jupes des filles, la critique contre

Créé : 30 mai 2014 - Maryne Baillon
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Au sein d'une année chargée en comédies et où Les Gazelles a fait un passage remarqué, c'est au tour d'Audrey Dana de se lancer. La comédienne signe avec Sous les jupes des filles un film choral où une impressionnante troupe de comédiennes vous proposent d'en apprendre un peu plus sur la gent féminine urbaine contemporaine. Une entreprise risquée, qui a divisé la rédaction et provoqué un affrontement homérique entre Marine Baillon et Louisa Amara, aux avis pour le moins opposés. Sans plus attendre, voici la critique négative de Marine Baillon.

 

Depuis près d'une décennie, le cinéma est mis à mal par un genre émergent, celui des comédies féminines trash et décomplexées. Les enjeux y sont minimes puisqu'elles reposent sur l'obsession, quasi viscérale, d'affirmer son droit à la vulgarité pour montrer que nous aussi les femmes, même si c'est dans une culotte en dentelle, ils nous arrivent de péter. En cela Audrey Dana n'a rien inventé avec Sous les jupes des filles. Humour graveleux, picole, exhibitionnisme, Mes meilleures amies ou autre Bachelorette sont déjà passées par là.

Cette fois néanmoins, les intentions se veulent différentes. Au delà des blagues potaches se cache le désir d'exposer toute la complexité féminine à travers le portrait de onze femmes, censées représenter une facette de la « strong girl » du 21ème siècle. La tentative paraît honorable, on a envie d'y croire. Pourtant dès le départ, le choix caractériel des personnages instaure un paradoxe indéniable qui interdit de dépeindre dans l'une de ses femmes un être complexe dans ses bons comme ses mauvais côtés. Et pour cause, toutes jouissent d'une personnalité dans sa forme la plus caricaturale sans qu'à cela ne s'ajoute aucune nuance (La coincée, la femme au foyer frustrée, la lesbienne décomplexée, la business girl tyrannique, la mal-baisée…). Même au fil du récit, force et de constater que jamais une once de subtilité ne viendra sauver de l'aspect clownesque ses femmes auxquelles on est sommées de s'identifier. Manque de bol, l'attrait du film ne tenait qu'à cette seule promesse.

On retrouve donc tous les défauts des comédies 100 % girly. Trop disperser pour s’équilibrer, trop hystérique pour émouvoir, humour d'une terrible lourdeur, tout sonne faux en permanence au mépris de certaines scènes d'un réel enjeu narratif (celle au tribunal où Alice Belaïdi expédie en une scène le seul moment profond du film). Au final rarement drôle, jamais subtil, difficile de passer outre les multiples défauts du premier long d'Audrey Dana, qui donne à son film des airs d'énième prétexte pour tout déballer  sans la moindre pudeur. En voulant trop en dire, elle ne donne jamais envie de savoir ce qu'on y trouve... sous les jupes des filles.

 

Des doutes ? retrouvez la critique positive de Louisa Amara. 

 

 

commentaires

Et sinon... 21/12/2014 à 19:05

... les fautes d'orthographe et de conjugaison ne vous dérangent pas ?

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