Leslie Nielsen : Ne l'appelez pas Shirley !

Simon Riaux | 29 novembre 2010
Simon Riaux | 29 novembre 2010

Il est des nouvelles qui tombent doucement, comme les feuilles en hiver, et qui vous glacent. Hier après-midi, Leslie Nielsen est mort à l'âge de 84 ans dans un hôpital de Floride, entouré de plusieurs membres de sa famille. Pour que chacun puisse au mieux intérioriser l'importance de la nouvelle, il convient d'en tirer, pour le lecteur au cerveau mal irrigué par le froid mordant de l'hiver naissant, deux conséquences.

 

 

Tout d'abord, celui que David Zucker appelait "le Laurence Olivier de l'humour" était bel et bien humain, et non un droïde du futur envoyé pour nous faire rire. Ses yeux bleus, ses cheveux blancs et sa mine imperturbable, capables de transformer un gag passable en gifle humoristique étaient l'oeuvre d'un homme. Nous nous étions, depuis Y-a-t-il un pilote dans l'avion? et autres Y-a-t-il un flic...,  habitués à voir ce clown très sérieux traverser les années avec la régularité d'un métronome, le temps semblant ne pas avoir prise sur lui. Leslie Nielsen était, avouons-le, presque devenu un genre cinématographique à lui tout seul, une sorte de plaisir coupable délicieux et très peu calorique. Tous, nous nous sommes déjà arrêtés de zapper à la vue du docteur Rumack enfilant son stétoscope ou de Franck Drebin tirant à tout va. La nouvelle est tombée, ces instants hilarants, ahurrissants ou tout simplement désarmants n'auront plus tout à fait le même goût, car Leslie Nielsen n'était qu'un homme, et il n'est même plus.

 

 

Ensuite, alors que les premiers hommages fleurissent ici et là, on se dit que beaucoup oublient déjà que l'homme qui nous intéresse est né en 1926, a fait sa première apparition en 1950 dans Studio One, aux côtés de Charlton Heston. Il ne se contentait pas de réconcilier la délicatesse de Chaplin et l'absurdité potache des Zucker, c'était aussi, et peut-être surtout, un pur acteur. Il s'illustra dans de nombreuses séries, telles que Kojak, ou M.A.S.H. Il fut le commandant J.J Adams de Planète interdite, le capitaine de L'Aventure du Poséidon, un mari vengeur dans Creepshow, dirigé par Mel Brooks pour Dracula, Mort et Heureux de l'être, ainsi que d'innombrables vilains "vicieux, cruels, et hargneux, ce qu'il y a de meilleur à jouer". Le succès comique impressionnant et mérité de Leslie Nielsen ne doit pas nous faire oublier qu'il est désormais pour toujours une page de l'histoire du cinéma, et une sacrée page.


Y aura-t-il un acteur pour remplacer Leslie Nielsen? Non, mais peut-être est-il encore un peu avec nous.

 

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