Si Là-haut a fait la quasi unanimité auprès de la presse, le début du Festival de Cannes 2009 voit les journalistes se diviser sur presque tous les films proposés. Normal ? Oui, mais peut-être pas à ce point. Nuit d'ivresse printanière de Lou Ye a endormi tout le monde par son académisme faussement transgressif (mais c'est surtout un film hautement politique dans la Chine actuelle). Fish tank est le mieux accueilli, même s'il ne remporte que peu de critiques vraiment enthousiastes. Les cas les plus intéressants sont ceux de Tetro de Francis Ford Coppola et ceux de Thirst de Park Chan-Wook, dont voici quelques exemples d'avis.
A propos de Tetro :
Variety : « Tetro est un travail d'ambition modeste et d'intérêt tout aussi modeste. (…) La progression dramatique sur plus de deux heures paraît désuète et laborieuse. (…) Il manque à Coppola la possibilité de faire résonner ses grandes scènes avec du sens et de la dimension, alors qu'elles semblent généralement inachevées et frustrantes. »
ScreenDaily : « Tetro offre un tout petit coup d'œil à l'âge d'or de Francis Ford Coppola. (…) Parfois le film ne ressemble qu'à un projet vaniteux, mais quelques excellentes performances sauvent certaines répliques embarrassantes. »
The Hollywood Reporter : « Superbes images, musique, danse et drame classique. (…) Le film a du style à revendre, le casting est excellent et l'histoire rappelle de grands moments de la littérature. Malheureusement toutes ces pièces assemblées ne sont pas très originales. »
Indiewire : « Pas un ratage complet, ni un retour triomphant, Tetro est un drame familial correct, du moins jusqu'à sa conclusion décevante. »
Plus encore que Tetro, Thirst de Park Chan-Wook se fait tailler en pièces par la presse.
Variety : « Ce qui aurait pu être une fantastique et transgressive critique de la religion se transforme, en particulier dans sa seconde moitié, en une farce sanglante et fauchée, qui tourne en rond autour d'une seule idée rapidement épuisée. »
Le Monde : « Orchestrée avec un sens de l'épate assez primaire, la farce accumule les éruptions de pustules et les comas. Park Chan-wook définit son film comme un "mélodrame de vampires à scandale". On y a vu un monument de grotesque prétentieux, bête et ridicule. »
Le Point : « Il ne fait jamais vraiment peur, mais avait-il la tentation du comique, comme le prouvent les nombreux rires, horrifiés, qui ont accompagné la projection ? Pas certain. »